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Rapport sur le Programme du Xe Plan quinquennal de progrès social et développement économique (I,II)
Présenté le 5 mars 2001 à la quatrième session de la IXe Assemblée populaire nationale
Zhu Rongji
Premier ministre du Conseil des Affaires d'Etat
Camarades députés,
A partir de cette année, la Chine va mettre à exécution le premier plan quinquennal du nouveau siècle. Les Propositions du Comité central du PCC sur l'établissement du Xe Plan quinquennal de progrès social et de développement de l'économie nationale, document adopté par le 5e plénum du XVe Comité central du Parti, ont formulé les objectifs à réaliser durant les cinq années à venir pour le progrès social et le développement économique, ainsi que les orientations à observer et les principales tâches à accomplir. A la lumière de ce document, le Conseil des Affaires d'Etat a établi, après avoir recueilli les observations de tous, le Programme du Xe Plan quinquennal de progrès social et de développement de l'économie nationale de la RPC (projet). Au nom du Conseil des Affaires d'Etat, je vais maintenant vous présenter le rapport y ayant trait, en vous priant d'examiner à la fois celui-ci et le Programme (projet); nous appelons par la même occasion les membres du Comité national de la Conférence consultative politique qui assistent aux travaux de la présente session, à nous faire part de leurs remarques.
BILAN DU PROGRES SOCIAL ET DU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE DURANT LE IXe PLAN QUINQUENNAL
Au cours des cinq dernières années, les divers peuples de la nation chinoise ont, sous la direction du Parti communiste chinois, resserré leurs rangs dans leur lutte commune et travaillé dans un esprit créateur, ce qui leur a permis d'obtenir de remarquables succès dans tous les domaines.
L'économie nationale a continué à se développer sainement et à un rythme accéléré, et la puissance globale du pays s'est renforcée. En cinq ans, le PIB a augmenté en moyenne de 8,3% par an, pour atteindre en l'an 2000, 8 940,4 milliards de yuans. Ainsi, les objectifs prévus -- doublement par tête d'habitant du PNB par rapport à 1980 -- ont été dépassés. Grâce à la croissance continuelle de l'économie et à l'amélioration de la rentabilité, les recettes budgétaires de l'Etat se sont élevées, en l'an 2000, à 1 338 milliards de yuans, soit un accroissement de 16,5% par an en moyenne. La production des principaux produits industriels et agricoles s'est classée aux premiers rangs dans le monde, si bien que la pénurie de marchandises est pratiquement une chose du passé. La restructuration sectorielle a enregistré des progrès encourageants. La capacité de production de céréales et d'autres produits agricoles s'est nettement améliorée et un tournant historique a eu lieu en matière d'approvisionnement de produits agricoles: la pénurie de longue durée a fait place à un équilibre du point de vue de la quantité globale, voire même à un excédent dans les bonnes années. La lutte pour éliminer les capacités de production industrielle obsolètes ou excédentaires a été couronnée de succès, la refonte technique des entreprises pilotes n'a cessé de faire des progrès, les secteurs de haute et nouvelle technologie tels que celui de l'informatique ont connu une croissance rapide. La construction d'infrastructures ayant donné de bons résultats, les goulots d'étranglement que représentaient des secteurs tels que l'énergie, les transports, les communications, les matériaux et les matières premières ont été atténués.
La réforme du système économique a progressé tous azimuts et un système d'économie socialiste de marché a été instauré pour l'essentiel. Centrée sur la création d'entreprises modernes, la réforme des entreprises publiques de grande et moyenne dimension a enregistré des progrès notables. La plupart des entreprises publiques pilotes ont été restructurées et sont devenues des compagnies, une grande partie d'entre elles ont été cotées à l'intérieur du pays. Les efforts pour se débarrasser des déficits dans les entreprises ont donné de bons résultats : en l'an 2000, les entreprises industrielles publiques et celles dont l'Etat est le principal actionnaire ont réalisé 239,2 milliards de yuans de profits, soit une augmentation de 190 % par rapport à 1997. Les objectifs à atteindre en trois ans pour la réforme et le redressement des entreprises publiques de grande ou moyenne dimension ont été pratiquement réalisés. Tandis que l'économie publique poursuivait son essor, l'économie privée et individuelle a connu une croissance accélérée. L'instauration du système de marché s'est poursuivie, en sorte que le marché d'éléments importants tels que le capital, la technologie et la main-d'oeuvre a connu des développements rapides et que le rôle fondamental du marché dans la répartition des ressources s'est nettement renforcé. Le système financier et fiscal n'a cessé de s'améliorer. La réforme des finances s'est accélérée. La réforme du système de logement urbain, du système d'assurances sociales, des organismes administratifs, etc. a enregistré des progrès sensibles. Le système de macro-contrôle de l'Etat s'est perfectionné.
L'ouverture sur l'extérieur n'a cessé de s'améliorer et son champ d'action s'est étendu tous azimuts. La réforme du système économique et commercial avec l'étranger a progressé à pas assurés, l'économie tournée vers l'extérieur a poursuivi son essor. En l'an 2000, le volume global de l'import-export a atteint 474,3 milliards de dollars américains, dont 249,2 milliards pour l'exportation; ces deux chiffres augmentant respectivement de 69% et de 67% par rapport à 1995. La composition des exportations s'est améliorée, les produits mécaniques et électroniques et ceux de haute technologie ont représenté un pourcentage plus élevé. Les secteurs tournés vers l'extérieur se sont progressivement élargis et l'environnement de l'investissement a continué à s'améliorer. Tout en s'amplifiant, l'introduction de capitaux étrangers s'est améliorée qualitativement. En cinq ans, on a introduit 289,4 milliards de dollars américains, soit un accroissement de 79,6% par rapport au VIIIe Plan quinquennal. Les réserves de devises dont l'Etat disposait à la fin de l'an 2000 ont atteint 165,6 milliards de dollars américains, soit 92 milliards de plus que fin 1995.
Le niveau de vie de la population a continué à s'améliorer; pris dans son ensemble, il a atteint celui de la "moyenne aisance". En l'an 2000, le revenu net des habitants des campagnes et celui des habitants des villes et des bourgs ont été respectivement de l'ordre de 2 253 et de 6 280 yuans, augmentant en cinq ans de 4,7 et de 5,7% par an. Les marchandises sont abondantes sur le marché, le niveau de consommation des habitants ne cesse de s'améliorer, le volume global des ventes au détail des articles de consommation s'est accru en moyenne de 10,6% par an. Les conditions de vie de la population se sont donc beaucoup améliorées surtout du point de vue du logement, des télécommunications et de la consommation d'électricité. Le solde de l'épargne bancaire a plus que doublé en cinq ans, tandis que les capitaux financiers existant notamment sous forme d'actions et d'obligations se sont accrus rapidement. Le nombre des habitants ruraux dans la misère a été largement réduit, les objectifs prévus dans le Programme visant à faire sortir de la pauvreté 80 millions d'habitants entre 1994 et 2000 ont été pratiquement réalisés.
La recherche scientifique et l'éducation ont connu des développements impressionnants et un progrès général a été enregistré dans tous les secteurs sociaux. Le "projet 863" a progressé sans à-coup. Les recherches dans les secteurs de haute technologie tels que l'aérospatiale, l'informatique, les matériaux nouveaux et la bioingénierie ont obtenu des succès remarquables. La recherche fondamentale et appliquée a enregistré de nouveaux progrès. La transformation en entreprises des instituts de recherche appliquée appartenant à des départements du gouvernement a été pratiquement terminée, tandis que la réforme institutionnelle des autres instituts de recherche scientifique a commencé partout. La mise sur le marché et l'industrialisation des découvertes scientifiques ont été accélérées. L'enseignement à tous les niveaux et de toutes les catégories est en plein essor. La généralisation de la scolarité obligatoire de neuf ans et l'élimination de l'illettrisme parmi les jeunes et adultes ont été pratiquement réalisées. La réforme du système d'administration dans les établissements d'enseignement supérieur a donné de bons résultats. L'admission accrue d'étudiants dans les écoles supérieures a été favorablement accueillie partout. La démographie et la régulation des naissances ont enregistré de nouveaux progrès. La protection de l'environnement et les travaux écologiques ont été sensiblement renforcés. La culture, la santé publique, le sport et les autres oeuvres sociales ont poursuivi leur essor. La lutte anticorruption a été couronnée de succès. Les efforts en vue d'améliorer la sécurité publique ont été renforcés. L'édification de la civilisation morale socialiste, de la démocratie et de la légalité a enregistré de nouveaux progrès. La modernisation de la défense nationale et des forces armées a fait de nouveaux pas en avant.
La Chine ayant récupéré, au cours du IXe Plan quinquennal, sa souveraineté sur Hongkong et Macao, la noble cause de la réunification pacifique de la patrie a enregistré des progrès de portée historique. Depuis le retour de ces deux territoires, le principe d'"un Etat, deux systèmes" et la loi fondamentale y ont été intégralement appliqués. Le gouvernement de ces zones spéciales d'administration a bien travaillé, permettant ainsi à Hongkong et Macao de jouir d'une grande stabilité sociale et d'un développement économique excellent.
Avec la réalisation du IXe plan quinquennal, nos objectifs stratégiques pour la deuxième étape de modernisation du pays ont été atteints, jetant ainsi une base solide pour l'exécution du Xe plan quinquennal et la réalisation de nos objectifs stratégiques pour la troisième étape. Tels sont les grands succès que nous avons obtenus dans la modernisation socialiste du pays: c'est un nouveau jalon dans l'histoire de la nation chinoise.
C'est en surmontant d'innombrables difficultés qu'au cours du IXe Plan quinquennal nous avons obtenu ces succès de progrès social et de développement économique. En effet, nous avons réussi à faire face à une conjoncture internationale difficile, amortissant avec succès le choc de la crise financière asiatique. Non seulement nous sommes venus à bout de l'inflation qui persistait au début du IXe Plan quinquennal, mais nous avons aussi jugulé les tendances à la déflation apparues au milieu et à la fin de celui-ci; dans le même temps, nous avons triomphé de graves crues et sécheresses. Tous ces succès, nous les devons au Comité central du PCC ayant à sa tête le camarade Jiang Zemin, qui, en présence des contradictions et difficultés de toutes sortes, a su garder son sang-froid et prendre les mesures et les dispositions qui convenaient, et aussi aux durs efforts du pays tout entier. Au nom du Conseil des Affaires d'Etat, je voudrais profiter de la présente session pour rendre un vibrant hommage à nos divers peuples qui, dans divers secteurs et à leurs postes de travail, apportent par leur dur labeur leur contribution à l'édification du pays; je tiens également à exprimer mes sincères remerciements à nos concitoyens de la Zone spéciale d'administration de Hongkong et de celle de Macao, ainsi qu'à nos concitoyens de Taiwan et aux Chinois résidant à l'étranger, qui ont fait preuve d'un vif intérêt pour le développement et la réunification de la patrie et y ont accordé leur soutien.
Grâce à la pratique du IXe Plan quinquennal, nous avons enrichi notre expérience sur le renforcement et l'amélioration de la gestion et du contrôle macro-économiques selon les exigences du développement de l'économie socialiste de marché.
Premièrement, chercher à résoudre, au moyen du développement, les problèmes intervenus au cours de la marche en avant. Le développement étant la pierre de touche, face aux diverses contradictions sociales, nous avons toujours axé l'ensemble de notre travail sur la construction économique, en adoptant des mesures efficaces pour assurer le développement continu, rapide et sain de l'économie nationale et préparer les conditions nécessaires à la solution des autres contradictions. Nous avons attaché autant d'attention au matériel qu'au spirituel et avons sans cesse renforcé l'édification de la civilisation spirituelle socialiste, de la démocratie socialiste et de la législation socialiste, ce qui nous a permis de créer un environnement politique et social favorable au développement économique et de nous armer d'une idéologie qui nous insuffle une puissante force motrice.
Deuxièmement, réajuster l'orientation et l'intensité de notre politique de macro-contrôle en fonction de la conjoncture économique. Dans la lutte contre l'inflation, nous avons veillé à maintenir la continuité de la croissance économique, de façon à garantir l'"atterrissage en douceur" de l'économie chinoise. En vue de contenir la tendance à la déflation, nous avons opté pour l'élargissement de la demande intérieure et adopté résolument une politique de relance budgétaire, tout en cherchant à améliorer les mesures politiques au cours de la pratique. D'un côté, l'Etat a émis davantage d'obligations publiques pour assurer l'accroissement des investissements ; de l'autre, les finances publiques ont assuré l'augmentation appropriée des revenus des citadins à faible revenu en vue de stimuler la consommation. Ces deux facteurs ont permis d'entraîner la croissance économique. Le gouvernement a adopté des mesures telles que le relèvement du taux de détaxe pour l'exportation, la répression de la contrebande et l'accroissement de l'exportation des produits chinois, en vue d'équilibrer la balance des paiements internationaux et de stabiliser la valeur du renminbi. Par ailleurs, dans le cadre d'une politique monétaire prudente, on a eu recours à divers instruments financiers, dont le taux d'intérêt, pour soutenir la croissance économique, sans oublier de régulariser le volume de l'offre de monnaie et d'assurer la bonne orientation de crédits bancaires et ce, afin de se prémunir contre tout risque financier.
Troisièmement, assurer une liaison étroite entre l'accroissement de la demande intérieure et la restructuration économique. Compte tenu de la situation actuelle caractérisée par une surcapacité de production des industries de transformation, nous avons privilégié l'affectation de fonds (réunis par l'émission d'obligations) à la construction d'infrastructures, tout en augmentant les investissements en faveur de l'agriculture, des sciences, des technologies et de l'éducation, sans oublier le soutien à la refonte technique des entreprises. Profitant de la situation actuelle, où l'approvisionnement en moyens de production s'avère relativement abondant, nous avons entrepris des projets ambitieux dont la réalisation se faisait attendre depuis des années ; c'est ainsi que nous avons assuré la poursuite de la croissance économique et le renforcement de la capacité de développement ultérieur.
Quatrièmement, mieux concilier les exigences de la réforme, du développement et de la stabilité. Les problèmes complexes et difficiles surgis au cours de la réforme n'ont pu arrêter la Chine dans sa marche en avant ; bien au contraire, elle a su relever le défi et faire progresser de façon active et en bon ordre le processus des réformes, donnant ainsi une forte impulsion au développement de l'économie nationale. Ce faisant, on a prêté une attention soutenue à ce que les mesures de réforme n'aillent pas au-delà de la capacité d'adaptation de la population. Ayant conscience que la restructuration économique et la poursuite en profondeur des réformes doivent nécessairement engendrer des changements dans les rapports d'intérêt des diverses catégories sociales, notre gouvernement a prêté une grande attention à ce problème et adopté des mesures politiques pour sauvegarder les intérêts fondamentaux des masses populaires. Des efforts énergiques ont été consacrés à la réinsertion sociale des travailleurs licenciés, des mesures ont été prises pour garantir le versement exact et ponctuel des allocations de chômage et des pensions de retraite, et la politique recommandant d'acheter l'excédent de grain des paysans à un prix garanti et sans limite quantitative a été maintenue. Tout cela a contribué au maintien de la stabilité sociale et à la poursuite de la croissance économique.
Tout en constatant ces faits positifs, nous devons aussi reconnaître qu'il existe de nombreux problèmes dans la vie économique et sociale du pays. Il s'agit notamment des phénomènes suivants : l'irrationalité de la structure industrielle, aggravée par des disparités régionales dans le développement économique ; les performances et la compétitivité internationale encore faibles de l'économie nationale ; les imperfections institutionnelles existant dans notre économie socialiste de marché et empêchant le plein développement des forces productives ; le niveau relativement bas dans le développement des sciences, des technologies et de l'éducation, ainsi que la faible capacité d'innovation scientifique et technique; la pénurie de ressources telles que l'eau et le pétrole et la dégradation de l'environnement dans une partie des régions; la pression de l'emploi de plus en plus forte, l'accroissement ralenti des revenus des paysans, ainsi que d'une partie de la population urbaine, provoquant un creusement de l'écart des revenus; les dysfonctionnements de l'économie de marché dans un certain nombre de secteurs, entraînant occasionnellement de graves accidents; la corruption, l'étalage de luxe, le gaspillage, le formalisme et la bureaucratie; l'insécurité dans certaines localités. L'apparition de tous ces problèmes doit s'expliquer, il est vrai, par des raisons fort complexes, mais les défauts et insuffisances existant dans notre travail en sont pour une bonne part responsable. Nous devrons donc leur accorder toute l'attention qu'ils méritent et adopter des mesures efficaces en vue de leur solution.
II. OBJECTIFS ET IDEES DIRECTRICES
DU Xe PLAN QUINQUENNAL
Un tour d'horizon de la situation tant intérieure qu'extérieure au début du XXIe siècle nous conduit à constater que les cinq à dix prochaines années constitueront une période extrêmement importante pour le développement économique et social de la Chine. Face à l'essor fulgurant des technologies nouvelles et à l'avance de la mondialisation économique, de nombreux pays procèdent activement à la restructuration de leur économie, et nos voisins cherchent à accélérer leur croissance économique. La Chine se trouve donc confrontée à un sérieux défi sur le plan international, c'est là d'ailleurs une occasion exceptionnelle que l'histoire lui offre pour rattraper son retard en se développant à grandes enjambées. Face à ce tournant historique, nous avons à intensifier les réformes pour réajuster notre structure économique. Par ailleurs, l'adhésion à l'Organisation mondiale du commerce nous posera de nombreux problèmes nouveaux. Nous avons donc à accomplir de lourdes tâches dans divers domaines, à trouver une solution aux nombreuses contradictions inhérentes à la société et à saisir cette occasion pour accélérer le rythme de développement. En même temps, nous disposons aussi de conditions favorables permettant à notre économie nationale de réaliser un développement relativement rapide pendant une assez longue période.
Compte tenu de la situation et des tâches à réaliser durant la période du Xe Plan quinquennal, le "Programme" a défini les principaux objectifs à atteindre durant les cinq prochaines années pour le développement économique et social. Ces objectifs sont : maintenir un rythme relativement rapide dans le développement de l'économie nationale, faire aboutir la stratégie visant au réajustement de la structure économique et assurer une amélioration sensible de la qualité et du rendement de la croissance économique, de façon à jeter de solides fondements pour le doublement du PIB d'ici 2010; instaurer un système d'administration et de gestion moderne dans les entreprises publiques, chercher à parfaire le système de protection sociale, perfectionner le système de l'économie socialiste de marché, intensifier l'application de notre politique d'ouverture et participer sur une plus large échelle à la coopération internationale; multiplier les créneaux d'emploi, relever de façon continue les revenus de la population urbaine et rurale, améliorer sensiblement les conditions de vie culturelle et matérielle et renforcer la protection de l'environnement et les travaux écologiques ; accélérer le développement des sciences, des techniques et de l'éducation, continuer à améliorer la formation des citoyens et faire progresser l'édification de la civilisation spirituelle, la démocratisation et la législation.
Le "Programme" du Xe Plan quinquennal s'inspire des idées directrices suivantes :
Prendre le développement comme thème central. Nous insistons sur la nécessité de tenir compte à la fois de la rapidité et de l'efficacité, en cherchant à réaliser un développement relativement rapide sur la base d'une amélioration de la rentabilité. Une croissance économique n'est profitable que si la production de biens et de services ainsi augmentée est bien accueillie sur le marché et procure des gains réels. C'est là la pierre de touche. En prenant en considération différents facteurs, nous avons fixé à 7% le taux moyen de la croissance économique durant la période du Xe Plan quinquennal. Cet objectif prévoit un rythme de croissance relativement rapide, bien qu'il soit légèrement inférieur au niveau du IXe Plan quinquennal. La réalisation de cet objectif sur la base d'une amélioration de la rentabilité exigera des efforts ardus de notre part. En outre, étant donné l'existence de facteurs impondérables sur le plan tant intérieur qu'extérieur, nous avons aussi besoin de nous ménager une marge de manoeuvre dans la prévision de nos objectifs. Cette façon de faire a de solides avantages dans la mesure où elle nous permet de concentrer nos efforts sur le réajustement de la structure économique et l'amélioration de la rentabilité, de nous prémunir contre une éventuelle surchauffe économique et d'éviter le lancement de projets et faisant double emploi.
Tout axer sur la restructuration économique. L'économie chinoise se trouve dans un état où elle ne peut poursuivre son développement qu'en procédant à une mutation de sa structure. Le maintien de la structure existante et du mode de croissance extensive ne pourrait signifier que l'accumulation de produits invendus, la dégradation de l'environnement et l'épuisement des ressources. L'économie chinoise doit donc compter sur le réajustement structurel pour maintenir un rythme de développement relativement rapide. Dans les cinq années à venir, nous devrons concentrer nos efforts sur le réajustement de la structure industrielle, l'aménagement du territoire et le développement de petites villes et de bourgs, en cherchant surtout à garantir l'accomplissement de la première tâche. Il faudra renforcer l'agriculture, base de notre économie nationale, accélérer la recomposition et la refonte technique des entreprises industrielles en vue de garantir leur remise à niveau et leur optimisation, consacrer de grands efforts au développement des services, accélérer l'informatisation de l'économie nationale et de toute la société, tout en continuant à renforcer la construction d'infrastructures.
Faire jouer leur rôle de locomotive à la politique de réforme et d'ouverture et au progrès scientifique et technique. Le développement et la restructuration de l'économie chinoise doivent se doter d'une force motrice grâce à des innovations institutionnelles et technologiques. Dans les cinq années à venir, nous devrons poursuivre inébranlablement notre politique de réforme et d'ouverture en vue de briser les entraves institutionnelles au développement des forces productives et d'insuffler un puissant dynamisme au développement économique et au progrès social de la Chine. Il faudra mettre au premier plan la formation du personnel scientifique et technique, en appliquant à fond la stratégie de renouveau national à partir des sciences et de l'éducation, en vue de stimuler l'essor des sciences et des technologies et de former davantage d'hommes capables, et cela, en liaison étroite avec le développement économique.
Faire de l'amélioration du niveau de vie de la population notre point de départ fondamental. L'amélioration continuelle du niveau de vie de la population citadine et rurale n'est pas seulement le but fondamental du développement économique de notre pays, elle répondra aussi au besoin urgent de l'élargissement de la demande intérieure. Il faudra continuer à attacher une importance prioritaire à l'amélioration du niveau de vie de la population, multiplier les créations d'emploi, augmenter le revenu des habitants, rajuster rationnellement la distribution du revenu et assainir le système de protection sociale de manière à aider la population à accéder à une aisance moyenne plus avancée.
Maintenir la combinaison du développement économique et du progrès social. Il faudra renforcer énergiquement l'édification de la civilisation spirituelle socialiste et celle de la légalité et de la démocratie, traiter correctement les rapports entre la réforme, la croissance économique et la stabilité sociale, promouvoir le développement des diverses oeuvres sociales et assurer la stabilité de la société. Il faudra attacher une très grande importance aux problèmes de la population, des ressources et de la protection de l'environnement et leur apporter une solution sérieuse, appliquer en profondeur la stratégie du développement durable et promouvoir le développement harmonieux des secteurs économiques et sociaux et de l'environnement écologique.
Témoignant d'un plus grand souci sur le plan stratégique, macro-économique et politique, le programme du Xe Plan quinquennal définit moins de normes quantitatives mais formule plus d'objectifs indicatifs pouvant refléter les changements structurels; attentif aux problèmes principaux à résoudre et aux secteurs prioritaires de développement, il indique l'orientation à suivre et les mesures politiques correspondantes. Il insiste sur le rôle joué par le mécanisme du marché dans la réalisation du plan, et recommande un macro-contrôle gouvernemental recourant davantage au leviers économiques, à la politique économique et aux moyens légaux. Au cours de l'élaboration du plan on s'est efforcé de faire appel à une plus grande participation sociale de manière à ce que ce processus d'élaboration devienne une occasion d'illustrer la démocratie et de mobiliser la sagesse collective, et qu'un consensus général soit atteint au bout du processus.
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