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Rapport sur le Programme du Xe Plan quinquennal de progrès social et développement économique (III,IV)
III. RENFORCER LA POSITION DE BASE DE L'AGRICULTURE ET AUGMENTER LE REVENU DES PAYSANS
L'agriculture, les régions rurales et les paysans représentent un problème d'importance cruciale pour l'ensemble de la réforme, de l'ouverture sur l'extérieur et de la modernisation. Il faudra, durant le Xe Plan quinquennal, faire de l'application de la politique fondamentale du Parti dans les régions rurales, du renforcement de la position de base de l'agriculture et de l'augmentation du revenu des paysans la tâche primordiale du travail économique, et veiller particulièrement à mener à bien notre travail dans les domaines suivants:
Accélérer la restructuration de l'agriculture et de l'économie rurale. C'est là la voie fondamentale pour élever le rendement de l'agriculture et augmenter le revenu des paysans. Il faudra, tout en veillant à protéger effectivement les terres cultivées et à stabiliser la production céréalière, procéder activement au rajustement de la structure des cultures en se basant sur la sélection de bonnes variétés et l'amélioration aussi bien de la qualité que du rendement. Il faudra accélérer le développement de l'élevage, de la sylviculture et de l'aquiculture. Il conviendra d'exploiter les avantages comparés locaux tout en rajustant rationnellement la répartition régionale en matière de production agricole, et de développer des secteurs agricoles originaux de manière à permettre à notre agriculture d'atteindre le stade d'une production d'envergure et spécialisée et à augmenter la part marchande de nos produits agricoles. Il faudra encourager les modes d'exploitation industrielle de l'agriculture, soutenir les entreprises en tête de peloton, populariser les combinaisons des sociétés et des foyers paysans. L'"agriculture sur commande" et d'autres formes d'exploitation, développer la transformation, l'ensilage, le transport et la conservation au frais des produits agricoles, et améliorer les effets de la production agricole à l'aval. Il faudra orienter les entreprises établies dans les bourgs et les cantons vers la restructuration, le progrès technologique et l'innovation organisationnelle. Il faudra développer les petites villes et les bourgs, faire prospérer leur économie, promouvoir activement et sans à-coup l'urbanisation de régions rurales, multiplier les créations d'emplois pour les paysans et leur fournir davantage de moyens d'augmenter leurs revenus. Il faudra déployer de grands efforts pour développer l'agriculture grâce aux nouvelles techniques et à l'éducation, et à cet effet on renforcera le développement et l'utilisation de la biotechnologie, de l'informatique et d'autres technologies de pointe. On popularisera les bonnes variétés des semences et les techniques avancées et adéquates, et on accordera un soutien actif au développement des industries agronomiques, et on renforcera l'édification d'un système social de prestations pour l'agriculture. On établira des réglementations concernant les informations relatives au marché des produits agricoles, la sécurité, la qualité et la vérification des produits alimentaires. La restructuration agricole devra se faire sans autoritarisme, selon la loi du marché et en fonction des conditions locales, de manière à respecter le droit des paysans à l'exploitation autonome.
Promouvoir activement la réforme rurale sous divers aspects. Il faudra, en maintenant à long terme les contrats forfaitaires, encourager les régions répondant aux conditions requises à expérimenter le système de transfert du droit d'exploitation de terres cultivées. Il faudra continuer à approfondir la réforme du système de circulation des céréales en fonction des données nouvelles apparues dans la production et la circulation des céréales. En même temps que l'Etat augmentera dans une mesure appropriée le volume des réserves céréalières, les régions principales de vente de grain devront accélérer la circulation des céréales sur le marché et garantir les besoins de consommation en établissant des rapports commerciaux stables et de longue durée avec les régions productrices et grâce au renouvellement et à la régulation du volume des céréales dans les silos d'Etat. Les régions productrices devront maintenir les mesures politiques définies et la réforme entreprise dans ce domaine, et acheter sans limite et au prix de protection le grain excédentaire des paysans, tandis que les finances centrales continueront à soutenir ces régions de manière à ce qu'elles puissent faire pleinement valoir leurs avantages dans la production céréalière. Cette façon de procéder permettra d'une part d'élargir les débouchés céréaliers au profit des régions productrices et de faire remonter le prix des céréales dans une mesure rationnelle, et d'autre part de promouvoir la structure agricole des principales régions consommatrices de céréales, de manière à augmenter globalement les revenus des paysans. Il faudra protéger les terres arables de base et interdire toute reconversion, sans approbation préalable par les autorités compétentes, de terres arables à des usages non agricoles : c'est là une limite à ne pas franchir. Il faudra promouvoir la réforme du système de perception d'impôts et de frais dans les régions rurales, supprimer les prélèvements aux niveaux du canton et du village et les autres frais administratifs perçus sur les paysans et, en même temps, majorer dans une mesure appropriée les taux actuellement en vigueur de l'impôt agricole et de la taxe sur les produits agricoles spéciaux. C'est là la solution fondamentale pour garantir les intérêts légitimes des paysans et alléger les charges qui pèsent sur eux. Il faudra accélérer la réforme dans ce domaine en se référant à l'expérience-pilote acquise dans la province de l'Anhui. Il faudra de plus, en combinaison avec cette réforme, simplifier les organismes des cantons et des bourgs et en réduire le personnel, et diminuer le nombre des cadres aux échelons des villages et au-dessous bénéficiant d'allocations gouvernementales; là où les conditions le permettent, il faudra fusionner de manière appropriée certains bourgs et cantons. Il faudra poursuivre la réforme en profondeur du système financier dans les régions rurales, et mener des investigations pour établir un système financier rural adapté aux besoins de développement de l'économie rurale. Il faudra accélérer la réforme du mode de gestion des coopératives de crédit rural en tenant compte des conditions locales. La clé, pour la réussite de cette réforme, consiste à délimiter le droit de propriété et celui d'exploitation, à perfectionner le système de personne morale et à déterminer à qui revient la responsabilité de prévenir et de surmonter les risques. Les coopératives de crédit rural devront continuer à fournir des services à l'agriculture, aux régions rurales et aux paysans, et améliorer leur gestion : ainsi pourront-elles faire pleinement valoir leur rôle de force principale dans les finances rurales et assurer le lien financier avec les paysans. La Banque agricole et d'autres établissements financiers devront renforcer leur soutien à l'agriculture et à l'économie rurale. Il faudra mener en profondeur la réforme des coopératives rurales d'approvisionnement et de vente.
Renforcer la construction d'infrastructures agricoles et d'équipements ruraux. Il faudra augmenter les investissements destinés à accélérer l'aménagement des grands cours d'eau et des grands lacs et la construction d'ouvrages de contrôle sur les cours d'eau principaux, et à consolider les réservoirs en péril ou présentant des failles, de manière à augmenter la capacité de régulation et de retenue d'eau pour mieux prévenir les crues. Il faudra, par ailleurs, mener à bien la rénovation des ouvrages d'économie d'eau dans les grandes zones d'irrigation, mobiliser la population pour construire des ouvrages hydrauliques et améliorer les terres arables, et mener à bien la conservation du sol et de l'eau. Il faudra renforcer la construction de bases d'Etat pour la production de grain marchand et celle de produits agricoles de qualité, et mener à bien la mise en valeur globale des ressources agricoles. Il faudra continuer à renforcer dans les régions rurales la construction du réseau électrique, du réseau de communications, du réseau de radiodiffusion et de télévision, de routes et d'installations d'approvisionnement en eau afin d'améliorer les conditions de production et de vie des paysans et de doter les marchés ruraux de meilleurs équipements.
Continuer à aider la population pauvre des régions rurales. Si on a accompli pour l'essentiel le plan d'aide aux plus démunis, l'éradication de la pauvreté reste une tâche ardue et de longue haleine. Il faudra continuer à renforcer l'aide à la population démunie, venir prioritairement en aide à la population pauvre des zones du Centre-Ouest où vivent des ethnies minoritaires, des anciennes bases révolutionnaires, des régions frontalières et des régions particulièrement défavorisées par la nature. On continuera à aider les populations pauvres à mettre en valeur les ressources locales, on multipliera par divers canaux les fonds d'aide et on engagera un plus grand nombre de personnes dans la construction d'ouvrages publics pour qu'ils puissent toucher des rémunérations. Par ailleurs, on continuera à soutenir les régions pauvres dans la construction d'infrastructures.
IV. PROMOUVOIR L'OPTIMISATION ET LA REMISE A NIVEAU DE LA STRUCTURE INDUSTRIELLE
Le rajustement et la remise à niveau de la structure industrielle représentent le point crucial du rajustement stratégique de notre économie. Il faudra mettre en relief les aspects suivants:
Renouveler les industries traditionnelles au moyen de technologies de pointe et de techniques avancées et appropriées. Il faudra accorder une très grande importance à la réorganisation et à la rénovation des industries traditionnelles et, en se guidant sur le marché et en s'appuyant sur les entreprises et le progrès technique, mener à bien ce travail sur plusieurs fronts. Premièrement, il faudra, en mettant l'accent sur l'augmentation des variétés, l'amélioration de la qualité, la réduction de la consommation d'énergie, la prévention et le traitement des pollutions et l'amélioration du rendement, soutenir la rénovation technique et améliorer effectivement le niveau technologique et l'équipement d'une série d'entreprises prioritaires dans le secteur de l'énergie, la métallurgie, l'industrie chimique, l'industrie textile et légère, la construction mécanique, l'automobile, les matériaux de construction et le bâtiment. Deuxièmement, il faudra, en recourant à l'invention autonome et à l'introduction de technologie étrangère, accélérer le développement des technologies d'usage commun, des techniques clés et des techniques auxiliaires pouvant promouvoir l'amélioration de la structure industrielle. On redressera l'industrie équipementaire en développant et en produisant des assortiments d'équipements avancés de grandes dimensions, à haut rendement et répondant à un besoin urgent. Troisièmement, il faudra encourager, au moyen de l'introduction en bourse, de la fusion-acquisition, de l'union et de la réorganisation, la constitution de grandes sociétés ou de groupes d'entreprises axés sur une activité principale, possédant un noyau puissant et bénéficiant de droits autonomes de propriété intellectuelle. Ces groupes et sociétés devront devenir le support et la force principale de la restructuration industrielle et du renouvellement des produits. Quatrièmement, il faudra soutenir activement le renouveau des vieilles bases industrielles, faire pleinement valoir leur puissance potentielle et leurs réserves de compétences, de manière à améliorer le niveau des industries qui s'y sont installées. Les villes axées sur l'extraction des ressources naturelles et les grandes zones minières devront développer des industries d'exploitation en profondeur ou de remplacement en fonction des conditions locales.
En même temps, il faudra combiner les moyens économiques, juridiques et, le cas échéant, administratifs, pour continuer à fermer, conformément à la loi, les mines et entreprises qui ne font que produire des produits médiocres, gaspiller les ressources du pays, causer une pollution grave ou ne respectent pas les normes de sécurité les plus élémentaires dans la production, éliminer et comprimer les forces productives arriérées et excédentaires, et interdire leur transfert et leur reconstitution dans d'autres régions. Les entreprises déficitaires depuis de longues années, les entreprises dont les actifs n'égalent pas le passif et celles qui sont incapables de résorber leur déficit, ainsi que les mines qui ont épuisé les gisements qu'elles exploitent, devront aussi fermer ou déclarer la faillite. Il faudra rendre plus facile et plus réglementaire le retrait des entreprises du marché.
Développer les hautes et nouvelles technologies, de manière que l'informatisation ait un effet de synergie sur l'industrialisation. En tenant compte des conditions concrètes et en fonction d'un choix précis, on s'attachera à activer le développement de secteurs industriels à hautes ou nouvelles technologies, tels que l'informatique appliquée, l'ingénierie biologique et les nouveaux matériaux. On soutiendra plus particulièrement la mise en place du réseau d'info route à bande large, la fabrication de circuits intégrés clés, la fabrication de fusées porteuses de type nouveau, et d'autres projets d'ingénierie d'importance majeure faisant appel à de hautes technologies. Nos industries dotées de hautes et nouvelles technologies pourront ainsi réaliser de grandes avancées par groupe ou secteur entier. On activera le progrès de l'industrie des produits informatiques en veillant à accroître notre capacité en matière de R&D, ainsi que d'intégration de systèmes. On s'attachera à développer activement l'industrie des logiciels; on intensifiera l'aménagement d'infrastructures dans le secteur de l'informatique. Il faudra appliquer la technologie numérique et celle du réseau au développement technique, à la production et au marketing des entreprises, aux services publics et à l'administration, de manière à mieux combiner l'industrialisation avec l'informatisation.
Intensifier l'aménagement des infrastructures, notamment dans les secteurs de l'hydraulique, des communications et de l'énergie et autres, et accorder la plus haute importance à notre stratégie d'exploitation rationnelle des ressources naturelles. La pénurie d'eau ayant un effet néfaste sur le développement socio-économique de notre pays, il faudra s'attacher à économiser par tous les moyens cette ressource précieuse et, à cette fin, instituer un système de gestion des ressources hydriques et un système de prix rationnels, faire appliquer dans l'ensemble du pays des techniques et mesures permettant d'atteindre cet objectif et assurer l'avènement d'un système de production et d'une société à faible consommation d'eau. On veillera à mieux prévenir la pollution des eaux et à mener à bien le traitement et l'utilisation des eaux polluées. On veillera aussi à planifier et activer l'exécution de travaux gigantesques, tels que ceux destinés à l'adduction d'eau du Sud vers le Nord. Par ailleurs, on activera l'aménagement de routes, voies ferrées, ports, voies navigables, aéroports et pipelines, de manière à créer, en améliorant le réseau existant, un système de transport moderne, intégré, qui soit fiable et facile à utiliser. Il va de soi que le problème des sources d'énergie et, plus particulièrement, celui du pétrole, constitue une composante majeure de notre stratégie d'exploitation rationnelle des ressources naturelles. Notre production de pétrole ne pouvant répondre aux besoins du développement socio-économique, le décalage entre l'offre et la demande s'accentue d'une manière chaque jour plus flagrante, d'où la nécessité d'économiser l'"or noir" et de trouver des carburants de substitution par tous les moyens. Il faudra également activer la prospection et l'exploitation des gisements de pétrole et de gaz naturel, tirer le meilleur parti des ressources du reste du monde et mettre sur pied au plus vite un régime de stockage du pétrole et d'autres ressources stratégiques. En ce qui concerne l'industrie charbonnière, il faudra stimuler la refonte des grandes houillères, aménager des puits de mine à rendement élevé dans les gisements de bonne qualité, et développer la technique de la houille dite "propre". On veillera aussi à exploiter à fond la capacité actuelle de production d'électricité, à développer activement la production de courant hydro-électrique et à augmenter le nombre des centrales thermiques de grande puissance implantées à proximité immédiate des puits de mine; parallèlement, on réduira le nombre des petites centrales thermiques et l'on développera dans certaines limites la production de courant par l'énergie nucléaire. Il faudra renforcer la construction et la rénovation du réseau électrique urbain et rural, promouvoir l'intégration nationale du réseau, et poursuivre en profondeur la réforme du régime de production et de distribution de l'électricité, de manière à séparer petit à petit la gestion des centrales de celle des réseaux de distribution et à introduire la concurrence dans ce domaine. Le développement de nouvelles sources d'énergie retiendra également notre attention.
Activer l'essor des services. C'est la voie à suivre pour une restructuration sectorielle satisfaisante et la multiplication des emplois. On donnera une forte impulsion au développement de services modernes dans de nombreux domaines -- informatique, finances, comptabilité, consultations diverses, conseils juridiques et autres -- et l'on veillera à améliorer la qualité globale des prestations fournies par l'ensemble du secteur; on aura recours à des modes de gestion et à des techniques de service modernes pour transformer les circuits du commerce intérieur et ceux du commerce extérieur, les transports et communications, les services municipaux et les autres services traditionnels, et améliorer en conséquence la qualité et la rentabilité des prestations; on s'attachera à développer des services répondant aux besoins de consommation des habitants en matière, notamment, de biens immobiliers, de services de proximité, de tourisme, de restauration, de divertissements et d'activités physiques, sans oublier d'enrichir la panoplie des prestations. Pour qu'il se crée un environnement propice à l'essor du tertiaire, il faudra aussi poursuivre en profondeur la réforme et adopter les mesures politiques qui s'imposent.
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