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Bicentenaire : « Victor Hugo et la Chine »
 Bicentenaire : « Victor Hugo et la Chine »
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''A la mémoire de Victor Hugo''
par Nié Zhenyu
Le 3 janvier 2002 a eu lieu à Beijing une conférence en l'honneur du bicentenaire de Victor Hugo sous les auspices de 8 instances chinoises dont L'Association des écrivains chinois et l'Institut des études de la littérature française. Parmi les orateurs figurent M. Nié Zhengyu, président et rédacteur en chef général de la Maison d'Editions Renmin Wenxue (Littérature du Peuple).
Voici l'essentiel de l'allocution de M. Nié :
Victor Hugo, grand maître de la littérature française du 19è siècle a été le leader et le symbole du romantisme actif. Il a eu une vie longue et sinueuse, a créé une immense quantité d'ouvrages littéraires et inventé beaucoup de personnages typiques, en léguant de nombreux joyaux artistiques à l'Humanité. Pour nous, l'importance qu'il incarne, c'est non seulement qu'il a écrit l'Histoire de la France, bouleversante et si détournée du 19è siècle, mais surtout qu'il embrassait avec enthousiasme l'Humanité toute entière en se basant sur sa vision haute et lointaine, son sens fort de justice sociale et son humanisme sincère. Cela passe outre les époques et les frontières. A travers ses cris, ses sourires, ses larmes et ses tristesses, Victor Hugo franchit les territoires, le temps et l'espace, il a ce lien de chair et de sang avec les peuples, y compris le peuple chinois, avec ceux et celles qui du 21è siècle et du futur.
Aujourd'hui, nous sommes heureux de commémorer le bicentenaire de la naissance de Victor Hugo. En profitant de cette occasion, je me permets de vous présenter un peu la traduction et l'édition des oeuvres de Victor Hugo en Chine et de prouver par là les liens de ce grand écrivain français avec le peuple chinois.
Tout d'abord, je dois vous préciser une nouvelle découverte que j'ai réalisée avec ma récente participation aux travaux de révision et de correction des « Oeuvres complètes de Lu Xun » et « Oeuvres de traduction par Lu Xun », porte-drapeau de la Nouvelle culture et grand écrivain de génie. Nos chercheurs ont trouvé un texte traduit du japonais par Lu Xun (1881-1936) qui ne figure pas dans ses oeuvres de traduction. Il s'agissait de « Fantine » publié dans la revue «Zhejiangchao » (Vagues du Zhejiang) n¡ã 5 en date du 15 juin 1903, sous le nom de Geng Chen, un des noms de plume de Lu Xun. Ce fut un écrit en chinois classique qui relate comment Hugo réussit à sauver par une nuit de neige une pauvre jeune fille traquée par la police. Cette histoire figure dans « Les Misérables » volume V . Lu Xun y composa un appendice dans lequel il y soulignait avec émotion : ''Quelle société de pièges multiples, quel monde de souffrances profondes ! Cela provoqua une indignation aussi grande en Europe qu'en Asie.....'' A coup sûr, Lu Xun est un des premiers traducteurs chinois qui avaient commencé à présenter à nos lecteurs les oeuvres de Victor Hugo au début du 20è siècle. C'est une anecdote très significative qui est arrivée de bouche à oreille dans les annales des échanges culturels entre la Chine et la France.
Il est bien connu de tous que Lin Shu (1852-1924), grand littéraire qui traduisit « Les Misérables » en épisodes d'écriture classique, souvent raccourcies parce qu'il ne connaissait aucune langue étrangère et qu'il les rédigeait d'après l'interprétation d'un collaborateur qui parlait le français.
Ensuite j'ai consulté et lu pas mal de versions chinoises d'oeuvres de Hugo éditées dans les années 30 et 40, telles que :
---« Le Sacrifice », sorti en 1910 par la Maison d'Editions Jiuxing (Etoiles d'automne) ;
---« Les Larmes d'une prison », Editions Qunxue de Shanghai (1913) ;
---« Le dernier jour d'un condamné », Librairie Moderne (1928) ;
---« Les Misérables » traduction de Su Manshu, poète célèbre, Maison d'éditions Taidong et Daxin, toutes deux de Shanghai ;
---« Les Travailleurs de mer », dans la Collection Mille amis, Editions Shanwu Yinshuguan (1936) ;
---« Quatre-vingt treize », Editions Shanwu Yinshuguan (1948).
Et après 1949, l'année de l'avènement de la Chine Nouvelle, de grandes maisons d'éditions ont sorti largement les oeuvres de Victor Hugo qui ont été très bien accueillies par les lecteurs chinois
---Les Editions Shanwu Yinshuguan ont sorti en janvier 1850 et en juin 1951 «Chandelier argent » (abrégé) et « Les Misérables » (abrégés).
---Les Editions Renmin Wenxue ont publié « Poèmes de Victor Hugo » (avril 1954), traduction par Wen Jiasi (1905- ) ; « Quatre-vingt treize » (mai 1957); « Les Misérables » tomes I et II, (en 1958 et 1959) .
---Les Editions Wenyi (Culture et Arts) de Shianghai a publié « L'Homme qui rit » (décembre 1962).
......
Depuis l978, l'année de la réforme et de l'ouverture sur l'extérieur, c'est l'épanouissement des publications d'ouvrages de Victor Hugo en Chine.
---Notre Maison a réédité en avril 1978 « Quatre-vingt treize », 405 000 exemplaires ; puis, elle a sorti « Les Misérables » Tomes III, IV et V + I, II, en un million de séries (5 volumes), et successivement « Notre-Dame de Paris », « Poèmes choisis » ( traduits par Cheng Zenghou). Dernièrement, nous avons publié « Collections de Victor Hugo » (12 volumes) et « Dessins de Victor Hugo », etc.
---Les Editions Yiwen de Shanghai ont sorti «De la littérature » de Victor Hugo ;
---Plusieurs dizaines de maisons d'Editions dont celle Yilin (Nanjing), celle Lijiang (Guilin), ainsi que Enfance ont publié d'importantes quantités de livres de Victor Hugo.
Rien que pour «Les Misérables », on compte au moins une dizaine de versions sans citer les abrégées ; cela justifie l'ampleur grandiose d'oeuvres de Victor Hugo dans notre pays.
Qui plus est, « Les écrits de Victor Hugo » ( 20 vols. 2000) rédigés sous la direction de Liu Mingjiu, grand spécialiste de la littérature française, par les Editions Education (Hebei), ont obtenu la Motion des Prix du Livre de la 4è édition nationale et le ler Prix des ouvrages de littérature étrangère de la 5è édition nationale.
De ces énumérations incomplètes, nous pouvons tirer la conclusion suivante : Les livres de Victor Hugo se propagent largement en Chine et gagnent les coeurs. Les personnages qu'il a créés comme Jean Valjan, Cosette, Gavroche, Esméralda, Casimodo sont le plus cités par nos lecteurs ordinaires. Ses créations et thèses servent de modèles d'études sérieuses pour nos écrivains et critiques littéraires.
Les oeuvres de Victor Hugo se transmettent jusqu'à nos jours depuis deux siècles et continueront de circuler à travers le monde et les époques.
A l'occasion du bicentenaire de sa naissance et le l16è anniversaire de sa mort, on remarque en Orient surtout en Chine, tant de traducteurs et éditeurs, tant de lecteurs et chercheurs, passionnés de Victor Hugo, telle est la preuve éloquente de sa grandeur et de son génie.
Victor Hugo, à raconter intarissablement. Victor Hugo éternel !
Que Victor Hugo vive toujours avec l'Humanité !
Le Quotidien du Peuple en ligne
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