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L'Union africaine, une idée noble et exaltante, selon M. Annan
Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a qualifié la création de l'Union africaine (UA) d'"une idée noble et exaltante", lors du 38ème et dernier sommet de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) tenu lundi à Durban, en Afrique du Sud.
L'UA sera officiellement lancé mardi en remplacement de l'OUA âgée de 39 ans.
S'adressant devant la quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement africains, M. Annan s'est félicité de nombreux succès obtenus par l'OUA: elle a été la voix résolue de l'Afrique sur les questions de l'apartheid et du colonialisme, a défini d'importantes doctrines panafricaines -- comme le respect des frontières existantes et, dans un passé plus récent, l'affirmation que des élections libres et honnêtes sont le seul moyen valable de provoquer des changements politiques.
Il a également évoqué la contribution de l'OUA à la conclusion d'accords de paix entre plusieurs de ses membres, la mise sur pied d'un mécanisme de prévention des conflits, le commencement d'un processus visant à doter l'Afrique de capacités en matière de maintien de la paix.
"Le fait que vous pouvez aujourd'hui proclamer la naissance de l'Union africaine est un hommage rendu au mérite de l'OUA. Cette naissance est un moment solennel et, plus important encore, un moment porteur d'espoir", a indiqué le chef de l'ONU.
"L'idée d'une union est une idée noble et exaltante. Dans plusieurs parties de l'Afrique, elle a déjà produit des résultats au niveau sous-régional", a-t-il ajouté.
Selon M. Annan, l'expérience acquise dans d'autres régions du monde, notamment en Europe, a montré que l'unité régionale pouvait apporter des bienfaits concrets.
"L'Europe en 1945 a été complètement dévastée par la guerre, de façon bien plus générale que ne l'est l'Afrique aujourd'hui. La paix et la prospérité qu'elle connaît à l'heure actuelle offrent un contraste frappant. On ne saurait nier que cet état de chose est dû, au moins en partie, à l'intégration régionale", a-t-il dit.
Il a toutefois souligné qu'il faut se garder "d'imaginer qu'une fois proclamé, notre Union deviendra une réalité sans plus d'effort de notre part".
M. Annan estime que les Africains sont face à des conditions " objectivement bien moins favorables" dans la construction de leur union: un espace géographique beaucoup plus vaste, possèder bien moins de ressources, partir d'un stade de développement industriel bien moins avancé, une économie soumise au fardeau d'une dette insoutenable, ou paralysée par les séquelles de guerres.
"Pour construire avec quelques chances de succès une union dans de telles conditions, il faudra beaucoup de vigueur et une volonté politique de fer, ainsi la patience voulue pour se prêter à des négociations et des compromis", a-t-il indiqué.
Rappelant la récente rencontre de certains chefs d'Etat avec les dirigeants du G8 au Canada, M. Annan a affirmé que "nous avons tous senti chez ces dirigeants un nouveau respect pour l'Afrique".
"Ils nous respecteront encore plus lorsqu'ils nous verront régler concrètement les conflits qui défigurent notre continent", a-t-il dit.
(Xinhua)
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