Le général américain qui avait le premier enquêté sur les sévices de prisonniers irakiens a démenti mardi que ces tortures aient pu relever de "politiques" ou "d'ordres", n'ayant trouvé aucune instruction aux soldats de maltraiter les prisonniers.
Le sénateur démocrate Robert Byrd avait déclaré, lors de son audience concernant les sévices commis à la prison d'Abou Ghraib, que ces abus n'étaient pas simplement le fait de gardiens et d'interrogateurs aux faibles valeurs morales, mais que c'était " une affaire de politiques et de plan" décidés à un plus haut niveau.
"Je n'ai trouvé aucune trace d'une politique ou d'un ordre direct à ces soldats pour qu'ils fassent ce qu'ils ont fait", a déclaré le général Antonio Taguba.
"Je pense qu'ils ont agi de leur propre chef et je pense qu'ils ont collaboré avec quelques-uns des enquêteurs des renseignements militaires à un niveau subalterne", a ajouté le général Taguba, nommé en janvier 2004 pour enquêter sur les accusations de sévices sur des détenus dans la prison d'Abou Ghraib à Bagdad.
Le général diverge cependant sur certains points du sous- secrétaire de la Défense au renseignement, Stephen Cambone, ce dernier estimant notamment que la responsabilité de la prison d'Abou Ghraib était entre les mains de la police militaire, tandis que M. Taguba indique que la prison était sous le contrôle des officiels du renseignement.
Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a témoigné ces derniers jours, prenant sur lui "la complète responsabilité" de ces abus, et s'excusant "aux familles des Irakiens qui ont été maltraités par les forces armées américaines".
(Xinhua)