Le Tibet, situé sur le plateau Qinghai-Tibet, est une des régions frontalières chinoises à forte concentration d'ethnies minoritaires. Le gouvernement central chinois de toutes les époques a pratiqué, en tenant compte des conditions de transport et de communication et de la situation réelle du Tibet et d'autres régions ethniques frontalières, des modes d'administration différents par rapport au reste du pays. Depuis que le Tibet est devenu une partie du territoire chinois après le XIIIe siècle, le gouvernement central des dynasties Yuan, Ming et Qing ainsi que de la République de Chine, tout en définissant les organes d'administration locaux, en décidant et en réglant directement les affaires importantes du Tibet, a conservé pour l'essentiel la structure de la société et le pouvoir dirigeant originels, chargé les clergés et laïques locaux des classes supérieures de gérer les affaires locales et accordé une autonomie relativement grande au gouvernement et ses fonctionnaires locaux. Ceci a joué, dans l'histoire, un rôle positif pour sauvegarder l'unité nationale. Cependant, les gouvernants despotiques des différentes époques féodales pratiquaient une politique ethnique imprégnée de la discrimination et de l'oppression et administraient le Tibet en préservant le régime social local et le pouvoir de la classe dominante locale, ce qui n'a pas abouti et n'a pas pu aboutir à l'égalité ethnique et à la prise en main de son propre destin par le peuple.
Dans la première moitié du XXe siècle, le Tibet restait une société de servage féodal caractérisée par l'union du temporel et du spirituel, régime plus ténébreux et plus arriéré qu'en Europe médiévale. Les propriétaires de serfs ecclésiastiques et laïques, qui représentaient moins de 5% de la population, maîtrisaient la liberté personnelle des serfs et des esclaves qui représentaient plus de 95% de la population ainsi que la majorité absolue des moyens de production. Ils exerçaient cruellement, sur les serfs et les esclaves, une exploitation économique, une oppression politique et un contrôle spirituel à travers le « Code en 13 articles » et le « Code en 16 articles » nettement hiérarchisés ainsi que les supplices extrêmement sauvages tels que la mutilation des mains, des pieds, des oreilles et de la langue, l'arrachement des yeux, l'enlèvement des tendons, la projection dans l'eau ou dans le vide. Le droit à l'existence d'un grand nombre de serfs et esclaves n'étant pas garanti, il n'était pas question de parler des droits politiques.
A partir de la Guerre de l'Opium en 1840, la Chine a été réduite à une société semi-coloniale et semi-féodale. Le Tibet, comme toutes les autres régions chinoises, a subi l'invasion des puissances impérialistes. Celles-ci ont accaparé divers privilèges grâce à des traités inégaux, exercé au Tibet un contrôle et une exploitation colonialistes et, en même temps, elles ont formé des forces séparatistes parmi une poignée de dominateurs des classes supérieures du Tibet et tenté de séparer le Tibet de la Chine. Se débarrasser du joug de l'impérialisme et du servage féodal est ainsi devenu une tâche historique primordiale pour sauvegarder l'unité nationale et réaliser le développement du Tibet.
La fondation en 1949 de la République populaire de Chine a mis fin à l'histoire ténébreuse d'une société semi-coloniale et semi-féodale, réalisé l'unité nationale, l'union des différentes ethnies et la démocratie populaire, apporté au peuple tibétain l'espoir de maîtriser son propre destin dans la grande famille de la patrie. Le « Programme commun de la Conférence consultative politique du Peuple chinois », adopté en 1949 et faisant fonction de constitution provisoire, a stipulé clairement ceci : toutes les ethnies sur le territoire de la République populaire de Chine sont égales et font preuve de la solidarité et de l'entraide ; la discrimination et l'oppression ethniques ainsi que tout acte sabotant l'union des différentes ethnies sont interdits ; toutes les ethnies minoritaires ont la liberté de développer leur langue et écriture et de conserver ou de réformer leurs us et coutumes et leur croyance religieuse ; l'autonomie régionale doit être mise en place dans les régions où les ethnies minoritaires vivent concentrées. La première « Constitution de la République populaire de Chine » publiée et mise en vigueur en 1954 a intégré dans la loi fondamentale de l'Etat le principe d'égalité, de solidarité et d'entraide des différentes ethnies ainsi que l'autonomie régionale ethnique. Le gouvernement populaire central a changé complètement le destin du Tibet en tenant compte des droits et intérêts fondamentaux du peuple tibétain et en adoptant d'importantes mesures politiques stratégiques telles que la libération pacifique du Tibet, la pratique de la réforme démocratique, la fondation de la Région autonome, la construction socialiste et l'application de la politique de réforme et d'ouverture, réalisé et promu le droit du peuple tibétain d'être maître chez soi.
Source: China.org.cn