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Mise à jour 31.03.2008 15h45
La mise en place de l'autonomie régionale ethnique au Tibet et son développement

Le Tibet, situé sur le plateau Qinghai-Tibet, est une des régions frontalières chinoises à forte concentration d'ethnies minoritaires. Le gouvernement central chinois de toutes les époques a pratiqué, en tenant compte des conditions de transport et de communication et de la situation réelle du Tibet et d'autres régions ethniques frontalières, des modes d'administration différents par rapport au reste du pays. Depuis que le Tibet est devenu une partie du territoire chinois après le XIIIe siècle, le gouvernement central des dynasties Yuan, Ming et Qing ainsi que de la République de Chine, tout en définissant les organes d'administration locaux, en décidant et en réglant directement les affaires importantes du Tibet, a conservé pour l'essentiel la structure de la société et le pouvoir dirigeant originels, chargé les clergés et laïques locaux des classes supérieures de gérer les affaires locales et accordé une autonomie relativement grande au gouvernement et ses fonctionnaires locaux. Ceci a joué, dans l'histoire, un rôle positif pour sauvegarder l'unité nationale. Cependant, les gouvernants despotiques des différentes époques féodales pratiquaient une politique ethnique imprégnée de la discrimination et de l'oppression et administraient le Tibet en préservant le régime social local et le pouvoir de la classe dominante locale, ce qui n'a pas abouti et n'a pas pu aboutir à l'égalité ethnique et à la prise en main de son propre destin par le peuple.

Dans la première moitié du XXe siècle, le Tibet restait une société de servage féodal caractérisée par l'union du temporel et du spirituel, régime plus ténébreux et plus arriéré qu'en Europe médiévale. Les propriétaires de serfs ecclésiastiques et laïques, qui représentaient moins de 5% de la population, maîtrisaient la liberté personnelle des serfs et des esclaves qui représentaient plus de 95% de la population ainsi que la majorité absolue des moyens de production. Ils exerçaient cruellement, sur les serfs et les esclaves, une exploitation économique, une oppression politique et un contrôle spirituel à travers le « Code en 13 articles » et le « Code en 16 articles » nettement hiérarchisés ainsi que les supplices extrêmement sauvages tels que la mutilation des mains, des pieds, des oreilles et de la langue, l'arrachement des yeux, l'enlèvement des tendons, la projection dans l'eau ou dans le vide. Le droit à l'existence d'un grand nombre de serfs et esclaves n'étant pas garanti, il n'était pas question de parler des droits politiques.

A partir de la Guerre de l'Opium en 1840, la Chine a été réduite à une société semi-coloniale et semi-féodale. Le Tibet, comme toutes les autres régions chinoises, a subi l'invasion des puissances impérialistes. Celles-ci ont accaparé divers privilèges grâce à des traités inégaux, exercé au Tibet un contrôle et une exploitation colonialistes et, en même temps, elles ont formé des forces séparatistes parmi une poignée de dominateurs des classes supérieures du Tibet et tenté de séparer le Tibet de la Chine. Se débarrasser du joug de l'impérialisme et du servage féodal est ainsi devenu une tâche historique primordiale pour sauvegarder l'unité nationale et réaliser le développement du Tibet.

La fondation en 1949 de la République populaire de Chine a mis fin à l'histoire ténébreuse d'une société semi-coloniale et semi-féodale, réalisé l'unité nationale, l'union des différentes ethnies et la démocratie populaire, apporté au peuple tibétain l'espoir de maîtriser son propre destin dans la grande famille de la patrie. Le « Programme commun de la Conférence consultative politique du Peuple chinois », adopté en 1949 et faisant fonction de constitution provisoire, a stipulé clairement ceci : toutes les ethnies sur le territoire de la République populaire de Chine sont égales et font preuve de la solidarité et de l'entraide ; la discrimination et l'oppression ethniques ainsi que tout acte sabotant l'union des différentes ethnies sont interdits ; toutes les ethnies minoritaires ont la liberté de développer leur langue et écriture et de conserver ou de réformer leurs us et coutumes et leur croyance religieuse ; l'autonomie régionale doit être mise en place dans les régions où les ethnies minoritaires vivent concentrées. La première « Constitution de la République populaire de Chine » publiée et mise en vigueur en 1954 a intégré dans la loi fondamentale de l'Etat le principe d'égalité, de solidarité et d'entraide des différentes ethnies ainsi que l'autonomie régionale ethnique. Le gouvernement populaire central a changé complètement le destin du Tibet en tenant compte des droits et intérêts fondamentaux du peuple tibétain et en adoptant d'importantes mesures politiques stratégiques telles que la libération pacifique du Tibet, la pratique de la réforme démocratique, la fondation de la Région autonome, la construction socialiste et l'application de la politique de réforme et d'ouverture, réalisé et promu le droit du peuple tibétain d'être maître chez soi.

― La libération pacifique a jeté une base pour l'application de l'autonomie régionale ethnique au Tibet.

Après la signature le 23 mai 1951 de l' « Accord sur les méthodes concernant la libération pacifique du Tibet » (ou simplement l' « Accord en 17 articles ») entre le gouvernement populaire central et le gouvernement local du Tibet, la libération pacifique du Tibet a été réalisée. Celle-ci a permis au Tibet de se débarrasser de l'invasion des forces impérialistes ainsi que de leurs entraves politiques et économiques, de sauvegarder la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriale de l'Etat et de réaliser l'égalité et l'union entre les Tibétains et les différentes autres ethnies du pays ainsi que l'union interne du Tibet, jetant ainsi une base pour l'application de l'autonomie régionale ethnique au Tibet.

Conformément à l' « Accord en 17 articles », « le peuple tibétain a le droit de pratiquer l'autonomie régionale ethnique en vertu de la politique ethnique définie par le Programme commun de la Conférence consultative politique du Peuple chinois et sous la direction unifiée du gouvernement populaire central. » En novembre 1954, un groupe a été formé selon les stipulations de l' « Accord en 17 articles » pour créer le comité préparatoire de la Région autonome du Tibet. En mars 1955, le Conseil des Affaires d'Etat a convoqué spécialement une réunion pour étudier la « Décision du Conseil des Affaires d'Etat sur la création du comité préparatoire de la Région autonome du Tibet » laquelle, adoptée par la suite, précise que le comité préparatoire de la Région autonome du Tibet, dirigé par le Conseil des Affaires d'Etat, est l'organe chargé de la mise en place de la Région autonome du Tibet et, en exerçant le pouvoir politique, a pour tâche principale de préparer l'application de l'autonomie régionale au Tibet conformément aux stipulations de la Constitution, à l' « Accord en 17 articles » et à la situation concrète du Tibet. En avril 1956, a été créé à Lhasa le comité préparatoire de la Région autonome du Tibet avec le XIVe Dalai Lama comme président, le Xe Panchen Lama comme premier vice-président et Ngapo Ngawang Jigme comme secrétaire général. La création du comité préparatoire de la Région autonome du Tibet a permis au Tibet d'avoir un organe de consultation et d'administration faisant fonction du pouvoir politique, ce qui a promu énergiquement la réalisation de l'autonomie régionale ethnique au Tibet.

― La réforme démocratique a frayé la voie à l'application de l'autonomie régionale ethnique au Tibet.

Tout en affirmant la nécessité de la réforme du régime social du Tibet, l' « Accord en 17 articles » qui a abouti à la libération pacifique du Tibet, tenant compte de la situation réelle du Tibet, a précisé ceci : « L'autorité centrale n'impose aucune démarche de réforme au Tibet ; le gouvernement local du Tibet doit effectuer la réforme de son propre chef ; les masses populaires doivent délibérer avec les dirigeants du Tibet lorsqu'elles proposent les réformes. » Or, afin de garder à perpétuité le servage féodal, certains membres du groupe dirigeant des classes supérieures du Tibet, soutenus par des forces impérialistes, ont déclenché, en dépit de la réclamation toujours croissante de la population pour la réforme démocratique, une rébellion armée générale le 10 mars 1959, tentant de séparer le Tibet de la Chine. Le 28 mars de la même année, le Conseil des Affaires d'Etat a déclaré dissoudre le gouvernement local du Tibet et charger le comité préparatoire de la Région autonome du Tibet avec le Xe Panchen comme président par intérim d'exercer les fonctions du gouvernement local du Tibet. Le peuple tibétain, dirigé par le gouvernement populaire central et le comité préparatoire de la Région autonome du Tibet, a réprimé rapidement la rébellion. Une réforme démocratique a été appliquée : le servage féodal caractérisé par l'union du temporel et du spirituel a été renversé ; la hiérarchie féodale, les rapports de dépendance et tous les supplices sauvages abolis. Les serfs et esclaves émancipés sont devenus maîtres de l'Etat et de la région du Tibet et ont obtenu les droits et les libertés civiques définis par la Constitution et la loi. Tout cela a permis d'éliminer les obstacles au régime social qui gênent l'application de l'autonomie régionale ethnique.

― La fondation de la Région autonome du Tibet a abouti à l'application générale de l'autonomie régionale ethnique au Tibet.

Grâce à la réforme démocratique, le peuple tibétain jouit des droits politiques égaux à ceux des différentes autres ethnies du pays. En 1961, une élection au suffrage universel sans précédent a eu lieu dans les différentes régions du Tibet. Les serfs et esclaves émancipés, qui exerçaient pour la première fois leurs droits démocratiques en tant que maîtres, ont élu les organes du pouvoir des différents niveaux. En septembre 1965, a été convoquée la première session de la première assemblée populaire de la Région autonome du Tibet qui a élu les organes d'autonomie de la Région autonome du Tibet ainsi que leurs dirigeants, marquant ainsi la fondation officielle de la Région autonome du Tibet. Ngapo Ngawang Jigme a été élu président du comité populaire de la Région autonome ; un grand nombre de serfs émancipés ont assumé les fonctions dirigeantes au sein des organes du pouvoir des différents niveaux de la Région autonome. La fondation de la Région autonome du Tibet a abouti à la création du pouvoir de démocratie populaire au Tibet et à l'application générale de l'autonomie régionale ethnique. Le peuple tibétain jouit désormais du droit de gérer ses propres affaires locales et s'engage dans la voie socialiste de développement avec le peuple du reste du pays.

― La réforme et l'ouverture ont ouvert un large champ d'action pour l'exercice du droit d'autonomie régionale ethnique par le peuple tibétain.

Au cours de la réforme et de l'ouverture, Deng Xiaoping a indiqué clairement que l'application de l'autonomie régionale ethnique avait pour point capital de développer les régions habitées par les ethnies minoritaires et que « L'essentiel est de se demander ce qui peut profiter aux Tibétains, les aider à se développer plus rapidement et à monter dans le train des quatre modernisations (Textes choisis de Deng Xiaoping – Tome III) », ce qui a précisé l'orientation pour une application plus complète de l'autonomie régionale ethnique au Tibet au cours de la nouvelle période.

En 1984, l'Etat a publié et mis en vigueur la « Loi de la République populaire de Chine sur l'autonomie régionale ethnique », faisant ainsi de l'autonomie régionale ethnique un système politique fondamental de l'Etat et définissant systématiquement les droits d'autonomie des régions pratiquant l'autonomie ethnique dans les domaines politiques, économiques, culturels et autres ainsi que leurs rapports avec le gouvernement central, ce qui a fourni une garantie légale énergique pour l'exercice complet du droit d'autonomie par le peuple tibétain. Entre 1984 et 2001, le gouvernement central a convoqué respectivement, en tenant compte de la situation réelle de la Région autonome du Tibet, quatre réunions sur le travail au Tibet à l'issue desquelles l'idée directrice, les tâches principales et le plan de développement du travail au Tibet au cours de la nouvelle période ont été définis, la décision importante selon laquelle le Tibet serait sollicité par le gouvernement central et soutenu par les différentes régions a été prise, et une série de mesures spéciales et préférentielles destinées à accélérer le développement du Tibet ont été élaborées, ce qui a permis la création d'une situation de soutien général à la modernisation du Tibet grâce à laquelle l'Etat place directement des investissements dans les projets de construction au Tibet, le gouvernement central accorde une subvention financière et les différents départements et régions du pays fournissent un soutien adapté au besoin. Cela a stimulé grandement le développement économique et les progrès sociaux du Tibet, élevé considérablement le niveau de vie du peuple tibétain et garanti la réalisation des droits d'égalité et d'autonomie du peuple tibétain.

Source: China.org.cn



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