La réforme démocratique au Tibet a débuté en mars 1959, elle a permis de renverser le système féodal de servage et d'émanciper l'ensemble des serfs qui obtint ainsi sa liberté corporelle. C'est pourquoi elle était en fait un grand changement qui fait époque dans l'histoire du Tibet.
En 1951, le gouvernement central et l'ancien gouvernement tibétain local conclurent l' « Accord en dix sept articles » de la libération pacifique du Tibet, mais le système social tibétain était toujours un système féodal de servage et théocratique dominé tyranniquement par l'aristocratie, la noblesse et le clergé.
En mars 1959, la clique réactionnaire de la haute sphère tibétaine dénonça l'Accord en 17 articles et déclencha la rébellion armée. Sous la couverture superficielle d' « opposition aux hans », elle tenta en réalité de diviser la patrie et de s'opposer à la réforme sociale demandée et exigée énergiquement par le million de serfs et d'esclaves tibétains. Avec le soutien et l'appui de la masse des serfs, les troupes de l'Armée populaire de Libération (APL) réprima rapidement la rébellion, ce qui a créé des conditions favorables au bon déroulement au Tibet de la réforme démocratique.
La réforme démocratique commença officiellement vers la fin de mars 1959 et elle fut menée phase par phase et de manière planifiée. La première phase, c'était pour entreprendre les « trois combats » (combat contre la rébellion, combat contre le système Wula de la corvée et combat contre le système de dépendance corporelle) et le mouvement pour la réduction des fermages et du taux d'intérêt. Dans les régions rurales, il était appliqué à l'endroit des terres appartenant aux propriétaires terriens et aux seigneurs suzerains qui avaient participé à la rébellion la politique dite « la récolte appartient à celui qui a cultivé la terre ». Quant à la terre appartenant aux propriétaires terriens, il est appliqué à son endroit la politique « deux huit et diminution des fermages » (deux au propriétaire et huit au fermier). Il était procédé en même temps à l'émancipation des esclaves familiaux et à l'abolition de la dépendance corporelle. Dans les régions d'élevage, pour les bestiaux dont le propriétaire a participé à la rébellion, ces derniers continueront à être élevés et menés aux pâturages par les pasteurs, alors que le revenu provenant de l'élevage appartient à ces derniers. Pour ce qui est des bestiaux dont les propriétaires n'ont pas participé à la rébellion, ils appartiennent comme dans le passé à ces derniers qui sont obligés d'alléger leur façon d'exploitation et d'augmenter le revenu des pasteurs.
Pour la deuxième phase, les moyens de production des seigneurs et des propriétaires qui ont participé à la rébellion sont confisqués et distribués aux paysans et aux pasteurs pauvres et miséreux ; quant aux propriétaires qui n'ont pas participé à la rébellion, il est adopté à leur égard la politique de rachat de leurs biens et c'était l'Etat qui racheta leurs moyens de production pour les distribuer gratuitement aux paysans et aux pasteurs pauvres. Les propriétaires de terres et de bestiaux ont reçu également des moyens de production qui leur permettent de travailler et de vivre décemment.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne