Le 16 octobre 2003, à 6h23, a atterri avec succès dans la plaine centrale de Mongolie intérieure, en Chine du Nord-Ouest, le vaisseau spatial Shenzhou V à bord duquel se trouvait le premier taikonaute Yang Liwei, après avoir fait 14 tours de la Terre en 21 heures, totalisant plus de 600 000 km, première navette spatiale habitée lancée la veille du Centre de Jiuquan dans le désert de Gobi situé à plus de mille km à l'Ouest de Beijing.
Avec telle mission réussie, la Chine devient ainsi le troisième pays dans le monde à réaliser un vol habité dans l'histoire de la conquête spatiale après l'ex-Union soviétique et les Etats-Unis qui avaient envoyé chacun un homme dans l'espace en 1961.
Cet grand exploit a exaucé le rêve plusieurs fois millénaire de la nation chinoise dans la navigation spatiale et ouvre une nouvelle perspective pour notre exploration cosmonautique dont le « Programme Chang E » sur la Lune dans un proche avenir.
YANG LIWEI, PREMIER TAIKONAUTE CHINOIS « Je me sens très bien .... Tout fonctionne normalement.... « Je vois notre Terre magnifique.....Je prends des notes sur mon journal..... 'Pour le progrès et la paix de l'Humanité, un Chinois est venu dans l'espace' a-t-il écrit. « Je remercie le peuple de ma patrie ! Je salue les autres peuples du monde entier !...je salue tous les collègues qui travaillent dans l'espace !.... » « Je crois que quiconque a pu assumer cette mission représente le groupe des astronautes chinois. Les succès du premier vol appartiennent à tous, y compris ceux qui y ont contribué même de façon silencieuse».
C'est ce qu'a dit Yang Liwei, premier cosmonaute chargé d'effectuer ce vol spatial après lequel il a été promu au grade du colonel, astronaute de 3è classe de la Brigade des astronautes de l'Armée populaire de Libération de Chine (APL).
D'une taille de 1,65 m et de 65 kilos, il a effectué ce voyage spatial de plus de 600 000 km en 21h, 14 fois autour de la Terre. Il est devenu le premier Chinois dans la navigation spatiale. Selon un report de la zone d'atterrissage, Shenzhou V est tombé à seulement 4,8 km de la cible.
Yang Liwei est né en juin 1965 au district de Xuezhong, province du Liaoning au Nord-est, dans une famille ordinaire. Ses parents septuagénaires sont enseignants retraités : son père Yang Deyuan, était commis d'une société des produits indigènes avant sa retraite, sa mère Wei Guilan ¡¡était professeur en langue chinoise de l'Ecole secondaire du premier cycle N¡ã3 du district.
2è enfant dans la famille, il a une soeur aînée Yang Lijun, directrice adjointe de l'Office du tourisme et un frère cadet Yang Junwei au bureau des travaux hydrauliques. ¡¡
Au dire de sa mère et de copains, lors qu'il était petit, il fut un diablotin, espiègle, faisant des niches à ses petits camarades, aimait à nager dan la rivière et l'étang et à prendre des oiseaux. Mais très sages à l'école et travaillait bien, il fut ''élèves d'élite aux trois qualités''(modèle sur trois plans : moralité-études-santé) . Curieux de tout et audacieux d'aventures, rêveur de l'aviation.
Tôt à l'âge de 18 ans, Yang Liwei, au Lycée N¡ã2 (second cycle), avait été choisi en juin 1983, comme candidat pilote de l'Armée de l'Air. Diplômé en 1987 de l'Ecole de l'Aviation N¡ã 8, il devient successivement pilote de chasse, d'assaut et d'interception et comme chef de l'escadrille dans une division de la Force de l'Air en service à Xi'an et à Chengdu. « Il a été toujours le premier à assumer le vol seul pour chaque entraînement ». Il possède une expérience de 1 350 heures de vol, et désigné pilote de lère classe par un jury. Il a accompli les faits d'armes en 1992 et 1994. Deux ans plus tard, il a participé à la sélection des astronautes parmi plus de 1 500 candidats de l'Armée de l'Air. En janvier 1998, Yang Liwei devient l'un des 15 astronautes de la première Brigade pour le vol spatial au Centre d'entraînement de Beijing.
Pendant 5 ans, il a reçu formation et entraînements de tout genre dont la théorie de base de la navigation spatiale, l'adaptation de l'environnement, les technologies professionnelles. Il a bien passé 5 grands examens : 99,5 points, 99,7 points et 100 points à trois reprises. Particulièrement, en cas de l'inefficacité informatique, il s'excellera avec précision à l'opération manuelle en vertu d'une trentaine d'instructions et plus de 50 gestes pour le retour.
En juillet 2003, à la première désignation de 5 meilleurs sur 15 astronautes en formation par les experts du Jury, Yang Liwei se trouvait en tête des 5 pour tous les indices.
Au début septembre, à la 2è sélection le Jury a désigné 3 astronautes plus forts dont Yang Liwei, Qu Zhigang et Nié Haisheng, qui devaient travailler dans le vaisseau comme chef, pilote et ingénieur....
« C'est dans la soirée du 14 octobre j'ai après que je suis désigné comme astronaute pour le premier vol. Je dois dire que nous trois étaient prêts à effectuer ce premier voyage dans l'espace. Seulement, j'ai de la chance, je sens que je porte une grande responsabilité, une mission dure. J'entend bien accomplir cette tâche » a dit Yang Liwei.
Une FAMILLE HEUREUSE
En 1990, il a épousé Zhang Yumei, aussi originaire du Xhezhong, qui travaillent aujourd'hui au Centre du commandement et du contrôle de la navigation spatiale dans la banlieue nord-ouest de Beijing. Ils ont un garçon de 9 ans, Yang Ningkang, élève en 3è année de l' Ecole primaire n¡ã 2. de Zhonguanchun, vallée de silicium chinoise. « Ma femme est remarquable, elle s'occupe de la vie familiale et de notre fils, puisque que j'ai été toujours très retenu dans les entraînements. Mon fils travaille bien malgré que j'aie pas le temps de veiller à ses études», a-t-il d'un ton fier.
Fils pieux, ses parents l'adorent beaucoup. Chaque année, à l'occasion de la Fête du ler Mai et de celle du ler octobre Fête nationale, ses parents viennent régulièrement à Beijing pour voir le jeune couple et leur petit-fils. « Nous sommes fiers de lui » a dit sa mère en regardant son fils en vol sur l'écran au Centre du commandement et du contrôle de la navigation spatiale.
Pour ses penchants et loisirs, il aime le sport et la musique. Il joue souvent au pingpong, il est même détenteur d'un record de la course à 100m : 11'' dans une compétition de la Force de l'Air. S'il est libre, il écoute souvent la mélodie sentimentale.
CHANG E S' ENVOLA DANS LA LUNE
La navigation spatiale fut un vieux rève de la nation chinoise plus de cinq fois millénaires.
Dans la mythologie chinoise, il y relatait une légende sur Change E, la Déesse de la Lune.
Chang E, primitivement appelée Heng E, fut la charmante femme de Hou Yi , fameux archer-héros sous le règne de l'empereur Yao, célèbre souverain du temps primitif. Une année, 10 Soleils sévissaient dans l'univers, jetant de terribles rayons catastrophiques sur notre Terre : toutes les plantes fanées et mortes, les êtres humains risquaient d'être brûlés ou dévorés par des bêtes sauvages . Alors sur ordre du souverain, Hou Yi hercule montant su sommet de la Chaîne Kunlung au Nord-ouest du pays. En utilisant son arc fabuleux, il réussit à abattre 9 soleils en laissant le seul favorable à l'Humanité. Par cet acte héroïque, Hou Yi gagna l'estime et le respect des gens. Même Wang Mu, la Mère Reine de l'Ouest, très émue et reconnaissante lui offrit un remède d'immortalité. Qui l'avalait monterait au immédiatement au paradis céleste comme immortel, disait-on.
Après son retour, il confia l'élixir de longue vie à sa gracieuse épouse qui le cachait dans son tiroir aux cents trésors. Mais un disciple malfaiteur nommé Peng Meng le remarquait et voulait l'avoir par ruse et menace en profitant de .l'absence de Hou Yi. Devant la férocité de Peng Meng, elle n'avait d'autre choix que d'avaler le breuvage d'immortalité. Tout de suite, Chang E se sentit quitter le sol et sortir par la fenêtre en s'envolant vers le ciel. Comme son mari lui manquait beaucoup, elle se réfugia de près dans la Lune où elle fut changée en crapaud et devint déesse de la Lune.
Rentré à la tombée de la nuit, Hou Yi apprit tout ce qui s'était passé chez lui. Très en colère, il voulait
tuer Peng Meng qui leva le pied pour l'échapper. Fort affligé et en appelant le nom de sa belle, il regardait la Lune qui devenait ce soir-là plus brillante et claire que jamais où se remuait une silhouette
ressemblante à Chang E solitaire. Peu après, il fit installer une table dans le jardin de derrière pour brûler de l'encens et présenter des offrandes à la mémoire de son bien-aimée.
Ce fut le 15 août lunaire qui devient ensuite la traditionnelle du Mi-Automne qui incarne la grande réunion famille dont les membres contemplent la Lune en dégustant Yuebing-la galette typique.
C'est aussi cette légende magnifique qui inspire tant de créations littéraires et de rèves de navigation au sujet de l'Astre, satellite naturelle le plus proche de la Terre.
Les voyages peuvent voir les Divas- Déesses en volant dans les Grottes de Denhuang, sur la Grande Route de la Soie. On peut lire le fameux roman « Le Pélerinage à l'Ouest » dont le principal héros Sun Wukong, Le Roi des Singes, qui le fabuleux batôn à la main et pouvant se métamorphoser au moins à 72 reprises et fait le va-et vient en un seul coup dans l'espace comme cheval céleste et toujours en battant et domptant tous les adversaires et ennemis de tout genres terrifiant et perfides.
Autant de légendes pour incarner le rève des nos ancêtres à la navigation spatiale.
WAN HU-PRECURSEUR AUDACIEUX ET TRAGIQUE
La Chine antique a contribué à l'Humanité quatre grandes inventions : Le boussole, le poudre, le papier et l'impression. En utilisant le poudre explosif, on fabriquait des pétards, feux d'artifice, rouquettes et fusées, puis fusée porteuse, voire cosmiques, ce qui contribuait à faire progresser la navigation et l'aviation ensuite la navigation spatiale.
Dans les explorations spatiales, on peut évoquer un courageux Chinois à l'époque de la Dynatie des Ming, qui s'appelait Wan Hu, un mandarin lettré vers la fin du 14 siècle, qui fut le premier Chinois à avoir effectué un vol dans l'espace à bord des fusée artificielles, malheureusement il échoua en sacrifiant sa vie dans cet essai tragique.
En effet, il avait recouru à une procédée audacieuse mais médiocre : Il avait attaché 47 fusées artificielles à une grande chaise, voulant profiter de la force de propulsion pour s'envoler vers l'espace. Bien sûr, il trouva la mort quand la chaise fut explosée après l'allumage des poudres.
vol essuyant un échec, donna un bel exemple et une audace dans l'exploration spatiale.
Cette exploration tragique a été cité dans « Rochkets and Jets » publié en 1945 par l¡¯américain Herbert Zim, scientifique des fusées.
« Vers la fin du 14è siècle, un fonctionnaire chinois Wan Hu construisit une fusée peut-être la plus grande d¡¯alors, en attachant 47 fusées petites sur la derrière d¡¯une chaisée. En s¡¯installant sur la chaise, il tenait un énorme serf-volant aux deux mains ; puis, il ordonna ses valets d¡¯allumer les fusées, en vue de s¡¯envoler par la force propulsive de celles-ci et la force vers le haut du serf-volant... »
Une telle leçon a aussi évoqué dans des ouvrages en la matière par les spécialistes russes, allemands, anglais etc. Et lors d'une conférence de la Fédération internationale de l'astronomie tenue dans les 70 années du siècle dernier, une montagne en forme circulaire de la Lune fut nommée «Wan Hu » à la mémoire de ce premier homme qui essaya le recours aux fussées dans le vol spatial », formidable idée de précurseur. .
---PRAPARATIFS DE LA NAVIGATION SPATIALE MODERNE
Depuis l'avènement de la Chine nouvelle en 1949 et 4 années plus tard la mise sur pied de l'Institut des recherches sur les fusées a commencé la grande oeuvre en faveur de la navigation spatiale.
En mai 1958, le président Mao Zedong a lancé un grand appel « Nous devons fabriquer nos satellites artificiels ». Trois ans plus tard, la Chine avait essayé à lancer une petite fusée qui ne s'envolait que plus de 7 km dans la banlieue de Shanghai. Par suite la première Fusée portant des souris fut lancée de la première Aire de lancement des fusées porteuses de Guangde (province de l'Anhui).
Le 12 avril 1961, le premier vol spatial de l¡¯URSS réalisé par le cosmonaute Gagarine
(1934-1968) fraya l¡¯époque de la navigation humaine dans l¡¯espace. Peu après, un américain a posé le premier pied sur la Lune.
Et le 24 avril 1970 a été lancé par la Chine le premier satellites artificiel. Dès lors, les recherches scientifique sur la fabrication et le lancement des satellites entrèrent dans une phase nouvelle décisive.
A partir de janvier 1992, le gouvernement chinois a inscrit le Vaisseau spatial habité dans le Programme d'Etat pour les recherches et la fabrication baptisé « Programme 921 ». Après les préparatifs, la Chine a lancé à quatre reprises le Vaisseau Shenzhou inhabité respectivement Shezhou I au 20 novembre 1999, Shenzhou II au 10 janvier 2001, Shenzhou III au mars 2002 et Shenzou IV au 30 décembre 2002. Et voilà maintenant le Shenzhou V habité au 15 octobre 2003. 15 octobre 2003: Shenzhou V, est lancé depuis le centre de lancement de Jiuquan. La Chine envoie avec succès son premier astronaute sur orbite.
"La mission réussite de Shenzhou V est la première étape pour la Chine dans son programme spatial," a déclaré M. Zhang Qingwei, le deuxième responsable du programme spatial du pays.
Les prochaines tâches après Shenzhou V visent à développer les technologies assurant l'accostage entre le vaisseau et le module d'orbite, qui sera d'une importance vitale pour l'établissement des laboratoires spatiaux de Chine. Après cela, les experts chinois travailleront à développer davantage de véhicules efficaces et sûrs permettant de construire des stations spatiales qui aidera la Chine à explorer davantage l'espace cosmique.
EXPLOIRATION DE LA LUNE : « PROGRAMME DE CHANG E »
Selon l'Agence de la Navigation spatiale de même que M. Xie Mingbao, directeur du Bureau de l'Ingénierie spatiale habitée, la Chine a déjà fixé le Programme sur l'exploration de la Lune, baptisé « Programme de Chang E » en trois étapes approuvée par le gouvernement chinois il y a 10 ans.
Par suite de la mission réussie de Shenzhou V, notre pays continue à réaliser les objectifs suivants : promenade spatiale ; jonction de deux engins spatiaux ; établissements d'un laboratoire spatial. Et pour le vaisseau Shenzhou VI, il sera lancé dans un ou deux ans, a déclaré M. Xie en répondant à la question lors d'une conférence de presse.
Dans le même temps, la Chine souligne la vocation pacifique de l'utilisation de l'espace. Tout comme l'a indiqué Mme Zhang Qiyue, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères : Le vaisseau Shenzhou V portant les drapeaux de la Chine et des Nations-Unies, montre la volonté de notre pays de coopérer étroitement avec l'ONU et d'autre pays dans l'utilisation pacifique de l'espace. La Chine souhaite coordonner les efforts avec eux dans l'exploration spatiale sur un pied d'égalité. Elle désire se référer aux expériences acquises notamment par les Etats-Unis et la Russie ainsi que l'Union européenne pour développer les technologies spatiales et collaborer avec tout pays ou organisation qui la considère comme partenaire égal dans les intérêts mutuels.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne