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Français>>CultureMise à jour 22.12.2010 14h07
Beijing a-t-elle perdu son identité avec son développement? (4)

Les nouveaux standards socio-économiques

Une date importante a accéléré considérablement les travaux d'aménagement urbain à Beijing : l'organisation des Jeux Olympiques d'été en 2008.
Dans les années qui ont précédé, l'État chinois a investi des sommes considérables pour développer les infrastructures de la ville et lui donner le visage qu'elle a aujourd'hui. La construction des stades et équipements sportifs ne représentent d'ailleurs qu'une partie des travaux réalisés. En réalité, ce sont, entre autres, plusieurs lignes de métro, un nouvel aéroport, de nouvelles gares ferroviaires, la modernisation du réseau d'autobus, l'intégralité du réseau routier avec sa signalisation aux normes internationales, de nouveaux quartiers d'affaires, des centres commerciaux, la restauration de l'intégralité des monuments et sites touristiques classés et la construction de nombreux espaces verts qui ont été réalisés en seulement quelques années.

Pour autant, les hutong et les siheyuan n'ont pas complètement disparu. Dans la « Cité intérieure », Houhai, Gulou, ou Nanluoguxiang, par exemple, ont su s'adapter au tourisme. Certaines maisons abritent également des administrations, des entreprises ou des résidences privées. Au sud, dans la « Cité extérieure », certains quartiers ont été presque intégralement reconstruits selon la tradition architecturale d'origine, et nombre de siheyuan y ont été restaurés. Les maisons possèdent maintenant des équipements modernes et sont aussi confortables que des appartements. Bien sûr, les loyers ne sont plus accessibles au plus grand nombre, comme c'est généralement le cas dans ce périmètre de la ville, mais il est encore possible de vivre dans une maison traditionnelle à Beijing. Seule l'ambiance des hutong a changé, ou se transforme peu à peu. Les nouveaux habitants y sont généralement plus fortunés qu'il y a quelques années, surtout ceux du Sud.

Certaines rues comme Qianmen (autrefois réputée pour ses échoppes et magasins traditionnels) ont été entièrement reconstruites et accueillent à présent de nombreuses boutiques internationales, signe d'un goût prononcé des habitants pour la consommation. Les constructions sont de type traditionnel, mais on y retrouve à la fois l'ambiance d'un site touristique, et celle d'un centre commercial moderne. Cette reconstruction a fait perdre un peu de cachet (selon nous, Occidentaux) à ce quartier commerçant historique, berceau de nombreuses enseignes chinoises devenues célèbres au cours du temps. En revanche, sur le plan économique, nul doute que cette transformation est un succès.

Par ailleurs, il est intéressant de remarquer un nombre relativement important de bâtiments anciens rénovés ou reconstruits, plus isolés, qui font contraste avec les constructions beaucoup plus modernes du paysage urbain récent. Ils illustrent ce qui semble être une tendance actuelle, ou peut-être une prise de conscience : faire vivre les siheyuan, sans les transformer nécessairement en musées, en propriétés privées fermées au public, ou en attractions touristiques. Je pense tout d'abord à un restaurant, le Chun Yuan, situé près de la rue Chongwenmen. Il s'agit d'une construction récente, mais parfaitement réalisée dans le respect des matériaux et techniques traditionnelles, jusque dans les moindres détails de sa décoration. Il y a même des oiseaux, des poissons rouges et des grillons! On y déguste une cuisine raffinée, dans un cadre élégant, et surtout, on peut y apprécier le calme et l'impression de quiétude que procure ce type d'environnement.

À proximité immédiate se trouve la mosquée du Marché aux fleurs qui a gardé son usage d'origine, le temple du Génie du Feu, transformé en bibliothèque municipale, mais aussi le temple Long'an, construit en 1454, dans lequel se trouve le Centre pédagogique des sciences et technologies qui organise des activités pour la jeunesse locale. Un peu plus loin, dans la tour d'angle sud-est de l'ancienne muraille des Ming, vestige de l'architecture militaire de Beijing, se trouve une galerie d'art dont les bénéfices permettent en partie de financer des travaux de restauration.
En somme, tous ces exemples montrent qu'il est possible aujourd'hui à Beijing, de conserver et de transmettre le caractère du patrimoine culturel ancien aux générations futures, malgré un développement très rapide.


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Source: La Chine au présent

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