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Français>>TourismeMise à jour 14.06.2012 09h35
Les Chinois de La Réunion : « Retrouver la Chine par le voyage » (4)

Ne pas oublier la culture chinoise

« En tant que citoyens français, nous avons une nouvelle responsabilité d'encourager l'étude des civilisations chinoise et française pour promouvoir l'amitié sino-française et participer à la compétition mondiale. La culture chinoise, et surtout la pensée confucéenne, apprécie l'attitude responsable, tandis que la culture européenne préconise les idées novatrices. Si nous savons combiner ces deux pensées dans la vie, nous pouvons connaître de brillants succès ! », dit le médecin François Fock-Yee. C'est ce que font les Chinois de l'île, selon lui.

« À la Réunion, quand on pense ''cadeau'', on pense souvent à ''Universal'' ». Situé au centre-ville de Saint-Denis, le Studio Universal, une boutique de cadeaux, vend principalement des marchandises chinoises. Les commerces gérés par des Chinois à Saint-Denis sont nombreux, mais seul le Studio Universal reste florissant depuis son ouverture il y a 45 ans. La princesse Stéphanie de Monaco y a choisi un cadeau, attirée elle aussi par sa réputation.

Son propriétaire, Marcel Fock-Sun, septuagénaire, est souvent affairé dans le magasin. Il possède encore un hôtel quatre étoiles à La Réunion. Vigoureux malgré son âge, il présente avec joie son « secret de santé » : « Le travail, c'est la santé. Je vais partout. En particulier, je vais en Chine deux fois par an pour choisir des marchandises. Ce processus m'inspire beaucoup. »

Michel Chan-Liat, ancien maire adjoint de Saint-Denis, est médecin. Sa famille possède une grande usine de crème glacée à La Réunion. C'est aussi une famille vouée aux arts martiaux puisque tous ses membres, une dizaine, pratiquent le karaté.

François Chan-Liat, sixième frère cadet de Michel Chan-Liat, a été le plus jeune Français à obtenir la ceinture rouge 7e dan, au début des années 1990. Il a été aussi le seul de la région de l'océan Indien à remporter cette distinction. À ce jour, il a remporté cinq titres de champion de France, une troisième place en Europe et une quatrième au monde. C'est lui qui a fondé la première école de karaté de La Réunion, en plus de clubs d'arts martiaux. Sa soeur Marina Chan-Liat a été championne de France dans sept compétitions de karaté consécutives ; elle s'est classée deuxième en Europe et troisième au monde.

Quand on lui demande pourquoi la famille pratique les arts martiaux, M. Chan Liat se souvient que, dans son enfance, tous les samedis, il y avait beaucoup de jeunes à la porte du cinéma local et souvent, à cause de l'alcool, des bagarres éclataient ; les jeunes Chinois étaient parfois impliqués. C'est pourquoi son père a fait apprendre les arts martiaux à ses enfants — pour qu'ils puissent d'un côté se fortifier le corps, et de l'autre se défendre. Un entraîneur de karaté a donc été invité à venir de France pour leur enseigner. Depuis lors, tous les membres de la famille doivent apprendre le kung-fu.

Après plusieurs générations à La Réunion, les Chinois ne diffèrent pas tellement des Français par le langage et le comportement, même si on les reconnaît à leur apparence. Comme dans la famille de Chan Liat, la perception de la Chine qu'ont ces descendants de Chinois vient plutôt des aînés de la famille.

Cheung-Ah-Seung, âgé de 90 ans, est venu sur l'île à 15 ans. Dans la vie, il respecte la pensée confucéenne qui dit « Il est primordial de vivre en bonne entente ». Aujourd'hui, tous les membres de sa grande famille, soit sept familles, vivent ensemble sous un même toit. Parfois, 25 personnes sont assises ensemble pour le déjeuner. Pour Cheung-Ah-Seung, dans le commerce, il faut traiter tout le monde sans discrimination ; à la maison, les enfants doivent respecter leurs aînés et s'entraider. Si les membres de la famille conjuguent leurs efforts pour surmonter les difficultés, tout le monde pourra connaître un meilleur développement personnel, selon lui.

« Dans mon enfance, mon père m'a dit : ''Chaque matin, en me regardant devant le miroir, c'est un visage chinois que je vois, pas américain, ni français''. C'est en suivant les enseignements du père que nous avons commencé à étudier la culture chinoise. Nous apprenons à comprendre la Chine par les livres, et les voyages nous mène à la recherche de notre identité chinoise», dit Jerry Ayan, le président de la Fédération des associations chinoises de La Réunion. Sa remarque vaut aussi pour d'autres Chinois sur l'île.


*TANG MANLI est directrice générale de Beijing Feihe Culture Communication Co., Ltd.


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Source: La Chine au présent

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