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| Howard Goldblatt, un célèbre traducteur de littérature chinoise |
Shelley Chan : Mo a admis avoir été influencé par William Faulkner et Gabriel Garcia Marquez. Le lecteur pourra trouver des éléments particuliers de ces deux écrivains dans les œuvres de Mo, comme le fait que les histoires se passent dans une petite ville, une imagination très riche, et même un style de réalisme magique.
Question : Mo est peut-être l'auteur contemporain chinois le plus connu en Occident, grâce au travail acharné des traducteurs. Beaucoup d'autres auteurs chinois pourraient avoir une chance d'obtenir des prix littéraires internationaux, avec davantage de soutien financier de la part de la Chine.
Howard Goldblatt : N'oubliez surtout pas que Mo a des traducteurs de talent dans de nombreux pays, notamment le Japon, la France, l'Italie et l'Allemagne, et ils ont puissamment contribué à sa renommée internationale.
La Chine a été en retard en ce qui concerne l'encouragement et le financement des traductions littéraires dans les pays étrangers par des locuteurs originaires de ces pays. Les États-Unis, certains pays européens et le Japon financent activement les traductions littéraires et font des efforts pour qu'ils arrivent entre les mains des lecteurs locaux. La Chine devrait faire beaucoup mieux que ce qu'elle a fait jusqu'à ce jour.
Shelley Chan : Je pense que vous (Liu Jun) avez raison. Shi Tiesheng, par exemple, un de mes écrivains préférés, mérite certainement plus d'attention internationale.
Question : En général, comment est payée la traduction de romans chinois ?
Howard Goldblatt : J'ai traduit des romans pour rien (et un peu plus souvent que je le devrais, j'en ai bien peur), et l'éventail des rémunérations est considérable.
C'est toujours une lutte pour recevoir une compensation adéquate pour un travail qui exige de la formation, du talent et beaucoup de temps (une traduction intégrale digne de ce nom demande facilement jusqu'à six mois ou plus). La plupart du temps, les éditeurs ne peuvent pas et ne paieront pas un traducteur à sa juste valeur, et c'est là que les organismes de financement extérieurs entrent en jeu. La concurrence pour le financement est féroce, comme vous pouvez l'imaginer.
Pour moi, c'est d'abord, et avant tout, l'amour de ce que je fais, de la belle écriture, et (c'est peut-être pervers) voir les résultats de ce travail dans un livre dont les effets sur les gens que je ne rencontrerai jamais me resteront pour ainsi dire inconnus.
Question : Que pensez-vous que l'attention que les Chinois accordent au Prix Nobel de littérature ?
Howard Goldblatt : Je n'ai pas de problème avec ce prix ; c'est l'obsession populaire à ce sujet que je trouve discutable. Pour les peuples de pays comme la Chine et la Corée du Sud, ce prix est devenu un critère de reconnaissance nationale en cas de succès, et de mépris national en cas d'échec. Comprenez bien que c'est un prix individuel pour l'ensemble de l'œuvre d'un écrivain (ou poète). Je sais, ce n'est pas comme ça que beaucoup de gens le voient, mais... c'est vraiment ça pourtant !
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