100 chansons patriotiques/Edition du week-end/Notre site/Archives/

 
FrançaisMise à jour 30.03.2010 13h58
Les éditeurs chinois invitent les participants au 30e Salon du livre de Paris à la 17e Foire du livre de Beijing


La mascotte du Salon du livre de Paris
A sa 30e édition, le Salon du livre de Paris arrive à une conclusion : trop cher, trop grand, trop fourre-tout. Lancé en 1981, sous la présidence de François Mitterrand, le Salon du livre de Paris possédait seulement deux principaux groupes d'édition dominateurs : Hachette et le Groupe de la Cité. Aujourd'hui, c'est 1 000 éditeurs, qui sont dispatchés sur 400 stands du Centre d'Expositions de la Porte de Versailles, et les visiteurs, qui seraient près de 220 000, s'y sentent un peu perdus. « Je regrette les temps des débuts du Salon, lorsqu'il était encore au Grand Palais (au centre de Paris) et ne faisait que 3 salles », - raconte Jacques, un ancien libraire, perdu dans son plan de l'exposition. Il est vrai qu'en France, les enjeux pour les éditeurs n'ont jamais été aussi importants, avec l'apparition des tablettes de lecture numériques. Aujourd'hui, le livre en France n'est plus très populaire, avec seulement 6% des 18-30 ans qui lisent, selon le sociologue Olivier Donnat. « Il y a un malaise au Salon parce qu'il reflète le marché », reconnaît Bertrand Morisset, le commissaire général de l'exposition. « Le Salon sert aussi d'exutoire, à régler des comptes », confie-t-il à l'AFP. « Mais il répond à de très fortes attentes, notamment celles des petites maisons d'édition ».

Pas seulement. Les éditeurs étrangers ne font évidemment pas la concurrence aux exposants français, mais depuis quelques années, leur présence est plus ressentie. L'année de la Russie et de la France oblige, c'est la Russie qui était très représentée, avec un stand de 300 m² et des conférences régulières, où les traducteurs français des livres russes parus récemment sont en vedette. Par ailleurs, 30 auteurs étrangers, originaires des différents pays ont été invités à l'événement. Parmi eux - deux prix Nobel : Imre Kertéscz, l'écrivain hongrois récompensé en 2002 et Doris Lessing, romancière britannique, récompensée en 2007. Des auteurs chinois, dont les ouvrages ont été traduits en français ont également été de la partie pour dédicacer leurs livres et discuter avec les lecteurs. Il s'agit de l'écrivain Yan Lianke (阎连科) invité par la maison d'édition « Piquier » et d'un auteur de contes pour enfants taïwanais, Yeh Chun Liang, dont le livre « Un ami pour Lucas » est paru récemment chez « HongFei Cultures », une maison d'édition des livres illustrés pour enfants.


Stand de China National Publications et de Youfeng
La Chine était présente à l'événement avec un seul stand, sur lequel on lisait « China National Publications ». Ce petit stand est le résultat de collaboration entre China National Publications Import & Export (Group) Corporation (CNPIEC) et la librairie chinoise Youfeng de Paris.

Comme l'a indiqué Zhao Wei, employée de CNPIEC et chargée de projet pour l'organisation de la Foire du livre de Beijing, qui aura lieu dans la capitale chinoise entre le 30 août et le 3 septembre prochain au Centre international des expositions, le groupe de publication chinois participe au Salon du livre de Paris pour la 12e année consécutive déjà. La CNPIEC – c'est une association de plusieurs maisons d'édition chinoises, chargée de promouvoir des livres chinois à l'étranger. Avec l'aide de Youfeng, l'une des plus grandes librairies chinoises de Paris, fondée en 1970, qui est elle-même éditeur, le groupe de publication CNPIEC a réuni plus d'une centaine d'ouvrages, dont la plupart sont traduits en français. Les livres proposés à la vente traitent des sujets qui tournent autour de la culture chinoise. « Les lecteurs français préfèrent surtout tout ce qui touche au confucianisme et le fengshui », a ajouté Zhao en riant.

Les lecteurs sinophones, qui vivent à Paris sont également une catégorie visée par le distributeur chinois. « La plus grande communauté chinoise d'Europe vit à Paris, c'est aussi une des raisons pour laquelle nous sommes ici », a indiqué Zhao Wei.

Le groupe CNPIEC a préparé une sélection de livres des différentes maisons d'édition partenaires, notamment la maison d'édition du Zhejiang (浙江出版社), les éditions du Phoenix (凤凰出版社), la maison d'édition de la littérature et de l'art de Shanghai (上海文艺出版社)et les éditions de science et de technologie du Jiangsu (江苏科学技术出版社). La sélection des livres va des nouvelles de Bing Xin et de Luxun, aux livres de Shen Shiyan (沈石岩), Zhang Wenhua (张文华)et les contes de Tolstoï pour enfants, traduits du russe en chinois.


Stand de China National Publications et de Youfeng
, qui possède deux librairies à Paris, ce sont surtout des dictionnaires linguistiques, des livres de calligraphie et des ouvrages historiques, qui étaient à l'honneur. Un livre très épais était mis en évidence sur le stand : celui de Charles Meyer, qui s'appelle « Histoire des français en Chine » (1698-1939). Selon une représentante anonyme de Youfeng, ce genre d'événement, c'est une première pour la librairie, car ils ne participent pas aux foires littéraires d'habitude.

Quant à la CNPIEC, le groupe profite de sa présence au Salon du livre de Paris pour tenter de nouer des liens avec des éditeurs et certains auteurs français, qui seraient intéressés de collaborer avec des maisons d'édition chinoises. Mais Zhao Wei a vite ressenti le malaise qui plane sur le Salon du livre cette année. « Il semblerait que les éditeurs français sont moins enthousiastes pour collaborer, comparé à nos collègues allemands ou italiens. Et c'est un peu dommage, car à l'origine, nous avions beaucoup de choses en commun ». Effectivement, en vantant les avantages du Salon du livre de Paris, un événement d'une grande ampleur au niveau européen, les exposants ne font pas toujours attention aux opportunités qui leur sont proposés. Car la 17e Foire du livre de Beijing promet d'être également un événement de taille : 2146 stands, 1134 exposants étrangers, issus de 56 pays, 628 éditeurs chinois et 200000 visiteurs attendus cette année.

Il ne reste plus que 2 jours avant la fermeture du Salon du livre de Paris, qui fermera le 31 mars, et la formule « des trois cibles » mise en avant par le commissaire général du salon Bertrand Morisset, « mélanger le grand lecteur, les professionnels et les familles qui viennent découvrir le monde des livres », ne prend pas vraiment. « Les lecteurs sont venus pour écouter des discussions littéraires, et au lieu de cela, ils sont conviés à une conférence sur le marketing de l'édition », entend-on râler dans la foule à la sortie du salon. Une leçon, de laquelle les collègues étrangers, espérons le, sauront tirer profit.


Eugène Zagrebnov

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
L'économie chinoise continue à connaître une croissance vigoureuse
Le vice-président chinois rencontre le président du parti au pouvoir du Botswana
Y a t-il un danger que la Chine oublie le passé ?
Qu'est-ce que la Chine peut apporter à l'Afrique ?
Des entreprises chinoises empêchées d'investir aux Etats-Unis : un nouveau rideau de fer pour garantir la « sécurité de l'Etat » ?
La Chine a besoin de développer ses propres marques
Combien de temps la Chine pourra-t-elle rester un pays compétitif?