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FrançaisMise à jour 03.08.2010 14h47
Shanghai Expo 2010 en deux soirées

Le 184e jour de l'Expo 2010 de Shanghai vient de s'écouler. Temps de faire un bilan intermédiaire pour les responsables de l'exposition, et l'opportunité de venir à Shanghai voir enfin cet événement de ses propres yeux sans se presser pour les touristes. « Pas la peine donc que vous fassiez un article dessus » - m'annonce par QQ Wang Baocheng, le rédacteur en chef de la section « Nouvelles » du journal New Culture View (新文化报), l'un des principaux quotidiens de Changchun (province de Jilin). Effectivement, l'euphorie médiatique de l'ouverture ayant passé, l'Exposition Universelle de Shanghai a l'air moins difficile d'accès avec une légère baisse de fréquentation, causée par la chaleur qui s'est abattue sur la ville et les départs massifs des citadins en vacances, vers une ambiance moins stressante. Ceci étant, on est pile poil à la moitié de l'objectif attendu de 70 millions de visiteurs, selon Hong Hao, le directeur général du Bureau de coordination de l'Exposition Universelle de Shanghai. Dans une conférence de presse tenue récemment il a également nié les rumeurs concernant l'engagement forcé des étudiants et des employés des entreprises publiques pour venir voir l'Exposition. Il faut noter qu'il ne peut plus faire marche arrière : il a promis publiquement de battre le record de fréquentation de l'Exposition Universelle d'Osaka en 1970, qui a attiré au total 64 millions de visiteurs.

En tous les cas pour moi le timing était parfait. Et malgré le refus des autorités consulaires françaises de collaborer, on peut dire que la mission fut quand-même accomplie. Une dizaine de pavillons en deux soirées grâce aux billets nocturnes, qui permettent d'entrer sur le site de l'exposition après 17 heures pour 90 yuans.


Pavillon de France

J'ai du mal à partager l'optimisme de Franck Serrano, le directeur du pavillon de la France sur les pages du journal China Daily concernant la fréquentation de son pavillon. Il parle de l'augmentation de la fréquentation, mais il semblerait que la réalité est tout autre : 35 minutes dans la file d'attente pour accéder au pavillon de la France avec seulement 15 minutes passés dans la queue. En comparaison avec la Corée du Sud, la Russie ou la Chine, qui à 21 h proposaient toujours aux visiteurs d'attendre 2 à 3 heures, la France fait plutôt pâle figure question nombre de visiteurs. Annoncé en fanfare, le pavillon français fait ressentir une relative crise du genre, surtout en contraste avec les pavillons des pays asiatiques. Ce qui impressionne évidemment, ce sont les fameux jardins suspendus, dont on parlait beaucoup et l'architecture du pavillon en soi, plutôt originale. Sinon, la démonstration du robot développé par Aldebaran Robotics, reste aussi un des aspects les plus bluffants de la visite. Les sept chefs d'œuvre prêtés par le Musée d'Orsay, à savoir une sculpture de Rodin et six tableaux : L'Angélus de Millet, Le Balcon de Manet, La salle de danse à Arles de Van Gogh, La Femme à la cafetière de Cézanne, Les Bananes ou Le Repas de Gauguin et La Loge de Bonnard impressionnent évidemment, mais laissent les visiteurs tout de même perplexes : la France, n'aurait-elle rien de plus récent et moderne à montrer? C'est sans doute la tentative d'attirer l'attention des visiteurs - pour la plupart chinois – sur l'aspect « romantique » et « culturel » de la France qui est un point faible du pavillon. Les Chinois regardaient d'une manière dissipée les écrans sur lesquels l'actrice Jeanne Moreau embrasse Yves Montand. « Brigitte Bardot ? Marillon Cotillard ? »– se questionnaient les visiteurs en regardant l'écran. La seule chose, sur laquelle les touristes étrangers et chinois étaient bien d'accord, c'est que le pavillon de la France est très joli, mais assez vide à l'intérieur. Les rares employés français du pavillon fuyaient la foule, et les seuls à être d'accord de se faire prendre en photo furent leurs collègues chinois.

Aldebaran



Carte Wallonie-Flandre

Le pavillon de la Belgique mettait bien à l'honneur tout ce qui était représentatif de ce pays – à commencer par le roi Albert II et à terminer par le directeur du pavillon, accessible, souriant et de bonne humeur. En revanche questionnés à la sortie, les touristes peu familiers avec la Belgique et sa fédéralisation n'ont pas vraiment compris ce qu'est la Flandre et la Wallonie. Apparemment les organisateurs n'ont pas voulu attirer l'attention des visiteurs sur l'antagonisme politique posé par les deux régions en misant sur la carte de la réunion de l'Europe, surtout que ce pays a pris la présidence du Conseil de l'Union Européenne depuis le 1 juillet de cette année… Quant aux relations sino-belges, elles semblent être au beau fixe. Les statuettes représentant un Schtroumpf chinois serrant la main à un Schtroumpf belge partaient comme des petits pains pour 100 yuans la paire…


cochon en bois (pavillion ukraine)

Je n'ai pas eu le courage de rester dans la file d'attente devant le pavillon de la Russie, où il fallait rester deux heures au moins, même en fin de soirée. Du coup, je me suis rattrapé avec les pays de la CEI. Pas loin de la Russie, il y a le pavillon de l'Ukraine, où l'on entre assez facilement. Petit pavillon pour un petit pays, avec un personnel ukrainien radieux, du bortsch et quelques autres spécialités culinaires à déguster absolument (sauf les desserts, car ils sont de fabrication chinoise). Un stand de vente d'objets de fabrication artisanale à la sortie fut la dernière étape du petit circuit ukrainien. Parmi les objets vendus – le cochon en bois était la vedette. Cet animal est l'un des animaux préférés des Ukrainiens. Non pas parce qu'il porte bonheur, mais parce que les Ukrainiens aiment manger le lard du cochon et en ont fait leur spécialité nationale. « En voyant un pavillon d'un pays qu'on ne connait pas, on se fait tout de suite une idée sur ce pays en fonction de l'accueil et les événements que ce pavillon propose », - me lance un visiteur chinois avec un fort accent du sud. « Et pour l'Ukraine : aucun événement marquant, mais une ambiance de fête et une grande animation. Ça valait le coup de le visiter ! ».

La Turquie a décidé de miser sur l'histoire des relations sino-turques et la gastronomie. Un café turc servi avec le kebab m'ont donné suffisamment de courage pour attendre ensuite 3 heures devant le pavillon du Japon. Un ami turc me disait qu'une tasse de café en Turquie équivaut à 10 expressos. Et si vous avez de la chance, une voyante viendra lire dans le marc de votre café. Elle m'a promis un mois d'août plein d'aventures. Ca commence déjà bien…


robot Mitsubishi

L'effervescence ne s'arrête pas autour des pavillons de la Corée du Sud et du Japon dans la zone où sont regroupés les pavillons des pays asiatiques. Même à deux heures de la fermeture de l'Expo, les files d'attente restent longues. N'ayant pas le temps de visiter les deux pavillons, j'ai opté pour le Japon, et j'étais complètement conquis. Visiter le pavillon japonais, ce n'est pas uniquement voir les robots développés par Mitsubishi jouer du violon ou participer à des expériences optiques avec la caméra Canon la plus précise au monde. Les Japonais ont prévu tout un programme d'animation qui dure une demi-heure et qui va certainement convaincre les spectateurs les plus sceptiques à visiter ce pays. Dommage qu'on n'arrive pas à discuter vraiment avec les employés du pavillon : ils sont trop occupés à organiser les événements et à gérer le déplacement de la foule. Le temps qu'on peut rester dans chaque section du pavillon est réglementé, et s'il est écoulé, il faut passer à la section suivante.


On fait la queue dana le pavillon de Chine.

Pour le pavillon de la Chine, je ne vais pas entrer dans les détails, précisant juste que j'étais bluffé par ses dimensions, le nombre d'objets qui y sont exposés, la parfaite fidélité des thèmes du pavillon à la devise « Better city, better life » («Une ville meilleure, une vie meilleure »), qui sert de leitmotiv de l'Exposition Universelle. Il y a toujours beaucoup de visiteurs devant le pavillon, mais le temps d'attente est moins long que pour la Corée du Sud.

A mon grand regret, je n'ai pas pu voir les pavillons de la Russie et de la Corée du Sud – les incontournables selon plusieurs personnes que j'ai rencontrées à l'Exposition. Une prochaine fois, j'espère. Enfin, un petit tuyau si vous vous comptez venir à l'Expo de Shanghai à plusieurs : vous pouvez laisser une personne dans la file d'attente et aller voir des pavillons des environs pour ne pas perdre de temps. Si vous leur expliquez la situation, les vigils chargés de surveiller les queues vous laisseront rentrer dans la file retrouver la personne que vous y avez laissée. Bonne visite et ne restez pas trop au soleil !

Eugène Zagrebnov

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
la copine de messi je taime boucoup love je taime
Bonjour,J'ai fait mieux en Aout sur 3 jours et avec des billets pris à l'avance et dans le...
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