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Français>>EnvironnementMise à jour 05.12.2011 10h14
Les tigres sauvages risquent de disparaître de la Chine d'ici vingt ans

Les derniers tigres de Sibérie vivant à l'état sauvage dans les Nord-Est de la Chine pourraient disparaître d'ici quelques dizaines d'années, le braconnage et l'abattage illégal continuant à faire des ravages, ont averti des experts.

Des recherches conduites par les autorités chinoises et le World Wide Fund for Nature (WWF) ont découvert que l'animal est déjà une des espèces animales les plus menacées sur terre.

Lors des 70 dernières années, la population estimée de tigres de Sibérie, ou tigres de l'Amour, s'est effondrée de 300 à à peine 18 ou 22.

« Si le Gouvernement ne prend pas des mesures efficaces, on peut prédire que ces créatures risquent de disparaître de la Chine d'ici dix à vingt ans », a dit Zhu Chunquan, Directeur de la protection de la biodiversité et des opérations au bureau de Beijing du WWF.

« Le braconnage des animaux sauvages, qui constituent la source principale de nourriture des tigres, est la plus grande menace pour leur survie », a t-il dit, ajoutant que les abattages extensifs qui ont lieu dans les provinces montagneuses du Heilongjiang et du Jilin ont également réduit massivement leurs habitats naturels.

Depuis 1996, quand la chasse des animaux sauvages a été interdite dans les deux provinces, les autorités ont remarqué une forte hausse du braconnage à l'aide de collets en fil de fer.

M. Zhu dit que ces pièges peuvent être facilement acquis dans les petites boutiques situées à proximité des zones boisées, et qu'ils sont surtout utilisés pour capturer des cerfs rouges, des cerfs sika, des sangliers et des chevreuils, que les tigres de l'Amour chassent pour se nourrir.

« Il y a encore dix ans, on voyait encore des chevreuils quand on roulait en zone boisée », dit Cao Zhiquan, Directeur de la Ferme Forestière Qiyuan, à Dongfanghong, dans le Heilongjiang. « Maintenant, même voir ne serait-ce qu'un écureuil est rare ».

Les pièges sont aussi un gros risques pour les tigres eux-mêmes. Ainsi, en octobre dernier, un tigre de Sibérie a été retrouvé mort avec un collet autour de son cou, près d'un réservoir à Mishan, dans le Heilongjiang. Les experts de la vie sauvage disent que l'animal n'est pas mort sur le coup par strangulation, mais qu'il est mort de faim après plusieurs jours.

Une enquête du WWF sur les habitats des tigres sauvages dans le Heilongjiang et le Jilin a montré qu'il y avait en moyenne 1,6 piège tous les dix kilomètres.

« Des volontaires du WWF organisent des campagnes pour retirer les pièges chaque année, mais nous avons progressivement accepté le fait que nous ne pouvons pas retirer tous les pièges nous-mêmes », a dit M. Zhu. « Pour protéger efficacement les tigres, nous devons insister auprès de davantage de personnes pour qu'elles arrêtent de manger des animaux sauvages. Cela dit, ce n'est pas quelque chose qui peut se faire sur une courte période de temps ».

Tout comme le braconnage, les abattages illégaux ont pris de l'importance depuis que le Gouvernement a imposé des restrictions, avec l'interdiction totale de l'abattage des forêts sauvages depuis 2000.

L'Administration Forestuère d'Etat de la Chine a dit que du fait de contraintes techniques et d'un mauvause gestion, la plupart des réserves de tigres de Sibérie sauvages, comme celle du Mont Wanda dans le Heilongjiang, manquent toujours de systèmes de surveillance efficaces.

De plus, ces réserves manquent souvent de personnel et ne possèdent pas assez de personnes ayant des connaissances suffisantes sur la protection des tigres.

Pour protéger les espèces de tigres précieuses, les experts appellent à davantage de coopération internationale, et en particulier entre la Chine et la Russie.

On estime qu'il y a au total 500 tigres de Sibérie sauvages qui vivent dans l'Extrême-Orient russe et dans le Nord-Est de la Chine, mais la construction d'infrastructures a fragmenté les populations.

« Les clôtures de frontière, parfois hautes de deux mètres, sont un gros obstacle pour les tigres qui souhaitent passer », dit M. Zhu, ajoutant que le WWF cherche à aider la Chine et la Russie à protéger et à restaurer les liens entre les habitats des tigres. « Ce faisant, des centaines de tigres de Sibérie sauvages de Russie pourront passer en Chine, ce qui aura pour résultat la naissance de davantage de petits ».

Ce spécialiste de la protection dit que les deux pays devraient essayer de conclure des accords pour utiliser des dispositifs d'enregistrement le long des frontières, plutôt que des clôtures.

« Nous luttons pour que la population de tigres de Sibérie sauvages de Chine double à l'horizon 2022, mais pour cela, il faut plus de coopération internationale », a dit M. Zhu.

L'Administration Forestière d'Etat a dit que la Chine porte une grande attention à la coopération internationale et à la protection des tigres, et elle a promis davantage de projets conjoints.

La Chine a d'ailleurs conclu des accords avec l'Inde et la Russie sur la protection des tigres, tandis qu'une série de mesures, comme des enquêtes sur les habitats et des échanges d'informations, ont été mises en oeuvre avec d'autres pays et organisations internationales.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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