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Français>>EnvironnementMise à jour 07.12.2011 10h25
Après Durban, on ne peut s'attendre qu'à avoir plus chaud encore...

Personne ne doit s’attendre à voir le moindre progrès réel sortir de la Conférence de Durban sur le changement climatique.

En tant que dernière Conférence des Nations Unies sur le changement climatique avant l’expiration du Protocole de Kyoto en 2012, la conférence actuellement en cours à Durban, en Afrique du Sud, porte les espoirs que tous les habitants du monde entier assumeront leurs responsabilités quant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Cependant, une nouvelle récession économique mondiale depuis le début de cette année, le fort taux de chômage aux Etats-Unis, le risque croissant d’effondrement de l’Euro dans un contexte de crise de la dette dans certains pays de la Zone Euro, qui ne cesse de s’aggraver, et les troubles politiques qui persistent dans le monde entier, tout cela a jeté une ombre profonde sur les perspectives de la Conférence de Durban.

La clé du succès de la Conférence de Durban dépend du fait que les pays participants puissent trouver un accord sur une deuxième période d’engagement de l’actuel Protocole de Kyoto en cours. Cela jetterait les fondements pour toute négociation ultérieure sur le changement climatique. Faute de quoi, toute action concrète ou toute réduction d’émissions sera tout simplement hors de question. Ne pas réussir à se mettre d’accord sur une deuxième période d’engagement équivaudrait tout simplement à l’abandon du Protocole de Kyoto et aurait des effets négatifs à long terme significatifs sur la moindre discussion internationale sur le changement climatique.

Jusqu'ici, une majorité de pays de l'annexe 1 - principalement les pays industrialisés - n'ont pas entièrement honoré leurs engagements de réduction des émissions comme l’exigeait la première période d'engagement du protocole. Dans ce contexte, ne pas réussir à se mettre d’accord sur une deuxième période d'engagement aura pour conséquence l'absence d'un document légalement contraignant, qui imposerait à toutes les parties de continuer à honorer leurs engagements non encore achevés dans les années à venir.

La Conférence de Durban devrait également essayer de prendre des mesures substantielles en faveur de fonds de garantie pour aider les pays pauvres à faire face au changement climatique, à transformer leur mode de croissance économique et à s'embarquer sur une voie de développement vert et à faible teneur en carbone. Les pays en voie de développement ont souligné à de nombreuses fois qu'ils ont besoin chaque année d'une quantité croissante de fonds pour pouvoir aller dans ce sens. Les pays développés devraient également prendre quelques dispositions institutionnelles pour aider les nations petites et pauvres qui ne possèdent pas sufisamment de capacité politique, économique et systématique, pour pouvoir suivre un chemin de développement vert et à faible teneur en carbone.

Ces dernières années, les pays développés ont accentué leurs demandes auprès des pays en voie de développement pour que ceux-ci jouent un plus grand rôle dans la réduction des émissions globales de gaz à effet de serre. Les données prouvent qu'en 1990, les nations industrialisées étaient responsables de plus de 70% des émissions de gaz à effet de serre du monde, mais que leur proportion avait diminué à 50% en 2010. On s'attend à ce que la part des émissions mondiales de gaz à effet de serre des pays en développement grimpe jusqu'à 70% entre 2040 et 2050. Cependant, la plus grande proportion des émissions des pays en voie de développement ne changera pas le fait que leur volume d'émission par habitant restera bien en deçà de celui de leurs homologues développés.

Jusqu'ici, les pays en voie de développement majeurs tels que la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud ont élaboré leurs propres programmes pour de nouvelles réductions d’émissions, en contraste important avec le mépris affiché par les pays développés envers les règles internationales de base sur le changement climatique et leurs appels incessants aux pays les moins développés pour que ceux-ci assument de plus grandes responsabilités internationales, disproportionnées face à leur niveau de développement actuel.

La position des pays développés est que tous les pays devraient se conformer à la convention-cadre de l'ONU sur le changement climatique et utiliser ce document légalement contraignant pour réglementer leurs activités en vertu du principe de « responsabilités communes mais différenciées ».

Toute une série d'incertitudes laissent à penser qu'il n'y a guère de possibilités qu'un accord légalement contraignant soit conclu, qui enjoigne aux pays développés de prendre plus de responsabilités dans la réduction des émissions de gaz à effets de serre. Il est plus probable qu'un document non légalement contraignant sera signé lors de la Conférence de Durban, tout comme cela fut le cas lors de la conférence de Copenhague, tout en laissant toutes les questions-clés en suspens jusqu’à la prochaine réunion.

L'auteur est consultant émérite dans le domaine du changement climatique et de l'énergie au Conseil de Défense des Ressources Naturelles, un groupe de défense de l'environnement situé à New York.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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