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Français>>EnvironnementMise à jour 14.03.2012 09h54
La promotion des véhicules verts commence à payer
Les nouvelles voitures électriques exposées chez Jiading Auto City, à Shanghai. [China Daily]

Malgré les doutes persistants des consommateurs au sujet de la technologie et du côté pratique des véhicules électriques, le Gouvernement chinois et les constructeurs automobiles chinois persistent dans le développement des voitures vertes.

Les acheteurs de voitures hybrides, qui fonctionnent grâce à une combinaison de batteries et de moteurs conventionnels, ont droit à une subvention directe du Gouvernement Central de 5 000 Yuans (790 Dollars US) par véhicule, tandis qu'un remboursement sur le prix d'achat -jusqu'à hauteur de 60 000 Yuans- est offert aux acheteurs de véhicules alimentés par batteries.

A part les incitations gouvernementales, les constructeurs automobiles cherchent aussi à attirer les acheteurs potentiels de leurs voitures alternatives avec un entretien gratuit et toute une gamme de services personnalisés.

Ces efforts combinés pour favoriser les voitures plus vertes sur les routes chinoises commencent à porter leurs fruits. Selon une enquête menée par l'Association Chinoise des Constructeurs Automobiles, 8 159 voitures hybrides et électriques ont été vendues en 2011. Tout ensemble, il y a aujourd'hui plus de 10 000 véhicules verts sur les routes de Chine.

Le taux de conversion d'énergie des véhicules électriques est en général supérieur de 46 % à celui des voitures à moteurs à combustion interne, et ces véhicules ont un potentiel de réduction des émissions de dioxyde de carbone allant jusqu'à 68 %, selon Raymond Tsang, associé chez Bain and Company.

La majorité des premières personnes converties aux voitures vertes sont des jeunes employés des grandes villes et ayant fait des études supérieures. Ainsi de Zhao Yu, employée de bureau âgée de 30 ans qui travaille chez Shanghai International City Automobiles, à Jiading, un quartier de la municipalité de Shanghai, a acheté une voiture hybride de fabrication chinoise, de marque BYD « pour afficher mon soutien à la réputation de mon quartier en tant vitrine du pays pour l'efficacité énergétique des voitures ».

Jiading, qui abrite la société Shanghai Automotive Industry Corporation (Group), l'un des plus grands constructeurs automobiles chinois, se considère comme un terrain d'expérimentation approprié pour populariser l'utilisation des véhicules propres.

Toutes les promotions qui ont été faites ont fini par rendre Mme Zhao mal à l'aise chaque fois qu'elle conduisait sa berline à l'apparence sinistre et massive, grosse consommatrice d'essence et terriblement polluante, pour aller travailler tous les jours. Comme pour se repentir, elle a dépensé 160 000 Yuans en avril de l'année dernière pour acheter le nouveau modèle hybride de chez BYD, la F3DM, pour aller travailler et afficher sa conscience écologique.

À sa grande surprise, l'achat de cette voiture lui a apporté des avantages qui lui donnent l'impression d'être un enfant choyé. Pour commencer, elle a bénéficié de près de 40 %, ou 60 000 yuans, de remise de la part des gouvernements central et local sur le prix d'achat de sa voiture hybride. De plus, elle a appris qu'elle pourrait profiter de la recharge gratuite de ses batteries dans les stations qui fleurissent un peu partout, installées à titre gracieux par le Gouvernement du district de Jiading.

« Je suis toujours sur le choc de l'achat et de la conduite d'une voiture hybride », dit-elle. Mais les nombreuses incitations ont fait disparaître tous les doutes précédents qu'elle avait eus au sujet du sens économique de l'achat de ce genre de véhicule. « Je me sens comme une des rares élues », a-t-elle dit. Cette sensation, a-t-elle ajouté, « me rend très fière de ma décision ».

La F3DM de Mme Zhao possède une autonomie de 150 kilomètres en mode hybride, suffisante pour faire le trajet quotidien aller-retour de son domicile vers son bureau. « Je n'ai aucunement besoin de m'inquiéter d'un manque de courant au milieu de nulle part », dit-elle.

En mode électrique, les batteries autorisent jusqu'à 90 minutes de conduite, ou 80 kilomètres, avant que le moteur à essence ne prenne le relais. « J'ai seulement besoin de recharger les batteries une fois par jour, lorsque j'arrive à mon travail », a dit Mme Zhao.

Point positif, a-t-elle ajouté, sa voiture est souple et silencieuse. Qui plus est, elle économise un peu sur les frais de carburant, par rapport à son autre voiture, qu'elle n'utilise dorénavant que pendant les week-ends.

« Mais le manque de stations de recharge en dehors de Jiading rend impossible l'utilisation de ma voiture hybride ailleurs que pour aller au bureau », dit-elle dans un soupir. Sinon, dit-elle, « j'aurais déjà vendu ma vieille voiture en moins de temps qu'il ne faut pour le dire ».

La stratégie de la Chine pour développer des voitures à énergies nouvelles a gagné un terrain conséquent sur de nombreux fronts. Lorsque les importations de charbon ont commencé à dépasser les exportations en 2009, le Gouvernement a pris conscience de la nécessité urgente de réduire la dépendance du pays envers les combustibles fossiles et a lancé une campagne visant à élargir l'utilisation des sources d'énergie alternatives.

La Chine est également confrontée au défi de la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans tous les secteurs de son économie. Un des sujets qui a soulevé une grande inquiétude réside dans les émissions causées par la croissance exponentielle du nombre de voitures dans les nombreux quartiers urbains devenus tentaculaires. En conséquence, l'accent a été mis sur le développement des voitures vertes pouvant être largement acceptés par les consommateurs.

Sur le front politique, le développement de l'industrie des véhicules électriques a été défini comme une priorité du Ministère des Sciences et Technologies depuis 2001. Le résultat, le « projet 863 de véhicules à propulsion électrique et à piles à combustible », un plan de développement high-tech de niveau national, a reçu un investissement initial de 800 millions de Yuans, a dit Wang Tianwei, Directeur des politiques au département de coordination des politiques de Jiading Auto City.

Sur le plan réglementaire, le Ministère de l'Industrie et des Technologies de l'Information et la et la Commission Nationale du Développement de la Réforme ont adopté au moins 20 nouveaux règlements lors des dix dernières années pour réglementer et encourager une utilisation plus large des voitures hybrides et électriques.

Ces efforts combinés ont porté sur toute une série d'incitations fiscales pour les fabricants ainsi que des subventions à l'achat pour les clients. L'objectif initial était de faire de la Chine un leader mondial dans le secteur des véhicules électriques en mettant 500 000 unités sur la route à l'horizon 2011. Mais, freiné par des contraintes technologiques et la coordination des politiques, le délai a été prolongé jusqu'en 2015.

Les pionniers du véhicule électrique, comme SAIC, Chery et BYD Motors ont fait part de leur engagement envers le développement des technologies des véhicules électriques. SAIC, par exemple, prévoit d'introduire la Roewe E50, un véhicule tout électrique comprenant les dernières technologies d'ici la fin 2012.

Cette voiture, qui ne produit aucune émission, aura une autonomie de 120 kilomètres en charge complète, contre 80 km environ pour les modèles actuels.

Selon Hu Maoyuan, Président de la SAIC, la E50 est « le résultat des efforts de l'entreprise », qu'il a décrits comme un exemple de « l'innovation locale ». La société détient le brevet et les droits sur toutes les technologies-clés qu'elle a développées pour ce projet.

Mais il est toutefois certain aussi qu'il y a encore de nombreux obstacles à surmonter avant que les voitures hybrides et à batteries ne soient une apparition commune sur les routes de Chine.

Les performances des batteries restent un défi à l'utilisation pratique des véhicules électriques. Selon M. Wang, les entreprises chinoises sont encore loin derrière leurs concurrentes occidentales et japonaise en matière de technologie de batteries.

Une étude menée par le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies montre ainsi que la Chine ne détient qu'1% seulement des dépôts totaux de brevets pour les batteries au lithium-ion, tandis que le Japon en possède 52 % et les États-Unis 22 %.

Raymond Tsang pense qu'il croit que la Chine présente cependant de nombreux avantages dans le domaine du développement des véhicules électriques, dont la disponibilité et l'intégration des ressources, ainsi qu' un fort soutien gouvernemental.



Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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