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Français>>AfriqueMise à jour 02.09.2011 14h20
La Corne de l'Afrique, un test pour notre conscience

Lors d'une réunion sur la crise humanitaire dans la Corne de l'Afrique, qui s'est tenue au Conseil sur les Relations Etrangères à New York, les participants étaient tellement en colère qu'ils n'ont même pas ressenti le séisme de magnitude 5,8 qui a touché une partie de la Côte Est.

Ils étaient en colère contre la communauté internationale, qui n'a presque rien fait qui suffise pour empêcher les morts et l'aggravation de la famine dans la péninsule de l'Afrique de l'Est. Ils étaient furieux du manque d'attention des médias de l'information pour les 12,4 millions de personnes qui ont besoin d'une aide alimentaire immédiate en Somalie, en Ethiopie, au Kenya et à Djibouti.

Après que les rebelles libyens se soient emparés de la plus grande partie de Tripoli, les grands réseaux de télévision par câble américains se sont concentrés presque 24h sur 24 et sept jours sur sept à la chasse à Mouammar Kadhafi. Dans les jours qui ont suivi, les réseaux sont passés au séisme qui n'avait pas été pressenti par les experts, ensuite à l'ouragan Irene, et enfin à la discussion incessante sur le fait de savoir si le maire de New-York Michael Bloomberg avait sur-réagi et s'était sur-préparé pour la tempête.

Ces experts des organisations de secours d'urgence, les groupes d'aide, les fondations et groupes de réflexion à la réunion sur la Corne de l'Afrique auraient eux probablement supplié le monde entier de sur-réagir et de se sur-préparer pour la sécheresse et la famine. Nous avons là une catastrophe naturelle et humanitaire qui avait été prédite il y a déjà un an et c'est une famine qui aurait pu être évitée si la communauté internationale avait agi plus tôt et plus fort.

Si vous jetez un coup d'oeil aux médias des informations en Amérique du Nord, en Europe et en Asie ces jours-ci, vous pourriez penser que la famine et la sécheresse dans la Corne de l'Afrique appartient déjà au passé.

Pourtant, il est évident que ce n'est pas le cas, tant d'après les experts des organisations de secours présents à la réunion que d'après les agences des Nations Unies.

Aujourd'hui, les 12,4 millions de personnes touchées par la famine ont toujours un besoin urgent de nourriture. Quelque 3,7 millions de Somaliens, soit plus d'un tiers de la population du pays, font face au risque de mourir de faim. Et aucune récolte importante n'est attendue avant le début de l'année prochaine.

Dans le même temps, des centaines de milliers de réfugiés somaliens ont fui la guerre et la famine pour s'entasser dans des camps immenses au Kenya et en Ethiopie, où les problèmes sanitaires comme la rougeole et le choléra sont déjà un grand souci, d'après les experts présents à la réunion.

Les Nations Unies ont demandé 2,5 milliards de Dollars US d'aides humanitaires à la communauté internationale. Mais il manque toujours un milliard.

Sachant à quel point l'aide de la communauté internationale progresse lentement, je vois mal comment tout un chacun pourrait ne pas être en colère comme les experts lors de la réunion.

En dépit des difficultés comme le fort taux de chômage aux Etats-Unis et la forte inflation en Chine, chacun d'entre nous est encore bien plus à l'aise que ceux qui font face à la famine et risquent de mourir de faim dans la Corne de l'Afrique.

Certes, on peut trouver des raisons comme la mauvaise gouvernance des pays de la région, la guerre civile en Somalie ou le blocus de l'aide imposé par le groupe islamiste al-Shabaab, mais cela ne saurait en aucun cas être une excuse pour aucun gouvernement, organisation ou personne individuelle pour ignorer les souffrances des populations habitant dans la Corne de l'Afrique.

Que les médias des informations consacrent plus de couverture au divorce d'une star de cinéma qu'aux souffrances des gens qui habitent la Corne de l'Afrique ne fait que souligner les défauts des médias et de la société d'aujourd'hui.

Notre attitude envers la situation dans la Corne de l'Afrique sera un test majeur de notre conscience humaine et de nos critères moraux dans ce monde toujours plus mondialisé.

L'auteur, Chen Weihua, est rédacteur en chef adjoint de l'édition américaine du China Daily, à New York.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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