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Français>>AfriqueMise à jour 06.09.2011 15h13
Les problèmes auxquels fait face la Libye

Même si on ne sait pas exactement où se trouve Mouammar Kadhafi, il lui sera de toute façon quasiment impossible de reprendre le pouvoir en Libye. Abdel Jalil, Président du Conseil National de Transition de l'opposition, a déclaré que des élections seront tenues dans les huit mois qui viennent et qu'un gouvernement sera formellement établi. Mais même si le risque de voir des force extrémistes émerger est exclu, le peuple Libyen fait toujours face à un certain nombre de défis.

Le détonateur qui a conduit aux troubles sociaux en Libye et dans d'autres pays arabes est le fort taux de chômage dans la jeunesse. La forte proportion de la jeunesse dans la population du pays n'est pas devenue un « dividende démographique » pour la vitalité économique et sociale. Au lieu de cela, elle est devenue une source d'instabilité. Le fort taux de chômage, dans une grande mesure, peut être attribué à la croissance désordonnée de la population, à la structure économique déraisonnable de la Libye et à la prédominance du pétrole, du gaz et des autres industries de ressources, qui n'étaient pas propices à la création de suffisamment d'emplois pour une force de travail nouvelle et importante.

La sur-dépendance envers la croissance des revenus du pétrole n'est en général pas favorable au développement des industries non pétrolières (en particulier l'industrie manufacturière) dans les pays exportateurs de pétrole, et le schéma normal de croissance sera difficile à changer, même après que le Gouvernement Kadhafi ait été chassé du pouvoir. Pour transformer le modèle de croissance et sortir du piège de la « malédiction des ressources », le Gouvernement Libyen va devoir posséder une forte capacité à agir. Mais l'opposition pourra t-elle ou non établir un nouveau gouvernement ayant de l'autorité et de fortes capacités à agir, seul l'avenir nous le dira.

La Libye souffre de défauts intrinsèques s'agissant de l'établissement d'un gouvernement unifié et faisant autorité, et la guerre civile n'a fait qu'aggraver les choses. Historiquement parlant, la cohésion dans un pays qui compte plus de 140 tribus était faible. Au sein même de l'opposition, il y a un certain nombre de factions qui ne possèdent pas un noyau politique faisant autorité. Sachant que l'opposition compte de nombreuses factions armées et que l'idée même d'unité est faible, on ne sait pas vraiment si la Libye pourra maintenir l'unité de la Nation.

Pire encore, le changement de régime en Libye pourrait aggraver les troubles politiques dans d'autres pays arabes. Nous avons vu ces effets en Algérie et en Syrie. Un environnement interieur et extérieur stable est essentiel pour un pays qui se trouve dans un processus de reconstruction.

Pour rétablir la stabilité politique dès que possible, la nouvelle direction Libyenne doit éviter une épuration politique extrême, et évaluer de manière objective les mérites et les erreurs du régime Kadhafi. Car après tout, c'est Kadhafi qui a fait de la Libye un pays moderne. C'est Kadhafi qui a nationalisé les ressources qui étaient auparavant contrôlées par les compagnies pétrolières occidentales. D'autres pays arabes, ainsi que l'Iran et les pays exportateurs de pétrole d'Amérique du Sud ont suivu l'exemple de la Libye, qui a fait que les compagnies pétrolières occidentales ont dû donner plus de 50% -contre 5% auparavant- des revenus, enrichissant les pays arabes, et autres, producteurs de pétrole

Sous Kadhafi, la Libye a fait de remarquables progrès sociaux et économiques. En 2008, le PIB par tête de la Libye était de 14 802 Dollars US, le plus élevé d'Afrique. Le Gouvernement Kadhafi a amené l'électricité dans tous les coins et recoins de la Libye et atteint un taux de 55,7% d'inscription dans les études supérieures. La nouvelle disposition du pays doit maintenir, à défaut de l'améliorer, le niveau de progrès social et économique atteint sous Kadhafi.

Un rejet complet du Gouvernement Kadhafi et de ses réalisations économiques et sociales, et le lancement d'une forte épuration politique risquent d'ébranler les fondations politiques de la Libye. Et c'est exactement ce que l'on craint à l'heure actuelle, l'opposition semblant manquer d'une direction politique faisant autorité.

Les principaux chefs rebelles comme Abdel Jalil et le chef de l'exécutif du CNT Mahmoud Jibril sont d'anciens fonctionnaires du Gouvernement de Kadhafi. Si la nouvelle direction lance une épuration politique aggressive, cela pourrait porter préjudice aux deux nouveaux dirigeants. Quant à Ali Tarhouni, autre leader potentiel, responsable du pétrole et des affaires financières, et qui bénéficie du soutien américain, il pourrait ne pas avoir de bases solides en Libye du fait de ses 38 années d'exil aux Etats-Unis.

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Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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