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Français>>AfriqueMise à jour 23.12.2011 08h14
Bilan 2011- Pleins feux sur la situation politique au Sénégal

Le Sénégal a vécu une année pré-électorale en 2011. Et comme toujours à pareil moment, il y a une agitation politique très forte accompagnée souvent par des procès. Voici les principaux événements survenus cette année par ordre d'importance:

-- 23 juin 2011: une révolte populaire a fait "reculer" l'Etat

Tous les observateurs sénégalais sont unanimes sur le fait que l'année 2011 a été marquée par les évènements du 23 juin. C'est l'événement le plus important. Car, pour la première fois depuis l'alternance au Sénégal en 2000 et l'arrivée du président Abdoulaye Wade, un projet de loi à l'examen à l'Assemblée nationale a suscité une révolte populaire. Le projet instituait un ticket président comme aux Etats-Unis (Président-Vice Président), mais surtout un tiers bloquant permettant aux candidats à l'élection présidentielle de gagner avec seulement un tiers des électeurs votant.

Les hommes politiques, surtout de l'opposition, la société civile, les populations se sont mobilisés ce jour-là et le président de la République a annulé le projet de loi. Depuis lors, le mouvement du "M23" est né pour marquer cet événement fait d'affrontements contre les forces de l' ordre.

-- 23 juillet: démonstration de force du pouvoir et de l'opposition

Suite au 23 juin, le M23 avait prévu de fêter l'anniversaire au 23 juillet. Il s'en est suivi un autre événement important pour 2011: la démonstration de force des camps politiques opposés.

Ainsi, le M23 a réuni des milliers de personnes à la place de l'Obélisque à Dakar et le pouvoir en a fait de même sur la VDN (voie de déviation nord) dans la même ville, le même jour, mais à des heures différentes.

Le M23 s'est réuni le matin jusqu'à 14 heures et le pouvoir à partir de 16 heures. C' était une véritable démonstration de force avec des discours de campagne de part et d' autre.

-- Wade renonce à sa succession par son fils

Le président Wade a fait une déclaration en France pour dire que les rumeurs sur la dévolution monarchique au Sénégal ne sont pas fondées. Dans une longue interview accordée à la presse étrangère, il a expliqué que son fils, le ministre d'Etat Karim Wade ne saurait lui succéder à la tête de l'Etat.

Cette déclaration a son importance. Car depuis 2004, toute la politique sénégalaise a été conditionnée par cette dévolution monarchique dont tout le monde parlait sans en avoir des preuves formelles. Le président Wade ne l'a jamais déclaré formellement. Mais, il a posé des actes importants qui ont fait penser à cela. D'abord, il s'est séparé de tous ses fils spirituels, ses fils politiques : Idrissa Seck, Macky Sall, tous anciens Premiers ministres, Aminata Tall qui a été secrétaire générale de la Présidence de la République.

Ensuite, il a mis son fils sur la liste de Dakar au cours des élections municipales de 2009 qu'ils ont perdues. Bien avant, il lui avait confié l'Agence de l'Anoci chargée d'organiser la conférence de l'OCI, le somme islamique. Ensuite, il lui a confié un super-ministère avec au moins quatre département dont l'Energie, les Infrastructures, le transport aérien.

Autant d'actes qui ont augmenté les supputations. Mais, à la fin, le président a nié toute idée de le mettre à sa place comme l'a fait Omar Bongo ou Dénis Sassou Nguesso.

-- Débat sur la candidature de Wade

Un débat est aussi né cette année, avec beaucoup de passion : l'irrecevabilité de la candidature du président Wade.

C'est en août dernier que l'ancien Premier ministre de Wade Idrissa Seck, aujourd' hui farouche opposant à ce dernier et candidat à la Présidentielle de février 2012 a mis à contribution des juristes français qui ont conclu à l'irrecevabilité de la candidature de Me Wade. Il s'en est expliqué dans la presse, ce qui a inspiré l'opposition réunie autour de Benno siggil senegal (Etre ensemble pour un Sénégal émergent). Celle-ci a aussi organisé un séminaire courant septembre en mettant à contribution des juristes du Sénégal comme les Pr Babacar Guèye, Ismael Madior Fall, etc. Ces derniers ont expliqué que le président ne peut plus être candidat en vertu de la constitution de 2001 en ses articles 104 et 27 qui limite le nombre de mandats.

Le pouvoir a contrecarré par un autre séminaire d'experts notamment français, sénégalais avec un Malien, un Américain, etc. courant novembre.

Ceux-ci ont conclu plutôt que la candidature de Wade est recevable en vertu du principe juridique de non-rétroactivité.

Cette guerre des experts tournent autour de deux principes de droit : le principe de non-rétroactivé (les juristes du pouvoir le brandissent) et le principe de l'application immédiate des lois constitutionnelles (les juristes de l'opposition le brandissent). C' est une guerre d' interprétation.

Alors, il faudra attendre le Conseil constitutionnel pour dire si la candidature du président Abdoulaye Wade est valable.

-- Le Mouvement "Y'en a marre"

Les Sénégalais ont été surpris cette année par la naissance d'un mouvement de jeunes appelé "Y'en a marre". Ce mouvement, parti des jeunes rappeurs de Kaolack mobilise aujourd'hui des milliers de jeunes très organisés mais surtout très motivés. Ils ont participé activement aux événements du 23 juin. Ils sont contre la candidature de Me Wade et déclarent que si le Conseil constitutionnel la déclare recevable, ils vont descendre dans la rue. C'est un mouvement pris très au sérieux par les autorités. Elles pensent qu'il y a des hommes politiques derrière comme Moustapha Niass de l'Alliance des forces de progrès (AFP), lui aussi candidat déclaré.

Alors, le pouvoir et les populations craignent des troubles sociaux dans le pays parce que le mouvement est très organisé.

-- Benno siggil Senegal s'éclate en deux entités

L'opposition sénégalaise n'a pas réussi sa bataille de l'unité. Au début de ce mois de décembre, ils ont rendu public leur désaccord sur un candidat unique de l'unité. Moustapha Niass de l'AFP devra piloter une bonne partie des alliés de Benno alors que le Parti socialiste (PS), le parti le plus puissant de l'opposition a tenu à présenter son candidat Ousmane Tanor Dieng. Il faut dire qu'à l'issue du vote des leaders de Benno, c'est Niass qui a eu la majorité. Mais, tout le monde savait que le PS ne pouvait pas manquer de présenter un candidat, battu qu'il a été en 2000 après 40 ans au pouvoir. Aujourd' hui, comme en 2007, Niass et Tanor vont se présenter à la présidentielle séparément, à côté des autres candidats.

-- Plusieurs déclarations de candidature

Aujourd' hui, Niass et Tanor ont rejoint les candidatures des anciens Premiers ministres de Wade Macky et Idrissa. Le jeu politique va se faire autour de ses cinq candidats : Wade, Niass, Tanor, Idrissa et Macky. Un de ses cinq sera le prochain président.

Cependant, d'autres candidatures, il y en a eu. La société civile a même une candidature féminine en la personne de Amsata Sow Sidibé, un professeur de Droit. Il faudra aussi compter avec Ibrahima Fall, un ancien ministre des Affaires étrangères qui est très apprécié des Sénégalais surtout la classe des intellectuels.

L'autre alliance qui est Benno alternative est en train de chercher son candidat au moment où plein d'autres personnes se sont déjà déclarées : Talla Sylla, robert Sagna, Mamadou Lamine Diallo, Landing Savané, Cheikh Bamba Dièye, Me Doudou Ndoye, Cheikh Tidiane Gadio, Me Mame Adama Guèye etc.

Mais il faut signaler que ces déclarations verbales de candidature devront être confirmées par un dépôt de dossier devant le Conseil constitutionnel soit 60 jours avant le scrutin prévu pour le 26 février 2012. Et à ce moment, certains vont désister à coup sûr car la caution est très élevée : plus de 60 millions de Fcfa.

En conclusion, il faut retenir que tout le monde redoute la violence politique. Déjà le socialiste Malick Noël Seck a été condamné à deux ans ferme et écroué du fait de la violence contre le président du Conseil constitutionnel (Il lui avait transmis chez lui un courrier très critique). Tout le monde craint l'escalade. Mais le génie politique sénégalais a su transcender des passions.

Source: xinhua

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