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Français>>AfriqueMise à jour 29.12.2011 16h19
Bilan 2011-- Tunisie: des changements pour répondre aux attentes du peuple

La Tunisie, à l'origine d'une agitation politique et sociale qui s'est étendue à plusieurs pays du monde arabe, est entrée depuis le 14 janvier 2011 dans une phase de transition. Cette nouvelle période de reconstruction politique et socio-économique s'enracine dans les aspirations d'un peuple résolu à tourner le dos à 23 ans de règne de Ben Ali, et à voir son droit à une vie paisible, moderne et prospère se traduire dans une nouvelle Constitution.

LES SOURCES D'UNE AGITATION POLITIQUE ET SOCIALE

Outre l'aspect dictatorial du régime Ben Ali, plusieurs facteurs internes et externes peuvent expliquer l'agitation politique et sociale en Tunisie, un pays qui était pourtant un modèle de réussite économique, avec une croissance ininterrompue de 5% au cours des vingt dernières années.

"Le modèle économique tunisien était entaché de vicissitudes politiques, de mauvaise gouvernance et de corruption", a confié M. Farid Tounsi, directeur général de l'Agence de promotion de l'Industrie et de l'Innovation en Tunisie.

En réalité, le régime de Ben Ali a fait preuve, pendant deux décennies, d'une incapacité fondamentale à répondre aux attentes de son peuple en matière d'emploi, d'amélioration du niveau de vie, de lutte contre la pauvreté, et n'a jamais vraiment réussi à garantir un climat économique rassurant pour toutes les catégories sociales, notamment les plus défavorisées.

Après la fuite de Ben Ali le 14 janvier, le peuple tunisien a retrouvé sa dignité, sa liberté d'expression, et surtout son droit de décider de son sort par un processus électoral démocratique. Le 23 octobre 2011, se sont déroulées les premières élections indépendantes, et une grande partie des 217 sièges de l'Assemblée constituante est revenue au courant islamiste représenté par le mouvement Ennahdha, qui a remporté 89 sièges. Le 14 décembre, le secrétaire général d'Ennahdha, Hamadi Jebali, a été officiellement nommé Premier ministre par le nouveau président tunisien Moncef Marzouki.

RETOUR EN FORCE DE L'ISLAMISME POLITIQUE

La nouvelle scène politique a été marquée par un retour en force de l'islamisme politique, avec la victoire du Mouvement Ennahdha. Celui-ci estime que "l'un des plus grands échecs du régime de Ben Ali a été d'exclure l'Islam de la politique", a déclaré M. Rached Ghannouchi, co-fondateur du Mouvement, ajoutant que "l'Islam est un ensemble de valeurs et un mode de vie, pas seulement une religion".

Même si les islamistes n'étaient pas aux premiers rangs de l'agitation populaire tunisienne, essentiellement menée par une jeunesse assoiffée de liberté et de dignité, leur victoire électorale découle principalement de leur position d'opposants sous le régime Ben Ali, et de la confiance dont ils jouissent auprès des Tunisiens, surtout les plus démunis.

Les partis islamistes, en Tunisie, tout comme en Egypte et au Maroc, ont prouvé qu'ils avaient renoncé à la violence. En Tunisie, ce sont de fait surtout les programmes sociaux et anti-corruption qui ont fait la popularité des islamistes.

M. Ghannouchi a admis que la Tunisie était confrontée à un grand nombre de défis, dont le chômage et la corruption. Mais, selon lui, "si la Tunisie peut instaurer une bonne gouvernance, alors elle pourra encourager l'investissement dans le pays", profitant à toutes les couches de la population.

NOUVEAUX DEFIS POUR UNE NOUVEAU GOUVERNEMENT

L'Assemblée constituante, chargée de superviser la formation d'un gouvernement, a approuvé le 23 décembre, juste après la nomination du chef d'Ennahdha au poste de Premier ministre, la composition du nouveau gouvernement dirigé par M. Jebali. Le 26 décembre, le nouveau gouvernement, composé de 41 membres -- 30 ministres et 11 secrétaires d'Etat -- a prêté serment devant le président Marzouki.

"Il s'agit d'un jour exceptionnel dans l'histoire de la Tunisie. Notre pays a offert au Monde arabe sa première expérience de transition démocratique réussie. Cette transition commence maintenant à se concrétiser, malgré les difficultés qui accompagnent encore le processus et les défis que nous avons encore à relever", a déclaré M. Jebali au cours de la cérémonie d'investiture du nouveau gouvernement.

Selon les experts, il est "urgent" pour le nouveau gouvenement de s'atteler aux dossiers économiques. La Tunisie "clôturera l'année 2011 avec un taux de croissance presque nul ou négatif, ce qui favorisera une chute du rythme de création d'emplois et un bond du taux de chômage", a déclaré tout récemment M. Mustapha Kamel Nabli, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie.

Pour les Tunisiens, l'année 2011 aura donc été riche en changements, des changements dans lesquels s'esquisse l'image d'une nouvelle Tunisie. Pour le moment, Hamadi Jebali doit d'abord s'attacher à former un gouvernement solide apte à reconstruire la vie politique, à relancer l'économie nationale, et à répondre aux attentes des Tunisiens.

Source: xinhua

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