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Français>>AfriqueMise à jour 12.04.2012 08h51
Les troubles au Mali, conséquences de la guerre en Libye

La rébellion Touareg est une menace pour la démocratie et l'unité du Mali et pourrait se propager aux pays voisins.

L'étincelle qui a conduit au récent le coup d'Etat militaire dans ce pays d'Afrique de l'Ouest a été la façon dont le gouvernement malien a géré la rébellion Touareg dans le Nord du pays.

Le 21 mars, des soldats maliens ont occupé par la force la station de télévision nationale, puis pris d'assaut le palais présidentiel, annoncé la suspension de la Constitution malienne, et enfin créé le Comité National pour la Restauration de la Démocratie et de l'État, pour remplacer le gouvernement démocratiquement élu de M. Amadou Toumani Touré.

L'armée a affirmé avoir pris le pouvoir du fait de la mauvaise gestion par le Président Touré de la rébellion Touareg, qui a débuté en Janvier.

Ces deux dernières semaines, les forces rebelles Touaregs se sont emparées de la moitié Nord du Mali, et le Mouvement de Libération Nationale Azawad, dirigé par des rebelles Touaregs, a proclamé l'indépendance de la région du Nord qu'ils ont baptisé Azawad.

Les nomades Touaregs ont longtemps cherché leur « indépendance » et la « libération de leur patrie », et ils ont directement bénéficié de la guerre en Libye.

Comme un officier militaire malien me l'a dit récemment quand des officiers africains se sont rendus en Chine pour des études supérieures, « l'OTAN a lancé des frappes aériennes contre la Libye sous couvert de la propagation de la démocratie en Libye, mais à la fin c'est la démocratie au Mali qui en a été victime ».

Sa remarque a souligné les origines des dernières turbulences politiques au Mali, qui a pourtant joui de la stabilité pendant une longue période et était autrefois considéré comme un exemple de pays de démocratie réussie en Afrique.

Certains responsables des Nations Unies estiment que quelque 1 500 à 2 000 soldats Touaregs ont pris part au conflit libyen l'année dernière et que, après l'effondrement du régime de Kadhafi, ils sont retournés au Mali avec une expérience du combat et un grand nombre d'armes.

Avec pour conséquence, que le Mali, précédemment stable et démocratique, a éclaté en deux parties, avec le Nord contrôlé par les rebelles armés et le Sud par la junte militaire. La démocratie et l'unité nationale du Mali sont confrontées à des défis sans précédent et concomitants.

La Charte de l'Union africaine nie que le renversement d'un gouvernement démocratiquement élu par des moyens non constitutionnels soit légitime, et la junte a fait face à l'opposition unanime de la part des pays africains et de la communauté internationale.

Sous la pression conjuguée de l'Organisation des Nations Unies, de l'Union africaine, de la Communauté Economique des États d'Afrique Occidentale, des Etats-Unis, de la France et des autres grands pays bailleurs de fonds occidentaux, les dirigeants du coup d'Etat au Mali ont accepté de céder le pouvoir à l'actuel président du parlement et ont promis de permettre le retour aux règles démocratiques. Si c'est le cas, le processus démocratique au Mali sera remis sur les rails après un coup d'Etat et une courte période de « digression ».

Mais les perspectives pour l'unité nationale du Mali ne semblent pas très bonnes. La rébellion ne sera pas facilement matée, parce que les forces rebelles ne sont pas limitées à la partie Nord du Mali et qu'elles ont des liens avec des pays voisins comme le Niger, le Burkina Faso, la Libye et l'Algérie.

Historiquement, les Touaregs ont également des relations étroites avec le Maghreb islamique, branche d'Al-Qaida en Afrique du Nord, et un certain nombre de hauts dirigeants du Maghreb Islamique sont d'ailleurs des Touaregs.

Après la guerre en Libye, des armes et des hommes armés se sont dispersés dans les pays voisins comme le Mali, le Niger et la Mauritanie, ce qui a entraîné la propagation et l'aggravation des activités terroristes au cours du second trimestre de 2011.

Le groupe de réflexion britannique Tri-Service Institut a déclaré dans son rapport récemment publié qu'al-Qaida cherchait à établir des contacts avec les organisations africaines religieuses extrémistes dans le but de retrouver son efficacité au combat, et que le centre de la lutte anti-djihad et anti-terrorisme s'est déplacé vers Afrique.

La CIA américaine estime quant à elle que trois groupes militants islamiques africains, le Maghreb Islamique, Al-Shabaab en Somalie et Boko Haram au Nigeria, travaillent maintenant ensemble.

Il est à craindre qu'il n'y ait pas que seulement que la démocratie et l'unité au Mali qui soient menacées par les retombées de la guerre de Libye.

L'auteur est Directeur des études africaines à l'Institut des Études de l'Asie occidentale et de l'Afrique du Nord de l'Académie Chinoise des Sciences Sociales.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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