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Français>>AfriqueMise à jour 23.07.2012 14h52
La Cour de la Haye relance la procédure contre l'ancien président tchadien (SYNTHESE)

En sommant le Sénégal de poursuivre "sans aucun autre délai" l'ancien président tchadien Hissène Habré, accusé de génocide, la Cour internationale de Justice (CIJ) relance la procédure judiciaire contre l'ancien chef de l'Etat, estiment les observateurs à Dakar.

Pour la CIJ, l'ancien président du Tchad (1982-1990) réfugié au Sénégal depuis sa chute en 1990 doit être jugé par le Sénégal ou, à défaut, être extradé vers la Belgique, pays qui s'est proposé de le juger au nom de "la compétence universelle".

La justice belge, saisie par des rescapés tchadiens, a inculpé Habré en 2005 pour des crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture commis sous son régime.

La décision de la CIJ a été diversement accueillie dans la capitale sénégalaise à Dakar.

La ministre de la Justice du Sénégal, Aminata Touré, après avoir pris acte de la décision, a réitéré "la volonté ferme" de son pays de tenir "un procès juste et équitable", avant fin 2012, pour juger Habré, indique un communiqué de son cabinet.

Cette volonté est attestée, selon la ministre, par la mise sur pied au Sénégal d'un groupe de travail et l'ouverture le vendredi 20 juillet à Dakar de concertations avec les experts de l'Union africaine (UA) pour étudier les modalités pratiques de ce procès".

"Cette décision (de la Cours internationale de la Justice), comme toutes les autres décisions, ne pourrait entrainer le jugement de Habré. Rien ne pourra se faire. On avait épuisé toutes les procédures'', a notamment soutenu Me El Hadji Diouf, un des avocats de l'ancien président tchadien après avoir consulté.

Pour sa part, Reed Brody, avocat de nationalité américaine, conseiller à Human Rights Watch, a estimé que la décision de la cour "est avant tout une victoire pour les victimes de Hissène Habré qui se battent pour la justice depuis 21 ans. Elle récompense la Belgique qui a eu le courage de porter l'affaire des victimes devant la Cour internationale de Justice''.

Pour Me Brody, qui est aussi un des avocats des victimes du régime Habré, "cet arrêt envoie aussi un message fort au nouveaux dirigeants du Sénégal indiquant qu'ils doivent mettre en œuvre rapidement leur promesse de traduire Habré en justice''.

"Nous ne pouvons que saluer cette décision tant attendue qui nous renforce dans notre position de respecter ou de faire respecter la convention contre la torture que le Sénégal a signée et ratifiée'', a déclaré de son côté la directrice exécutive de la Rencontre Africaine pour la Défense des droits de l'homme (RADDHO), basée à Dakar.

Fatou Kama Marone a ajouté que "l'on ne peut pas dire qu'on est confiant. On attend de voir ce que va faire le Sénégal à la suite de cette décision. Mais en tout état de cause, il est obligé de le faire et nous allons continuer la lutte avec les victimes''.

"Cette dernière décision de la cour de justice constitue pour moi l'unique occasion historique dont disposent les Africains pour se ressaisir et montrer à la face du monde que l'Afrique est bien capable de juger ses propres dirigeants'', a souligné pour sa part Amadou Ndiaye, journaliste sénégalais au Quotidien privé dakarois "Enquête''.

Le Sénégal avait accepté en 2006 de juger M. Habré à la demande de l'Union africaine, suite au mandat d'arrêt contre l'ancien chef d'Etat, émis par la Belgique, mais n'a jamais organisé le procès.

L'ancien président sénégalais Abdoulaye Wade avançait comme raisons que le Sénégal n'avait pas refusé de juger Habré mais ne disposait pas d'une juridiction "ad hoc" et des fonds nécessaires qu'implique l'organisation d'un tel procès.

Face aux tergiversations du Sénégal, plusieurs demandes d'extradition avaient été déposées en vain par Bruxelles pour faire extrader vers la Belgique M. Habré.

Estimant alors que le refus de Dakar "viole l'obligation générale de réprimer les crimes de droit international humanitaire", la Belgique avait saisi la CIJ le 19 février 2009, lui demandant d'ordonner au Sénégal de juger ou d'extrader Hissène Habré.

Le successeur de M. Wade, Macky Sall, a pour sa part récemment assuré au sommet de l'UA à Addis Abeba que Hissène Habré serait jugé au Sénégal, excluant une extradition vers la Belgique.

Source: xinhua

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