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Mali : l'intervention militaire ouest-africaine en question (SYNTHESE)

Mise à jour 28.09.2012 16h37

La demande officielle du président de la transition malienne pour un appui de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) afin de libérer le nord de son pays occupé par des groupes islamistes armés ravive les questions sur les contours de l'intervention militaire ouest africaine en préparation depuis plusieurs mois.

Le président malien Dioncounda Traoré a envoyé mardi au président ivoirien Alassane Ouattara une requête demandant à la CEDEAO d'apporter un soutien militaire au Mali pour recouvrer l'intégrité de son territoire.

La requête a été formellement transmise par le secrétaire général de la présidence malienne, Baba Berthé, à Alassane Ouattara, président en exercice de la CEDEAO.

La nouvelle avait été divulguée par le Représentant spécial pour le Sahel du ministre français des Affaires étrangères, Jean Félix Paganon, reçu en audience par le président ivoirien.

Ce que demande Dioncounda Traoré

Selon des sources bien introduites, le président intérimaire du Mali demande une aide pour réorganiser les forces armées et de sécurité, l'envoi d'un détachement de fonctionnaires de police et d'équipements pour renforcer les capacités antiterroristes de l'armée malienne.

Dioncounda Traoré souhaite également, dans son courrier, un appui aérien et l'envoi de cinq bataillons à partir de la ligne de front qui seront "graduellement engagés pour contrôler les villes reconquises".

Il demande aussi un soutien pour acheminer de l'aide humanitaire et pour aider à neutraliser les mines qui ont pu être posées dans le Nord.

Le président malien indique sans ambages dans sa lettre que "le déploiement d'une force militaire et de police est sans objet pour sécuriser les institutions de la transition à Bamako".

En clair, le président intérimaire du Mali ne veut pas de soldats ouest africains dans la capitale malienne.

"L'aide demandée porte essentiellement sur la sécurisation des institutions de la transition, la réorganisation des forces armées et de sécurité, la restauration de l'intégrité territoriale du Mali", indique la présidence ivoirienne.

La présidence ivoirienne précise que "la mission de la CEDEAO au Mali pourrait déployer un détachement de liaison et d'observation, à l'exclusion du déploiement d'unités de police constituées ou de forces militaires combattantes".

Une requête diversement appréciée

La requête de Dioncounda Traoré, loin de faire l'unanimité, met en relief les contradictions sur le principe, la forme et les contours mêmes de la Mission de la CEDEAO au Mali (Micema) ainsi que sur le rôle de l'armée malienne.

A Bamako, la classe politique malienne et les ressortissants du nord, à travers le Collectif des ressortissants du nord (Coren), sont majoritairement favorables à l'aide de la sous-région.

"C'est une très bonne chose", soutient le chargé des questions internationales et juridiques du mouvement, Ibrahim Maïga, qui souhaite que "très rapidement, l'armée du Mali, appuyée par l'armée de la CEDEAO, soit sur le terrain".

Même son de cloche au Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR) dont le porte-parole adjoint, Mamadou Ladji Cissé, demande au président malien de "s'impliquer personnellement pour l'aboutissement" de la requête.

Les partisans du capitaine Sanogo, chef de l'ex junte militaire, ne décolèrent pas contre le président intérimaire pour avoir adressé une demande d'aide à la CEDEAO.

Le capitaine a toujours crié ne pas vouloir de soldats ouest africains sur le sol malien pour régler la crise malienne.

"On a les hommes capables de faire le travail mais il nous manque du matériel", fait savoir l'un de ses porte-parole, Bakary Mariko, qui demande plutôt l'envoi de formateurs et d'appui logistique aérien.

Au ministère de la Défense et à l'état-major de l'armée malienne, on soutient clairement la demande de Dioncounda Traoré mais on place en pôle position l'armée nationale dans la reconquête du Nord en excluant des combattants étrangers dans la capitale Bamako.

"La sécurisation des institutions de la République à Bamako sera entièrement assurée par les forces de sécurité du Mali", martèle le colonel-major Ibrahima Dembelé, chef d'état-major de l'armée malienne

Pour la reconquête du Nord, "c'est toujours les troupes maliennes d'abord, personne ne fera cette guerre à la place du Mali, les autres viendront en appui, en aviation, en logistique", insiste-t-il.

Le Mali, une question internationale pour la CEDEAO

La force en attente de la CEDEAO composée de 3 300 soldats devrait sécuriser les institutions de transition dans la capitale, renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité maliennes, soutenir les troupes maliennes dans la reconquête du Nord et apporter une aide humanitaire aux populations déplacées ou réfugiées.

Des divergences réelles subsistent entre les autorités maliennes et l'organisation sous-régionale, mais pour la CEDEAO, la stratégie militaire sera "consensuelle".

Les chefs d'état-major de la sous-région devraient se réunir très prochainement pour définir la stratégie adaptée pour répondre à l'appel malien, avant que les ministres et chefs d'Etat n'entérinent la décision.

La requête du président malien a le mérite de déclencher le processus diplomatique pour une intervention militaire au Mali.

La CEDEAO attendait une demande officielle du Mali avant de saisir le Conseil de sécurité de l'Onu pour un mandat en vue de l'intervention militaire.

Pour elle, la crise malienne avec la présence de groupes islamistes armés affiliés à Al-Qaïda dans le nord du pays n'est plus un problème malien mais une menace pour la paix mondiale et une question de sécurité internationale.

L'Union européenne s'est dite prête à apporter un appui financier et logistique à la Micema mais "c'est la CEDEAO et l'Union africaine qui doivent être en première ligne", prévient-elle.

La mise en place rapide de la Micema dépendra des réponses claires aux multiples questions que se posent les partenaires au projet.


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Source: xinhua

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