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Cameroun : inquiétudes des producteurs de coton face aux ravages des inondations sur leurs champs (REPORTAGE)

09.10.2012 08h31

Responsable d'organisation de producteurs de coton de la zone de Garoua dans la région du Nord du Cameroun, Mohamadou Baba a la mine anxieuse en voyant éclore dans son champ trempé d'eau de pluies une production moins abondante que celle de la campagne précédente qui lui avait procuré des revenus substantiels.

A 32 ans, ce Camerounais qui perpétue avec fierté une tradition familiale de culture du coton, principale culture industrielle du Nord-Cameroun et troisième produit d'exportation national hors pétrole après le cacao et la banane, évalue à 12 hectares sur plus de 80 les superficies de son groupe d'initiative commune (Gic) de producteurs de coton touchées par les inondations survenues dans la région en août et septembre.

Une catastrophe sans précédent qui vient ébranler le bonheur retrouvé par les exploitants cotonniers grâce à une année d'embellie en 2011 venue leur faire oublier la grisaille provoquée par la chute des cours mondiaux de 2007-2008, a témoigné le planteur à Xinhua. "L'année passée, le coton a très bien produit, les gens sont restés avec un peu d'argent. Cette année, il y a eu beaucoup de gens qui ont fait le coton, malheureusement les inondations sont arrivées".

A Kismatari, localité qui abrite sa plantation de deux hectares et demi à 8 km de Garoua, la principale ville du Nord, Baba recense "des plantes sans capsules" qui attestent ses inquiétudes. "Sans eau, c'est un sol où nous produisons beaucoup de coton", a-t-il dit faisant savoir en même temps que ce sont des surfaces exploitées depuis de longue date par ses parents.

Une des micro-entités de la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-Cameroun) basée à Garoua, en face de l'huilerie de la Société de développement du coton du Cameroun (SODECOTON), le Gic PC (producteurs de coton) de Bocklé que cet agent de la commune de Garoua 3e dirige regroupe environ 60 membres, des petits planteurs indépendants dont les surfaces de production ne dépassent pas les trois hectares.

Après un bond à 50 tonnes en 2011, soit pratiquement cinq fois de plus que lors des années de crise 2007-2008, cette organisation tablait sur près de 200 tonnes de production en 2012. Avec les inondations qui ont causé quelque 60.000 sinistrés dont les deux tiers se trouvent dans la seule région du Nord et le reste dans l'Extrême-Nord voisin, ce résultat devient incertain.

"Depuis que je suis né, je n'ai jamais connu ça. Les inondations ont beaucoup découragé les gens, parce qu'il y a certains planteurs qui avaient abandonné le travail, maintenant ils ont bien travaillé mais c'est dans l'eau. Même ce que l'eau n'a pas touché, ça n'a pas produit, ça grandit seulement. Certains aussi, l'humidité a empêché qu'ils travaillent normalement dans leurs champs", regrette-t-il.

En 2008, découragés par la chute des cours, beaucoup de ces planteurs avaient tourné le dos à cette culture. "Les gens n'étaient pas payés. Le planteur n' arrivait même pas à rembourser le forfait. Ils ont trouvé que ça ne payait pas, donc ils ont abandonné le travail. On est restés peut-être une dizaine de personnes qui faisaient encore le coton", rappelle-t-il.

Le forfait, ce sont les crédits pré-production que la SODECOTON avec le concours du CNPC-Cameroun accorde aux producteurs soutenus pars des cercles dits de solidarité constitués au sein des groupes d'initiative commune, pour les accompagner dans leurs activités, notamment dans l'approvisionnement en semences et engrais.

Outre ces financements qu'ils doivent rembourser à la fin de la campagne cotonnière, les producteurs font appel à une main d'œuvre rémunérée pour la mise en valeur de leurs exploitations et les récoltes. "On sème entre fin-mai et début-juin et la récolte a lieu à partir d'octobre jusqu'en avril. Les plantations se renouvellent chaque année. Ça donne beaucoup de travail", renseigne Baba.

A 255 francs CFA (0,51 USD) le kilo de coton de première qualité (et 10 francs de moins pour celui de deuxième qualité) en 2011, contre 175 francs (0,35 USD) en 2007-2008, le bénéfice est au rendez-vous pour une bonne récolte, affirme-t-il. "Ce bénéfice peut aller jusqu'à 800.000 francs (1.600 USD), avec le crédit remboursé" pour une plantation de 1,5 à 2 tonnes.

Pour cette année cependant, où d'importantes surfaces ont été affectées par les inondations, la grande question que se pose le délégué du Gic PC de Bocklé et ses membres est de savoir comment par exemple "un planteur qui a 300.000 ou 400.000 francs (600 ou 800 USD) de crédit va faire pour rembourser".

Simon Era, l'un d'entre eux, ne cache pas ses soucis. "Souvent avec mes deux hectares, j'ai au moins trois tonnes. C'est avec ça que je nourris ma famille et d'autres personnes. J'ai trois fils, dont l'aîné qui est à l'université à Yaoundé et les deux autres qui sont encore au lycée, respectivement en classes de 3e et 1ère (des classes d'examen, ndlr). C'est dur, parce que je n'ai pas encore payé leurs inscriptions. Ça ne va pas."

Selon ce planteur de 56 ans, ses deux fils vont à l'école, on les a quand même admis, mais bientôt on va les chasser. Puisque le lycée demande l'inscription et les frais d'APEE (association des parents d'élèves et enseignants, ndlr).

Mais, comme Baba et la plupart d'autres producteurs de coton, il mise sur la contre-saison consacrée à la culture des céréales dont le maïs, le mil rouge et même l'arachide qu'il cultive par ailleurs pour diversifier sa production agricole et ses revenus, une démarche encouragée par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun.

D'après cette organisation, la culture cotonnière, exclusivement concentrée dans les trois régions septentrionales du Cameroun, avec en tête le Nord suivi de l'Extrême-Nord et de l'Adamaoua, fait intervenir aujourd'hui 260.000 producteurs. Pour cette année, les projections planchaient sur 250.000 tonnes, contre 180.000 tonnes en 2011.


Par Raphaël MVOGO

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Source: xinhua

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