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Français>>Les relations sino-fran?aisesMise à jour 19.04.2012 13h28
(Culture de la Chine) Un Français passionné d'arts martiaux chinois

Brun aux yeux bleus, Yves s'approche, arborant un T-shirt sur lequel est imprimé en grand le caractère chinois " Wu " (terme signifiant "martial").

"Apprendre le kung-fu n'est vraiment pas facile, mais c'est passionnant", explique-t-il.

Ce Français de 29 ans, marié à une Chinoise, travaille aujourd'hui à l'Alliance française de Beijing. Il est également doctorant en histoire à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Son nom chinois, Chen Guang ("Lumière du matin "), a été choisi par son ancien professeur de calligraphie, car il se rendait tous les matins à l'aurore au parc Luxun pour apprendre le taiji quan.

Situé un peu au nord du centre-ville de Shanghai, dans le quartier de Hongkou, le parc Luxun attire de nombreux adeptes d'exercices matinaux en raison de son atmosphère conviviale, de son lac et de ses nombreux espaces verts et ombragés. Entre l'automne 2005 et le printemps 2006, Chen Guang était le seul étranger, et un des plus jeunes apprenants de taiji.

Il participait alors à une année d'échange universitaire entre son université et l'Université des langues étrangères de Shanghai.

"J'avais déjà pratiqué plusieurs sortes d'arts martiaux (judo, boxe laotienne, boxe française), mais je me suis dit qu'être en Chine m'offrait l'occasion rêvée pour apprendre les arts martiaux chinois", se rappelle-t-il.

A peine installé, Chen Guang s'est immédiatement rendu au parc Luxun situé à proximité de son université pour y observer les activités. Il s'est petit à petit intéressé au taiji. "Mon père avait pratiqué le taiji, style Chen. C'est d'ailleurs un style que je préfère au Yang, car il est plus dynamique et martial. Le style Chen est d'ailleurs bien plus ancien que le style Yang, créé dans la seconde moitié du 19ème siècle... ", explique-t-il dans un chinois fluide.

Dans les années1970, Bruce Lee a propulsé le kung-fu chinois sur le devant de la scène, poussant de nombreux étrangers à s'intéresser à cet art mystérieux. Aujourd'hui, le nombre d'adeptes du kung-fu ne cesse de croître à travers le monde, et un certain nombre d'étrangers viennent chaque année en Chine tout spécialement pour étudier cet art.

Durant ses dix mois d'études passés en Chine en 2005-2006, Chen Guang suivait des cours au parc Luxun chaque matin de 06H30 à 08H00 en semaine, et jusqu'à 09H00 le week-end. "Je continuais à pratiquer même par temps de pluie, car ma professeure de taiji enrageait si je manquais un cours, y compris le dimanche", raconte ce Français en riant.

"Mais ce que j'aimais, c'était justement cette nécessité d'en faire tous les jours. De cette façon, sans trop se forcer, on fait des progrès réguliers en évitant de se blesser", indique-t-il, ajoutant que cette discipline requiert une concentration mentale et musculaire de tous les instants, mais est également une grande source de détente.

Selon lui, le temps et la patience sont deux conditions nécessaires pour pratiquer le taiji, mais cela ne veut pas pour autant dire qu'il s'agisse d'une activité réservée aux personnes âgées. Le taiji est bon à tout âge.

A ses yeux, la langue n'est jamais un obstacle, et tout le monde peut arriver à un bon niveau en s'y attelant avec ardeur.

En plus de ses exercices matinaux, Chen Guang retournait au parc l'après-midi pour y répéter les mouvements appris le matin.

Grâce à son assiduité, ce débutant a été cité plusieurs fois en exemple par sa professeure. Il a même participé à des démonstrations organisées sur le Bund à Shanghai.

Mais pour apprendre le taiji, cela n'a pas toujours été si simple : la première fois que Chen Guang a demandé à un professeur de lui enseigner le taiji, celui-ci a refusé parce qu'il était étranger.

En 2008, Chen Guang revient en Chine pour travailler à Beijing. Il veut continuer le taiji, mais ne parvient pas à trouver un bon professeur, même après trois mois de recherche dans tous les parcs à proximité de son logement.

Il opte finalement pour une école de kung-fu recommandée par une personne rencontrée dans un parc, où il apprend le Changquan (Poing long) avec des enfants et de jeunes professeurs. Après ses journées de travail, il s'y rend tous les soirs pendant une heure et demie, et le weekend.

"Le Changquan est à la base de l'apprentissage du kungfu dans plusieurs écoles, comme à Shaolin. J'ai eu la chance d'aller visiter le Temple de Shaolin, mais c'est Wudang que je préfère".

Malheureusement, Chen Guang déménage au bout d'un an, et n'habite plus à côté de cette école. Il arrête donc le Changquan.

Il est aujourd'hui de nouveau en quête d'un professeur.

Désormais, lorsqu'il fait beau et que Chen Guang est libre, il pratique seul le taiji ou la boxe dans le parc du Temple du Ciel, près de chez lui.

"J'espère tout de même retrouver un bon professeur, car l'ambiance n'est pas la même quand on pratique tout seul, et les gestes corrects se perdent peu à peu", dit-il.

Source: xinhua

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