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Français>>Les relations sino-fran?aisesMise à jour 21.05.2012 16h15
Relations France-Chine : le changement c'est (vraiment) maintenant ?

Depuis quelques jours, la France a un nouveau Président et un nouveau Gouvernement. « Le changement, c'est maintenant » était le slogan de campagne de François Hollande ; le voilà élu, il va devoir désormais s'atteler à une tâche immense, à l'intérieur comme à l'extérieur. Nos colonnes ne sont pas l'endroit pour parler des affaires intérieures à la France, qui ressortent de la souveraineté de ce pays. Mais avec l'arrivée d'un nouveau Président en France, il est en revanche plus justifié de s'interroger sur l'avenir des relations franco-chinoises, un bilan et perspectives, en quelque sorte.

Les relations franco-chinoises sont très anciennes, tout le monde le sait, et le moins que l'on puisse dire est qu'elles ont connu des hauts et des bas, allant parfois même jusqu'à un affrontement armé, comme lors de la Seconde Guerre de l'Opium en 1860, le conflit franco-chinois de 1884-1885 ou de l'intervention lors de la Révolte des Boxers en 1900. Tout cela est fort heureusement un passé révolu, et depuis les relations entre les deux pays ont connu des moments nettement plus favorables ; on se souvient de l'établissement des relations diplomatiques entre la France et la Chine dès 1964, qui fut à l'époque un évènement de portée mondiale, celui d'un partenariat stratégique global en 1997, ou encore l'Année Culturelle de la Chine en France en 2004, avec en point d'orgue un défilé chinois sur les Champs-Elysées. Au quotidien, les relations tiennent, il faut bien le dire, un peu des montagnes russes, et notamment lors du quinquennat précédent, sous le mandat de Nicolas Sarkozy, dont les prises de position en changement constant à l'égard de la Chine ont sinon irrité, tout au moins dérouté cette dernière, notamment après sa rencontre avec le Dalaï-Lama. A cet égard, nombre de mes amis chinois, ou même des Chinois de rencontre, m'ont parlé avec une certaine nostalgie du Président Chirac, un homme qui « aimait la Chine, lui ». Sous-entendu, le Président Sarkozy n'aimait pas la Chine. Je ne serais pas aussi catégorique, mais je dirais plutôt, et c'est le moins que l'on puisse dire, qu'il connaissait nettement moins bien l'Extrême-Orient, et en particulier la Chine, que son prédécesseur…

Mais que va être l'avenir de ces relations, avec l'arrivée d'une nouvelle équipe ? Certains en Chine, sont inquiets ; il est vrai que nouveauté et inconnu font souvent bon ménage, mais, plus que d'inconnu, je pense que certains Chinois sont préoccupés par le comportement passé de l'équipe qui est aujourd'hui au pouvoir, et je ne suis pas certain que le fait que François Hollande ait reçu l'Ambassadeur de Chine en France Kong Quan tout de suite après son élection dissipera le malentendu. On ne saurait passer sous silence les déclarations pour le moins maladroites –argument électoral digne d'une campagne présidentielle américaine ou expression d'une pensée réelle, l'avenir nous le dira- si ce n'est agressives, à l'égard de la Chine. Je cite : « Je suis arrivé à un moment où je pense qu'il faut nommer l'adversaire … Il faudra le faire pour les Chinois. Le problème, il est chinois. Ils trichent sur tout … Il faudra ouvrir le conflit ». On ne saurait être plus clair…

Mais le problème est que François Hollande n'est pas le seul à afficher des positions hostiles à l'égard de la Chine dans l'équipe actuellement au pouvoir ; dès son élection, j'avais fait part de mes inquiétudes quant à cela auprès de mes amis chinois, qui ne savaient pas que des dirigeants du Parti Socialiste ont été nombreux à faire de même, et notamment celui qui est aujourd'hui Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault. En ce domaine, son passif est assez chargé… qu'on en juge : il fut membre du Groupe d'études sur le problème du Tibet de l'Assemblée Nationale française (sic… il y a de quoi être stupéfait par l'existence même d'un groupe pareil, qui s'arroge le droit de discuter des problèmes intérieurs d'un pays souverain), il a poussé l'hostilité jusqu'à recevoir en grande pompe le Dalaï-Lama dans sa mairie de Nantes en 2008 et de pavoiser celle-ci avec le soi-disant drapeau tibétain. Vous en doutez ? Alors allez sur Google et tapez par exemple « Nantes Ayrault Dalai », et vous verrez… ou regardez encore sur le site Désirs d'Avenir de Ségolène Royal, ancienne candidate aux présidentielles et candidate déclarée au poste de Présidente de l'Assemblée Nationale, un des plus hauts postes publics en France… on y lit nombre de passages hostiles à la souveraineté et à l'intégrité de la Chine –elle-même a rencontré le Dalaï-Lama en 2008- et notamment la demande écrite faite par le nouveau Premier Ministre français en 2008 souhaitant encore que ce soi-disant drapeau soit hissé sur le fronton de l'Assemblée Nationale française au passage de la flamme olympique, dans un geste qui aurait été une provocation et une humiliation pour la Chine, en soutien –je cite toujours- à « ces hommes courageux qui luttent contre l'oppression » et « aux victimes du régime chinois ». Je n'invente rien, et cela a de quoi nous inquiéter quant à l'avenir des relations franco-chinoises. Tant de parti-pris, d'ignorance des réalités, d'ingérence dans les affaires intérieures ne présage rien de bon. A moins que ces personnes, qui sont intelligentes, personne ne le conteste, ne réfléchissent un peu et adoptent une position plus réaliste. Ni la France, ni la Chine, n'ont intérêt à ce que leurs relations se dégradent Le changement c'est maintenant ? Qui vivra verra…

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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