Pouvez-vous aller de Chine en France à vélo avec 2 000 yuans seulement ? À l'âge de 18 ans, Li Shangcong, de Shangqiu au Henan, l'a fait! Pourquoi? Juste pour apporter son œuvre au festival de Cannes, abandonnant ainsi le Gaokao (concours national d'entrée à l'université).
Déjà en Sibérie
« J'ai pleuré plusieurs jours à cause de lui. », a avoué hier la mère de Li Shangcong, tout en continuant de pleurer.
Abandonner le Gaokao et aller tout seul en France, Li Shangcong en avait parlé à sa famille en janvier, cinq mois avant le Gaokao. Sa mère l'avait pris comme une plaisanterie. Mais une semaine plus tard, Li Shangcong avait déjà préparé ses affaires et introduit une demande de visa.
« Vas-y, je ne te donnerai pas d'argent. », lui avait dit durement sa mère afin de l'empêcher de mettre à exécution son projet.
Cependant, Li Shangcong avait pris sa décision, « Maman, la lecture de plus de dix mille livres ne vaut pas un voyage de cinq mille kilomètres. Je vais à l'université la plus grande du monde: la société! C'est suffisant!. »
Le 11 avril, après avoir enfin convaincu sa famille, Li a commencé son voyage à vélo pour la France. Traversant les provinces du Shangdong, du Hebei, du Liaoning, du Jilin et du Heilongjian, il est arrivé le 15 juin à Manzhouli à la frontière sino-russe et puis il est entré en Russie.
Les journalistes et ses parents ne pouvaient pas le contacter car son portable était injoignable. « Il est près du lac Baïkal en Sibérie. C'est une région vaste et peu peuplée. Quelquefois, il n'y a personne sur plusieurs centaines de kilomètres. », dit sa mère, qui devait attendre que son fils trouve un cybercafé ou un téléphone fixe pour lui téléphoner. Le dernier coup de fil était le 25 juin dans l'après-midi, il était à Oulan-Oude en Sibérie.
Pour ce long voyage, les seuls besoins de Li sont : un vélo, un sac de couchage, un sac à dos, des ustensiles de pique-nique, des vêtements et 2 000 yuans. Les parents de Li ont lu minutieusement le projet de leur fils. L'itinéraire concret de chaque journée et l'organisation du temps étaient inscrits en détail. Il a projeté d'aller en France le long du pont terrestre eurasiatique, en passant par la Russie, les pays d'Europe orientale et d'Europe centrale. Le trajet est d'environ 12 000 km, dont la plupart seront parcourus à vélo. À cause de la durée limitée du visa dans divers pays, par exemple seulement 30 jours en Russie, il fera parfois de l'auto-stop pour économiser du temps.
“J'ai un rêve”
Li Shangcong aime lire depuis l'école primaire. Il est excellent dans ses études et a été admis gratuitement à l'école secondaire de Shangqiu.
Il a commencé à s'intéresser à faire des excursions à vélo et à filmer dès la première année du lycée.
En 2010, alors qu'il avait 16 ans, Li est allé tout seul à vélo à Shanghai. En 2011, pendant les vacances d'été après la deuxième année de lycée, il est entré à vélo dans la zone de l'Himalaya au Tibet. L'aller a été complètement parcouru à vélo et au retour, pour arriver avant la date de la rentrée scolaire, il a envoyé son vélo chez lui et a fait de l'auto-stop dans 42 véhicules différents.
Sa mère se souvient encore de l'allure de son fils en revenant du Tibet, « Le dos de sa veste et l'avant de ses pantalons étaient blanchis à cause du soleil. Il était aussi noir qu'un Africain. La paume de ses mains était blanche, tandis que le dos était noir. Il avait plusieurs trous dans ses semelles. »
« J'ai un rêve. Je vais devenir un réalisateur inscrit dans l'histoire. » Malgré l'abandon du Gaokao, Li Shangcong s'est fixé l'objectif suivant : le département de réalisation de l'Institut du Cinéma de Beijing. L'hiver dernier, il avait été admis au troisième examen de ce département. Il avait échoué au dernier examen parce qu'il y a 10 000 candidats pour huit admis. Mais il va retenter l'examen de ce département.