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Mise à jour 09.04.2008 15h08
Les régions intérieures du pays et le Tibet ont établi depuis toujours des liens serrés et harmonieux

Les objets historiques tibétains conservés précieusement dans le Musée impérial se comptent par des dizaines de milliers et ils datent au moins de plus de six siècles. On y remarque entre autres une statue en laiton (cuivre jaune) et en or de qualité supérieure du fondateur du Bouddhisme Sakyamuni dans la pose assise, laquelle statue a été octroyée au chef de la religion tibétaine à l'époque Yongle (1403-1424) de la dynastie des Ming (1368-1644), une statue de Sharpyinma à quatre bras offerte par le 8ème Dalai Lama à l'empereur Qianlong (1736-1794) de la dynastie des Qing (1644-1911), un Tangka (translitération de la langue tibétaine qui désigne un rouleau de toile de soie ou de papier brodé ou simplement peint) sur lequel est peint le portait du 5ème Dalai Lama Nagdban Blobzan (1617 à 1682), ... etc.

Tout comme le harnais de l'époque sur lequel était monté le 6ème Panchen Lama qui avait parcouru des milliers et des milliers de kilomètres pour venir à Pékin, ces objets historiques reflètent de façon véridique les relations historiques resserrées et harmonieuses les régions intérieures de la Chine et le Tibet. Pour pouvoir goûter et apprécier encore mieux ce rouleau de peinture historique, notre correspondant a interviewé Wang Jiapeng, chercheur au Département des palais du Musée du Palais impérial, qui a commencé à étudier il y a déjà plus de vingt ans les objets historiques du Tibet.

C. : Le 5ème Dalai Lama était le premier dont le titre fut conféré par le gouvernement central. Y-t-il des objets historiques qui le concernent et qui sont conservés jusqu'ici dans votre musée ?

W. : Un Tangka sur lequel est peint le portrait du 5ème Dalai Lama Nagdban Blobzan est précieusement gardé dans le musée. On voit sur le Tangka l'image de Nagdban Blobzan qui porte sur sa tête un chapeau de moine de couleur jaune. Il tient dans sa droite une fleur de lotus et dans sa main gauche un « Falun » (Roue de la justice ». Il est assis sur une chaise incrustée de diamants, alors que l'arrière-plan présente le Palais Potala.

A l'époque des Qing, le 5ème Dalai Lama, le 6ème Panchen Lama et le 13ème Dalai Lama sont venus présenter leur respect à l'empereur de Chine et c'était justement au début, au milieu et vers la fin de la dynastie des Qing.

Le titre du 5ème Dalai Lama lui a été conféré officiellement sous le règne de l'empereur Shunzhi (1644-1661) et c'était grâce au soutien du gouvernement central impérial que le prestige et la puissance du Dalai Lama se renforcèrent de jour en jour au Tibet et que son statut de chef de la religion tibétaine fut reconnu et déterminé.

Le titre de « Dalai Lama » a commencé à partir du 3ème Dalai Lama Suonan Jiacuo. C'était vers l'an 1578 à l'époque Wanli de la dynastie des Ming, le Khan Yanda, chef de la tribu mongole Tumote, avait alors offert ce titre respecté à Suonan Jiacuo en lui présentant le respect d'un chef mongol à un chef religieux de la secte Gelu. Ce titre ne pouvait être comparé à celui conféré par la suite par l'empereur de Chine. Quant au 1er et au 2ème Dalai Lama, leur titre leur ont été donné à titre posthume.

C. : On a entendu dire qu'une grande quantité de vestiges culturels ayant rapport au 6ème Panchen Lama sont conservés dans le musée en question, et surtout le harnais qu'il utilisa pour réaliser le désir qu'il caressa depuis longtemps de faire une visite dans la capitale impériale des Qing et on dit même que les deux empereurs Qianlong et Jiaqing de la dynastie des Qing s'en servaient même. C'est vrai ?

W. : Ce harnais, qui porte le nom de « Harnais du 6ème Panchen Lama Erdeni », a une longueur de 67 centimètres et il est travaillé minutieusement et méticuleusement, alors qu'elle est confectionnée avec des matières premières de qualité supérieure. C'est vraiment un objet raffiné, délicat et finement travaillé. Le 6ème Panchen Lama l'utilisa durant tout son voyage qui commença à partir de la ville de Xigaze et qui a couvert une distance d'une dizaine de milliers de kilomètres et il arriva juste à temps dans la capitale chinoise pour assister à la fête donnée à l'occasion des quinze lustres de l'empereur Qianlong. Il exprima l'admiration et le soutien du peuple tibétain pour le gouvernement central du peuple tibétain Il put ainsi réaliser le rêve qu'il caressait depuis longtemps. Avant de rentrer au Tibet, il offrit le harnais en question comme cadeau à l'empereur Qainglong qui le donna par la suite à son héritier présomptif qui devint par la suite l'empereur Jiaqing. Le 6ème Panchen Lama est après le 5ème Dalai Lama, le plus important chef de la religion bouddhiste qui entama une visite dans la capitale impériale pour présenter ses respects à l'empereur. Sa visite revêt une grande importance pour le renforcement des relations entre le gouvernement central et les autorités locales tibétaines, pour la consolidation de l'unité de toutes les nationalités chinoises et pour la préservation de l'unification de tout le pays.

Le 6ème Panchen Lama attrapa par malheur la variole et il mourut à Pékin. L'empereur Qianlong exprima son immense regret pour le décès du Panchen Lama et lui rendit le dernier hommage. Il fit construire dans la Cité interdite (le Palais impérial) un mémorial commémoratif et donna l'ordre de conserver précieusement tous les objets laissés par le disparu. C'est ainsi que le Tangka à la mémoire du Panchen Lama, ses mémoires et rapports adressés à l'empereur ainsi que d'autres objets historiques ont pu être conservés jusqu'à maintenant pour nous transmettre de véritables informations historiques.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne



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