Nouvelles bilingues/Edition du week-end/Notre site/Archives/

 
Français>>ChineMise à jour 15.12.2010 17h18
Le respect mutuel et la stratégie complémentaire ont stimulé le développement de la relation sino-française en 2010

A l'approche de la fin de l'année 2010, l'ancien Premier ministre français et grand ami de la Chine Jean-Pierre Raffarin est revenu en Chine. Il s'agissait de sa cinquième visite cette année ; il en a profité pour amener son nouveau livre, « Ce que la Chine nous a appris », et Jean-François Copé, nouveau secrétaire de l'UMP, qu'il a présenté aux dirigeants chinois.

En guise de bilan, nous pouvons clairement annoncer que les échanges entre la Chine et la France sont devenus plus aisés et approfondis en 2010, surtout en comparaison avec les deux années précédentes. Deux autres anciens Premiers ministres français, Alain Juppé et Dominique de Villepin, ont également effectué des visites en Chine. Le premier est maire de Bordeaux et nouveau ministre de la Défense, le second préside l'Association Asia-Pacific CEO's (APCEO). Ils ont tous deux reçu l'accueil cordial réservé d'ordinaire à un Premier ministre en fonctions. La Chine a souhaité renforcer la face de ses amis français.

La face a été un élément important des visites mutuelles entre les présidents des deux pays. Dans la cérémonie d'accueil organisée par M. Hu Jintao et son épouse pour leurs hôtes d'honneur à l'Exposition universelle de Shanghai, M. Sarkozy et Carla Bruni sont entrés en dernier sur la scène, comme le meilleur morceau que l'on garde pour la fin d'un spectacle. Le président français était assis juste à côté du président du BIE. Lors de la visite de Hu Jintao en France, le président français lui a montré son estime. Tapis rouge, escorte de la garde républicaine à cheval, accueil du chef de l'État lui-même et de son épouse à l'aéroport, cinq rencontres en quarante-huit heures à Paris et Nice… « Nicolas Sarkozy connaît parfaitement la tradition de donnant-donnant de Chine, et donne de la face à Hu, mais de manière plus importante, il gagne les commandes pour la France », analysait un commentateur de France 24.

De manière concrète, la coopération bilatérale est en plein essor. Les dossiers tombent comme des flocons de neige et les chiffres colossaux des commandes sont la vérité. Mais quand on analyse plus minutieusement ces commandes, la coopération économique entre la Chine et la France n'est plus une relation simple entre acheteur et vendeur, chaque dossier coopératif représente la demande du développement stratégique du pays.

Par exemple, sur la commande de 102 avions d'Airbus signée au cours de la visite de novembre, certains se demandent si « Airbus est vraiment mieux que Boeing » ; on ne peut pas donner de jugement professionnel, la qualité est peut-être similaire, mais juste à côté de Beijing, Airbus a installé une usine à Tianjin et transfère des technologies majeures vers la Chine. Il forme des ingénieurs dans le domaine aérospatial en partenariat avec l'Université de Beihang et les pilotes de l'Université de l'Aviation civile de Chine. Airbus réalise une intégration de l'enseignement, de la recherche, de la fabrication et de l'emploi en Chine, et ce mode coopératif dépasse de loin Boeing. Pour la Chine, cela s'accorde parfaitement avec la stratégie de développement national, soit la transformation du modèle de développement économique, ajustement structurel et amélioration du bien-être du peuple. Il n'y a donc rien d'étonnant à une commande de 102 avions d'Airbus.

Sur la coopération bilatérale dans le domaine nucléaire, il est intéressant de noter que les techniques nucléaires extérieures proviennent principalement des États-Unis, de Russie et de France, mais la dernière ne souhaite pas avoir de monopole. La France semble habile à saisir les opportunités. Dans le passé, la France et la Chine ont établi ensemble la centrale de Daya Bay, la première grande centrale nucléaire commerciale de Chine. Et aujourd'hui, dans le cadre de la protection de l'environnement, les deux pays sont en train d'accélérer leurs nouvelles coopérations. La France applique, sans la moindre réserve, la plus nouvelle technique EPR aux réacteurs de la centrale de Ling'ao en construction, et envoie un grand nombre d'ingénieurs français en Chine. Cette coopération est irrésistible pour la Chine. En plus, dans le domaine du bas carbone, la Chine partage ses expériences avec la France en offrant 145 000 panneaux solaires pour un centre environnemental en Provence. Une semaine seulement après la visite de Hu Jintao en France, une délégation française du secteur de l'automobile électrique s'est rendue en Chine afin de saisir les nouvelles opportunités du développement accéléré des industries émergentes.

Les coopérations économiques sino-françaises s'illustrent par des commandes et des sommes vertigineuses, mais en arrière-plan, ce sont les complémentarités de haut niveau de la stratégie de développement du pays.

Les échanges sino-français dans la culture sont également fréquents. Le Festival Croisements 2010, le panorama du cinéma français, la coopération entre la Cité interdite et le Louvre... De nombreux Chinois s'intéressent à ces événements, mais rien ne saurait éclipser la réussite brillante du pavillon français à l'Expo. La première confirmation étrangère à cet événement, première exposition collective de sept trésors du Musée d'Orsay, présence respectivement du chef de l'État et du président de l'Assemblée nationale lors de la cérémonie d'ouverture et de la journée nationale du pavillon, pour la plus grande fête de Chine en 2010, les Français se donnent clairement les moyens de leurs ambitions. Le pavillon français a d'ailleurs accueilli le deuxième plus grand nombre de visiteurs parmi les pavillons étrangers, et est resté très populaire tout au long de l'Expo. Tout le monde retiendra ce pavillon recouvert d'un quadrillage blanc.

Par rapport aux échanges économiques et culturels, les coopérations dans le domaine social semblent modestes, mais on ne peut nier les efforts de deux côtés, surtout dans le milieu médical. Cela est en partie dû à la volonté du ministre chinois de la Santé, Chen Zhu. Ce docteur diplômé de l'Université Paris Diderot et son épouse Chen Saijuan s'efforcent toujours de promouvoir les communications médicales entre la Chine et la France. Aujourd'hui, des organismes chinois et français ont construit un laboratoire des sciences du vivant à Beijing, établi un hôpital d'amitié à Yantai et fondé un centre de secours d'urgence à Wuhan. La France partage aussi ses expériences à l'occasion de la réforme du système médical en Chine.

Du reste, les relations éducatives et linguistiques restent étroites. L'Alliance française à Wuhan a fêté son dixième anniversaire et des Instituts Confucius sont présents dans toutes les régions françaises, y compris les départements d'outre-mer. Cette année, certains étudiants chinois ont été mêlés à un scandale d'achat de diplômes, mais cela n'arrête pas l'enthousiasme pour l'apprentissage du français ni les envies d'aller étudier en France.

En décembre, lorsque certains ont demandé une nouvelle fois à M. Raffarin son opinion sur les troubles de la relation sino-française en 2008, il a répondu par un proverbe chinois : « Quand le vieillard de la frontière perdit son cheval, qui aurait pu dire s'il n'en résulterait pas un bien ? » Sur l'avenir de la relation entre les deux pays, il écrit dans la postface de son livre : « l'amitié est mon expérience vécue pour le futur ».

En se tournant vers 2011, la Chine va entamer son XIIe plan quinquennal, la France va travailler en vue de la présidence du G20, et le rideau de l'année linguistique Chine France s'ouvrira... Après avoir connu des troubles en 2008, les peuples chinois et français comprennent que le sens véritable de « donner de la face » est de « se respecter ». Les demandes mutuelles n'ont rien changé, les intentions d'échange n'ont pas faibli, et nous sommes convaincus que l'amitié unissant nos deux peuples prend ses racines dans les profondeurs des âges.

Source: China.org.cn

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
La Chine souhaite que les pays concernées cessent les récriminations et stabilisent la situation dans la péninsule coréenne
Chine : l'APN va continuer ses discussions sur un amendement au Code pénal
Le football, symbole du combat de l'Afrique pour sa reconnaissance dans le monde (REPORTAGE)
Pourquoi y a-t-il moins d'embouteillages à Paris qu'à Beijing ?
« La plupart des Nations » s'opposent à la remise du Prix de la Paix à Liu Xiaobo
La plupart des membres de la communauté internationale ne soutiennent pas la décision erronée du jury du prix Nobel de paix
La France mène une diplomatie des « commandes » et les nouveaux pays émergents en sont la cible