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Français>>ChineMise à jour 13.07.2011 16h17
Chine-Etats-Unis : les discussions franches sont constructives

Les consultations entre les Etats-Unis et la Chine contribuent à réduire les différences de compréhension et permettent d'éviter les erreurs d'évaluation.

La sécurité dans la Région Asie-Pacifique attire beaucoup d'attention depuis des années, que ce soit en Chine ou dans le monde. La cause n'en est pas la possibilité d'une rivalité entre Beijing et Washington, mais l'inquiétude croissante au sujet de possibles « points d'éclair », allant de disputes maritimes entre la Chine, le Vietnam et les Philippines, le lancement prochain du premier porte-avions chinois et la plus grande « assurance » de la politique étrangère de la Chine.

L'attention est ordinairement focalisée sur les relations sino-américaines, car ces relations sont considérées comme déterminantes pour la stabilité, la paix et la prospérité dans la Région Asie-Pacifique.

Fort heureusement, Beijing et Washington essaient de faire face à ce défi et d'assumer leurs responsabilités. La première série des consultations sino-américaines sur l'Asie-Pacifique, qui s'est tenue à Hawaii à la fin du mois de juin, a marqué la résolution de la Chine et des Etats-Unis à renforcer la compréhension et la collaboration politique dans la Région Asie-Pacifique. Le Vice-ministre chinois des Affaire Etrangères Cui Tiankai et son homologue américain, le Secrétaire d'Etat assistant pour les affaires de l'Asie de l'Est et du Pacifique, Kurt Campbell, ont eu une discussion longue d'une journée, qui a été décrite comme « amicale, franche et constructive ».

Cependant, le message de la première série de consultations semble mitigé, témoignant tant d'un désir mutuel de coopérer que d'une incontestable complexité des relations sino-américaines.

Dans le même temps, bien que les deux parties aient précisé clairement un certain nombre de politiques essentielles dans la région -par exemple, M. Cui a insisté sur le fait qu'une solution pacifique à la querelle sur la Mer de Chine Méridionale bénéficierait à tout le monde, et M. Campbell a dit que les Etats-Unis étaient favorables à une « Chine plus forte »- il a semblé apparent que les liens sino-américains manquaient encore de confiance, et qu'il y avait peu de points d'accord sur de nombreux sujets, allant de la Corée du Nord, l'Afghanistan, le Pakistan et l'Iran aux ventes d'armes américaines à Taiwan et même à la définition de la liberté de navigation.

Mais en dépit de ce message mitigé, les deux parties semblent satisfaites de la première série de discussions. Personne n'est parti du principe qu'une seule série de discussions résoudrait tous les problèmes qui les séparent, mais les discussions ont été jugées par les deux parties comme un mécanisme positif qui, s'il est poursuivi, aidera sans aucun doute à construire une confiance mutuelle.

Les dernières années ont été témoin d'un changement notable dans les relations sino-américaines. Mais ce changement ne s'est pas manifesté dans les politiques et stratégies des deux pays l'un envers l'autre. En d'autres termes, le changement n'a pas été « structurel ». Compte tenu du contraste en termes de performances économiques entre les deux pays, certains pourraient soutenir cyniquement que les Etats-Unis sont en déclin et que la Chine monte, mais la disparité de puissance entre la Chine et les Etats-Unis reste forte, et la suprématie américaine perdure dans la plupart des domaines.

Les changements sont plutôt intervenus en matière de perception et de sensibilité. Par exemple, certains Chinois, obnubilés par l'indicateur du PIB, veulent repositionner la Chine dans la Région Asie-Pacifique, tandis certains Américains sont plutôt enclins à rester fermes pour empêcher Beijing de grignoter les intérêts stratégiques des Etats-Unis en Asie de l'Est.

Beijing ne cesse de répéter que l'émergence de la Chine sera pacifique, mais cette position ne reçoit que peu d'échos aux Etats-Unis, et de son côté Washington réaffirme que les Etats-Unis ne cherchent pas à agir envers la Chine comme ils le firent avec l'Union Soviétique, ce que peu de gens entendent en Chine.

Si le manque de confiance est le moteur de l'animosité, en ce cas jamais les relations sino-américaines n'ont été plus inquiétantes, ou plus pernicieuses.

En ce sens, une évolution saine des relations sino-américaines requiert coopération, collaboration et retenue. La confiance n'est pas un fruit que l'on cueille aisément. Les deux puissances n'arriveront pas au « respect mutuel et au partenariat gagnant-gagnant » à moins qu'ils n'en créent l'opportunité pour qu'elle figure sur leur agenda de manière sérieuse et honnête. Les premières consultations Sino-américaines sur l'Asie-Pacifique contribueront à créer cette opportunité.

Du fait de la fluidité des affaires mondiales, même des pays aussi puissants que les Etats-Unis et la Chine ne peuvent manipuler les politiques régionales. Les consultations visaient donc plutôt à synchroniser les objectifs et les politiques des deux pays et à réduire les mauvaises perceptions et le manque de confiance autant que faire se peut.

Depuis le début de la réforme et de l'ouverture, la Chine a beaucoup apporté à la prospérité et à la stabilité régionales. Mais maintenant, le défi consiste pour Beijing à savoir comment exercer sa puissance et son influence grandissantes d'une façon qui favorise la confiance. Pour les Etats-Unis, le défi sera de réussir à faire droit aux intérêts légitimes de Beijing, tout en maintenant leur statut dominant.

Par conséquent, la signification des consultations est qu'elles contribuent à construire des ponts fonctionnels entre Beijing et Washington propres à faire disparaître les erreurs d'évaluation. Sans ces consultations, des « surprises » pourraient menacer la stabilité des liens bilatéraux.

La réunion ministérielle du Forum Régional 2011 de l'ASEAN a commencé dimanche dernier, et la Mer de Chine Méridionale y est en vedette une fois encore, mais les consultations sino-américaines laissent suggérer que ceux qui parient sur une prise de bec entre la Chine et les Etats-Unis en seront pour leurs frais.

L'auteur, Zhu Feng, est Directeur adjoint du Centre pour les Etudes Internationales et Stratégiques et Professeur à l'Ecole d'Etudes Internationales de la Peking University.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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