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Français>>ChineMise à jour 21.10.2011 14h52
Dénigrer la Chine est une mauvaise façon de faire campagne

Il y a juste quelques mois, c'est Donald Trump qui hurlait tous les soir sur les écrans de télévision, accusant la Chine d'« arnaquer » les Etats-Unis.

Le milliardaire, dont beaucoup de gens pensaient qu'il allait se jeter dans la course aux présidentielles, n'avait alors que deux sujets à l'esprit : la Chine et l'acte de naissance du Président Barack Obama. Ce fut un soupir de soulagement quand finalement il renonça à concourir, bien que les sondages aient à un moment laissé entendre qu'il était le meilleur candidat républicain.

Pour autant, croire que le dénigrement de la Chine est fini est un voeu pieux. Mitt Romney, l'ancien Gouverneur du Massachussetts, et Rick Santorum, un ancien Sénateur de Pennsylvanie, sont à leur tour tombés à bras raccourcis sur la Chine la semaine dernière.

« Si j'ai assez de chance pour être élu président, je travaillerai pour changer de façon fondamentale nos relations économiques avec la Chine ... je commencerai dès le premier jour par dénoncer la Chine en tant que manipulatrice de monnaie qu'elle est », a ainsi écrit M. Romney dans un article d'opinion publié dans le Washington Post, utilisant même des mots comme « tricher » et « voler » pour décrire la Chine.

Quant à M. Santorum, il a été encore plus dur. « Je veux entrer en guerre contre la Chine », a t-il déclaré, sans pour autant préciser quel type de guerre.

Mainfestement, certains candidat du Parti Républicain croient qu'ils peuvent tirer profit de la grande méconnaissance du public américain envers la Chine, et que taper sur la Chine leur apportera plus de suffrages, du fait de l'immense frustration qui règne aux Etats-Unis à cause d'un fort chômage, d'une dette nationale énorme et du déficit fiscal.

Trouver un bouc émissaire comme la Chine est une façon facile de détourner l'attention des vrais problèmes et des solutions possibles -que manifestement de nombreux candidats n'ont pas.

Hélas, Jon Huntsman, le seul expert de la Chine parmi les candidats républicains, a été en grande partie ignoré.

M. Huntsman, ancien Gouverneur de l'Utah et ancien ambassadeur des Etats-Unis en Chine, a dit qu'il ne souscrivait pas à la conception du commerce international de Donald Trump ou Mitt Romney. « Je ne veux pas que nous nous retrouvions pris dans une guerre commerciale. En ce qui concerne la Chine, si vous commencez à leur infliger des pénalités ... alors attendez vous à recevoir la monnaie de votre pièce », a t-il dit pendant le débat.

Tandis que M. Huntsman croit que le dialogue et le droit international sont les meilleures solutions, MM. Romney et Santorum semblent plutôt partir sur une voie de confrontation. Ils semblent croire que faire des reproches à la Chine et aller à la confrontation avec elle est la panacée à tout les maux des Etats-Unis.

Bien que certains Chinois discutent toujours des concessions énormes que la Chine a accordé aux investisseurs étrangers, particulièrement après son entrée à l'OMC il y a dix ans, la majorité de la population chinoise croit à des politiques avantageuses pour les deux parties en matière de commerce international, même si cela signifie plus de gains pour les investisseurs étrangers et d'autres nations et des gains plus faibles pour la Chine.

Les derniers chiffres montrent que les trois quarts des 200 plus grandes sociétés d'import-export basées en Chine appartiennent à des étrangers. Il est évident que le commerce sino-américain profite plus aux consommateurs et aux sociétés américaines qu'aux consommateurs et aux entreprises chinois. Des gens comme Romney, qui a fait une partie de sa carrière à Wall Street devraient être pleinement conscients du concept économique de base des avantages comparatifs.

Et du fait que de plus en plus de multinationales américaines délocalisent leurs installations productives dans une Chine moins chère, vendant leurs produits sur le marché chinois et ensuite aux Etats-Unis, le déficit du commerce bilatéral ne peut que se développer.

On peut percevoir la même absurdité quand les politiciens américains reprochent aux consommateurs chinois de trop économiser et de ne pas dépenser assez, tout en ignorant totalement le problème des Américains qui dépensent trop et économisent trop peu. Cette folie de reprocher à la Chine de prêter trop d'argent aux Etats-Unis semble également évidente.

Mais tout comme Bill Clinton et George W. Bush, qui s'étaient exprimés de façon très dure à propos de la Chine pendant leur campagne, mais qui eurent ensuite tôt fait de devenir raisonnables après leur élection, la rhétorique anti-Chine de MM. Romney et Santorum est peut-être également destinée à rafler des voix.

Pourtant, à un moment critique comme celui-ci, c'est un pari dangereux. Cela risque de distraire les Américains des graves problèmes auxquels fait face leur pays, tel que l'emploi, les impôts, les dettes et les énormes disparités de richesse.

Dénigrer la Chine est une mauvaise politique de campagne. C'est mauvais pour les importantes relations entre les deux plus grandes économies du monde. C'est mauvais pour la Chine et c'est mauvais pour les Etats-Unis.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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