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Français>>ChineMise à jour 15.12.2011 16h02
L'Année du Dragon sera probablement une année difficile...

L'Année du Lapin en 2011 n'a pas été une année facile pour les affaires étrangères de la Chine, qui a connu sa plus grande évacuation de citoyens d'un pays étranger, dans une Libye plongée dans la guerre. Elle a connu aussi une plus tension régionale plus forte avec un retour stratégique très médiatique des Etats-Unis dans la région Asie-Pacifique, qui explique en partie pourquoi les disputes maritimes des voisins asiatiques de la Chine se sont aggravées. Et dans le même temps, la situation économique maussade de l'Occident, qui a cependant affiché des positions militaires et diplomatiques nettement plus fermes, a imposé à la Chine d'agir en réponse.

Cependant, avec les troubles au Moyen-Orient, qui n'en finissent pas et qui pourraient faire monter le prix du pétrole et poser des défis stratégiques, l'émergence de nouvelles têtes après les élections dans plusieurs grands pays, et une économie mondiale morose qui pourrait avoir des conséquences économiques et politiques négatives, l'atmosphère diplomatique pourrait être encore plus difficile pour la Chine lors de l'Année du Dragon.

Des liens plus forts

Bien que les Etats-Unis démentent que la relance de leur politique en Asie-Pacifique soit ce que beaucoup considèrent comme une façon de contrebalancer la puissance croissante de la Chine dans la région, le monde a maintenant les yeux tournés sur la manière dont les deux plus grandes économies du monde vont concilier leurs intérêts dans la région, qui soutient la croissance économique du monde et son équilibre stratégique.

Donald Nuechterlein, scientifique politique américain et spécialiste de la politique étrangère des Etats-Unis, a défini ainsi la stratégie américaine dans la région Asie-Pacifique dans un commentaire publié sur le site internet du Daily Progress : la Chine est probablement à l'heure actuelle l'intérêt national les plus important des Etats-Unis, et le Président américain, tout comme le Secrétaire d'Etat et le Secrétaire à la Défense, sont en train de « construire une coalition d'Etats d'Asie » pour empêcher la Chine d'« étendre sa sphère d'influence en Asie du Nord-Est et du Sud-est ». Il a ajouté que dans cette stratégie figure la visite très médiatisée de la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton au Myanmar ainsi que le récent accord avec l'Australie pour stationner des troupes américaines sur la côte Nord du pays, à Darwin.

D'après Peng Guangqian, stratège à Beijing, le test diplomatique le plus important pour la Chine l'année prochaine viendra du changement de paysage géopolitique régional provoqué par le ré-engagement stratégique des Etats-Unis dans les pays du pourtour Asie-Pacifique.

« La nouvelle stratégie Asie-Pacifique des Etats-Unis est le défi le plus grave à l'ordre mondial actuel, et elle va complètement restructurer le paysage stratégique mondial et mettre une pression jamais vue jusqu'alors sur la sécurité nationale de la Chine », a dit M. Peng.

« La plus grande tâche diplomatique de la Chine en 2012 sera de trouver la façon d'utiliser sa puissance économique et politique pour répondre à cette politique américaine d'endiguement », dit-il.

La nouvelle politique Asie-Pacifique des Etats-Unis explique aussi en partie pourquoi certains pays de la région se sont récemment montrés aggressifs envers la Chine au sujet de disputes maritimes. Les revendications faites sur certaines parties de la Mer de Chine Méridionale, qui ne devint un problème régional qu'après la découverte de riches gisements de pétrole dans les années 1970, se sont accentuées ces deux dernières années, faisant de la région un point diplomatique très sensible.

Le journal singapourien Lianhe Zaobao a publié un article en octobre, disant que « les Etats-Unis sont en train de constituer une alliance dans la région et de jouer un jeu de diplomatie idéologique pour isoler la Chine ... en semant la discorde entre la Chine et d'autres pays de la région pour l'entraîner dans des disputes sans fin avec ses voisins ».

L'article a recommandé à la Chine de bien garder à l'esprit la nature de la stratégie d'endiguement des Etats-Unis, tout en essayant d'éviter la confrontation directe.

Il a aussi conseillé à la Chine de tirer le meilleur de sa solide croissance économique et de renforcer ses liens avec les autres acteurs de la scène mondiale pour contrebalancer les Etats-Unis et de se dégager des conflits actuels.

Wang Yizhou, Doyen associé de l'Ecole d'Etudes Internationales à la Peking University, dit quant à lui que la Chine devrait exploiter et maximiser ses ressources de manière créative et devenir plus activement engagée.

Il a ajouté que ce genre d'initiative peut très bien être mise en oeuvre tout en gérant le problème de la Mer de Chine Méridionale, le ré-engagement des Etats-Unis dans la région Asie-Pacifique et le changement de leadership au Moyen-Orient.

Une reprise économique

Des trois plus grandes économies du monde, les Etats-Unis luttent pour stimuler une économie en berne et l'Europe est tombée dans la plus grave crise de la dette souveraine depuis la grande crise financière qui a touché les plus grandes économies du monde en 2008. En octobre, le Bureau du Budget et de la Gestion de la Maison Blanche a publié un rapport, selon lequel la croissance économique de l'année prochaine serait située entre 2,6 et 3,3% et le taux de chômage entre 8,3 et 9%, ce qui veut dire en clair que les Etats-Unis vont continuer à avoir un fort déficit, un taux de chômage élevé et une faible croissance.

Duncan Freeman, chercheur émérite au Centre d'Etudes Contemporaines Chinoises de Bruxelles, pense que la diplomatie économique posera plusieurs défis majeurs à la Chine en 2012.

« La crise qui perdure aux Etats-Unis et en Europe aura des répercussions importantes dans le monde. Il y aura des demandes faites à la Chine pour sauver l'Europe, et il faudra aussi faire quelque chose au sujet des frictions avec les Etats-Unis. Et comme la crise aux Etats-Unis et en Europe s'aggrave, il est probable que ces demandes vont s'accroître », a t-il dit.

« L'économie et les conséquences de la crise vont continuer à être au centre de la politique mondiale, et la Chine va se voir demander de jouer un rôle important pour y apporter des solutions », a t-il dit.

D'après Wang Yizhou, la faiblesse des économies américaine et européenne aura des conséquences sur leurs politiques intérieures et rendra leurs diplomaties plus conservatrices et plus protectionnistes envers la Chine, qui non seulement est la deuxième plus grande économie du monde, mais qui possède aussi d'abondantes réserves en devises étrangères.

Li Daokui, conseiller auprès du Comité de Politique Monétaire de la Banque Populaire de Chine, la banque centrale, pense que la faiblesse économique de l'Union Européenne et des Etats-Unis est la raison sous-jacente qui est derrière les changements complexes en cours de la situation mondiale.

« L'affaiblissement du contrôle économique des pays développés a pour conséquence un déclin de leur contrôle du système mondial », a dit M. Li lors d'un forum organisé à Beijing le 4 décembre par l'Institut des Realations Internationales Modernes à l'Université Tsinghua, sur la politique mondiale.

« Les serpents ne mordent pas souvent, mais ils le font quand ils se sentent menacés », a dit M. Li.

Des points chauds mondiaux

La situation politique et économique mondiale en 2012, hautement vulnérable, combinée avec des élections dans plusieurs pays majeurs, va continuer à rendre actifs les problèmes régionaux et mondiaux l'année prochaine. Les points sensibles régionaux pourraient affecter les intérêts stratégiques de la Chine, car le pays possède à présent une forte présence et des intérêts politiques et économiques un peu partout dans le monde.

L'année 2012 pourrait voir la poursuite des révoltes violentes et des conflits armés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où les troubles politiques ont provoqué une guerre internationale et des violences intérieures comme en Libye, en Tunisie, en Egypte et en Syrie en 2011. Et dans le même temps, les conflits anciens dans la Péninsule Coréenne et le Golfe Persique pourraient exploser si les négociations en cours échouent.

La Chine doit aussi se préparer pleinement à de possibles effets secondaires, par exemple si la persistance des troubles au Moyen-Orient pousse les prix du pétrole à la hausse et pose de nouveaux défis stratégiques, dit Wang Yizhou.

Mark Frazier, qui a dirigé les rencontres China Town Hall à l'Université de l'Oklahoma, dit que les deux défis diplomatiques principaux auquel fait face la Chine en 2012 seront l'accentuation de la pression des Occidentaux sur l'Iran et la probable escalade de la violence pouvant potentiellement déboucher sur un conflit armé en Syrie.

Finalement, comme l'a fait remarquer Dennis Pamlin, Directeur de l'Initiative Pauvre en Carbone des Nations-Unies, 2012 va mettre encore plus la pression sur la Chine pour prendre la tête dans de nombreux domaines.

Selon M. Pamlin, « L'appel à un leadership est une façon pour les autres pays de détourner l'attention de leurs propres responsabilités ».

Cependant, Men Jing, Professeur de relations UE-Chine au Collège de l'Europe en Belgique, dit que pour la Chine, un des problèmes sera d'équilibrer son développement intérieur avec ses responsabilités extérieures.

« En tant que puissante montante, la Chine subit une pression croissante de la part des autres pays pour endosser davantage de responsabilité internationale. Quel est le niveau de responsabilité que devrait assumer la Chine et dans quel domaine elle devrait prendre davantage de responsabilités, ce sont des sujets auxquels Beijing doit prêter une grande attention », dit le Professeur Men.

D'après Yan Xuetong, Doyen de l'Institut de Relations Internationales Modernes à l'Université Tsinghua, la Chine, en tant que puissance mondiale, ne saurait adopter une position de neutralité ou ne pas réussir à élaborer une politique.

« La Chine ne s'opposera pas à ce que certains pays prennent le leadership dans les secteurs où ils sont forts, mais dans le même temps, la Chine devrait aussi assumer davantage de responsabilité mondiale dans des secteurs où elle est bien placée », a dit M. Yan.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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