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Français>>ChineMise à jour 15.03.2012 09h05
La politique extérieure de la Chine : pas plus qu'elle ne peut assumer

La politique extérieure de la Chine va continuer à s'adapter aux nouvelles circonstances, tout en respectant les cinq principes de coexistence pacifique.

Le Ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, a résumé les cinq caractéristiques de base de la diplomatie de la Chine au cours de la dernière décennie, lors d'une conférence de presse organisée la semaine dernière en marge de la session annuelle de l'Assemblée Nationale Populaire.

Le ministre a dit que la Chine a lutté pour sa sécurité nationale et son développement ; elle a cherché la coopération politique, économique et culturelle régionale et internationale ; elle a encouragé la réforme de la gouvernance mondiale pour renforcer la voix des pays en développement dans les affaires du monde ; elle a fait la promotion d'une image nationale ouverte et progressiste par le biais de visites d'État et l'organisation d'événements internationaux comme les Jeux olympiques, et enfin elle assumé davantage de responsabilités internationales afin de promouvoir la paix mondiale et le développement.

Cette situation a soulevé la question suivante: comment sera la diplomatie chinoise lors des dix prochaines années?

La diplomatie d'un pays est déterminée par des facteurs subjectifs et objectifs, avec des facteurs subjectifs qui reflètent l'engagement du Gouvernement dans l'élaboration et la mise en œuvre de ses politiques étrangères et sa capacité à comprendre et à influencer les tendances, et des facteurs objectifs qui sont constitués par tous les incidents qui se produisent en dehors du pays et dont il faut tenir compte.

L'aspect subjectif de la diplomatie chinoise répond aux questions concernant le rôle qu'elle devrait tenir dans la gouvernance mondiale et comment elle devrait participer aux affaires internationales. Selon toute vraisemblance, la future direction chinoise s'adaptera aux nouvelles circonstances, tout en respectant les lignes directrices de la politique étrangère du pays, adoptées de longue date, et promouvoir la construction d'un monde harmonieux et en contradiction avec le stéréotype répandu qui veut qu'un fort pouvoir recherche toujours l'hégémonie.

Certains citent souvent les principes de Deng Xiaoping, qui disait qu'il faut « faire profil bas » et « apporter une juste contribution » quand ils envisagent le développement de la diplomatie chinoise, d'autres estimant également que la Chine garde un profil trop bas pour pouvoir apporter une contribution raisonnable.

Mais cet argument ne tient guère la route. La pierre angulaire de la diplomatie chinoise réside dans ses intérêts nationaux, et les initiatives diplomatiques de la Chine devraient avoir pour objectif de défendre ses intérêts nationaux. Les principes de Deng Xiaoping ne font pas exception, et la Chine s'y est conformée, en gardant un profil bas et en apportant sa juste contribution afin de préserver ses intérêts nationaux, et la Chine continuera à agir ainsi.

En comparaison, les facteurs objectifs qui affectent l'approche diplomatique de la Chine sont plus compliqués. Surtout, les pays développés et en développement ont accentué leurs attentes envers la Chine. Les pays développés veulent que la Chine joue un rôle plus important dans la gouvernance mondiale et à assume davantage de responsabilités. Certains espèrent même de la Chine qu'elle se joigne aux États-Unis et à l'Europe pour constituer un « Groupe des Trois » et devenir un « participant égal » dans la gouvernance mondiale. Dans le même temps, les pays en développement se réjouissent de l'émergence de la Chine et espèrent qu'elle pourra prendre l'initiative de se confronter au monde développé.

Mais la Chine ne devrait pas entreprendre plus qu'elle ne le peut. En effet, la Chine doit assumer les responsabilités qui lui incombent en tant que puissance émergence sur la base du principe de non-intervention dans les affaires intérieures des autres pays.

Car après tout, la Chine est encore un pays en développement et sa population pauvre dépasse les 100 millions de personnes, si l'on se base sur son seuil de pauvreté en milieu rural de 2 300 Yuans (364 Dollars US) par an, qui est resté un des plus bas du monde en développement jusqu'à ce qu'il soit relevé par rapport au seuil de 1 274 Yuans de la fin de l'année dernière. Mais même ce nouveau seuil reste inférieur à celui de l'Inde et d'un certain nombre d'autres pays en développement.

La montée en puissance de la Chine et d'autres économies émergentes a changé l'équilibre du pouvoir mondial et a accéléré le processus de multi-polarisation. Mais le monde multipolaire est n'est pas encore né, et cela est un autre facteur qui influe sur la diplomatie chinoise.

Comme la multi-polarisation n'est pas encore entrée dans les faits, les politiques de puissance et d'hégémonie dominent toujours la scène mondiale et la primauté économique du monde développé reste pour le moment encore inébranlable. Ces circonstances exigent que la Chine renforce ses relations avec les pays développés et, dans le même temps, qu'elle prenne position contre ces politiques de puissance et d'hégémonie.

Dans le même temps, des situations d'urgence qui existent à travers le monde constituent aussi un défi à l'élaboration des politiques de la Chine, le monde semblant être de plus en plus imprévisible.
Face à un environnement international aussi complexe, la Chine devrait évaluer avec soin sa diplomatie sur la base des changements nationaux et internationaux et s'efforcer de l'améliorer en appliquant sans relâche ses principes et en favorisant des relations extérieures axées sur la paix et des innovations théoriques dans les dix années qui viennent.

L'auteur, Jiang Shixue, est Directeur adjoint de l'Institut d'Etudes Européennes à l'Académie Chinoise des Sciences.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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