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Français>>ChineMise à jour 23.04.2012 08h31
Visite du Président du Soudan du Sud en Chine sur fond de tensions

Beijing va proposer sa médiation au leader sud-soudanais lors de son premier voyage à Beijing.

La visite du Président du Soudan du Sud en Chine n'a en effet pas été reportée, malgré l'escalade des tensions entre le Soudan et le Sud-Soudan.

Le Sud-Soudan a rompu avec le Soudan en juillet de l'année dernière, après des décennies de guerre civile, mais les deux Etats n'ont jamais réussi à se mettre d'accord sur une frontière, sur le prix que le Sud enclavé devrait payer pour le transport de son pétrole à travers le Soudan, ni sur la répartition de la dette nationale, entre autres questions.

La Chine va offrir sa médiation pour apaiser les tensions en cours durant la visite du Président Salva Kiir Mayardit, qui aura lieu du 23 au 28 avril et va essayer d'assurer la sécurité des actifs et des intérêts des citoyens chinois dans les deux pays africains, selon les experts.

Lors d'une conférence de presse organisée jeudi, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Liu Weimin a dit que la Chine est profondément préoccupée par la situation.

« La Chine appelle les deux pays à mettre immédiatement fin au conflit, à respecter la souveraineté de chacun et à considérer la question dans une perspective à long terme », a-t-il dit.

M. Liu a exhorté les deux pays à reprendre les discussions.

« La Chine a beaucoup œuvré pour apaiser les tensions entre les deux nations. Nous sommes prêts à travailler avec le reste de la communauté internationale et à continuer à agir pour la paix », a dit M. Liu, ajoutant qu'il n'a pas entendu parler du moindre changement dans le projet de visite du Président sud-soudanais Salva Kiir Mayardit.

Selon le Ministère des Affaires étrangères, le Président Hu Jintao s'entretiendra avec M. Kiir.

De son côté, le président soudanais Omar Hassan el-Béchir, revêtu d'un uniforme militaire, a déclaré devant des milliers de partisans rassemblés jeudi, dans l'Etat soudanais du Nord, le Kordofan : « Le Heglig appartient au Kordofan ».

Le Heglig, région riche en pétrole, a été capturé par le Sud-Soudan le 10 avril dernier.

M. Kiir a déclaré le mois dernier que le Heglig appartenait à son pays, mais le Soudan et l'Union africaine ont rejeté ses prétentions.

« Nous ne leur donnerons pas un pouce de notre pays, et nous couperons la main de celui qui osera la tendre sur le Soudan », a dit M. el-Béchir pendant le meeting.

Les tensions en cours ont incité M. el-Béchir à annoncer mercredi qu'il allait « libérer » le Sud-Soudan de ses dirigeants.

Cependant, de son côté, le Ministre de l'Information du Sud-Soudan Barnaba Marial Benjamin a déclaré jeudi aux journalistes que son pays n'est pas en guerre avec Khartoum malgré les remarques de M. el-Béchir.

« La République du Sud-Soudan n'est pas en état de guerre, pas plus qu'elle ne souhaite la guerre avec le Soudan », mais elle est en revanche désireuse d'avoir des relations pacifiques et deux Etats viables, a déclaré le ministre.

Les combats se sont intensifiés ces dernières semaines alors que nombreux sont ceux qui craignent que les deux nations plongent à nouveau dans une guerre totale.

Mardi, 22 personnes sont mortes lors d'un affrontement près d'une rivière qui divise les deux pays.
Zhong Jianhua, ambassadeur spécial de la Chine pour les affaires africaines, a déclaré mercredi aux médias chinois que tous les membres du personnel chinois présents sur le champ pétrolier disputé ont été évacués.
Le conflit fait peser des risques sur les actifs chinois, a-t-il dit.

Hu Shaocong, directeur de la division politique de l'Ambassade de Chine au Sud-Soudan, a déclaré jeudi à la Télévision Centrale de Chine (CCTV), que la zone de conflit était située à plus de 1 000 kilomètres de Juba, là où la plus grande partie de la population chinoise est concentrée. Jusqu'à présent, la situation est « relativement stable », a-t-il dit.

Li Xinfeng, un expert en études africaines à l'Académie Chinoise des Sciences Sociales, pense qu'un compromis sera difficile à trouver en raison de la méfiance qui existe entre le Soudan et le Soudan du Sud.

Mais pour autant, une guerre totale n'est guère probable, car les deux pays sont fragilisés par une situation économique difficile, après que le Soudan du Sud ait arrêté la production de pétrole cette année, a dit M. Li.
Le Soudan du Sud, qui dépend du pétrole pour environ 98 % de ses revenus, a en effet arrêté sa production de pétrole, après un différend avec le Soudan sur l'utilisation des pipelines d'exportation de ce dernier.

La médiation internationale des pays de l'Union Africaine et des Nations Unies pourrait contribuer à apaiser les tensions, et la Chine offrira pour sa part des services de médiation lors de la visite du président sud-Soudanais, a indiqué M. Li.

Dai Yan, un ancien conseiller chinois au Ghana, a déclaré que les deux voisins africains sont minés par des conflits divers, allant des ressources à la religion.

« La scission n'a résolu aucun des anciens problèmes », a dit M. Dai.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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