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Français>>ChineMise à jour 11.05.2012 16h12
Les Etats-Unis doivent faire preuve de lucidité et de clairvoyance
pour ne pas être pris en otage par leur allié philippin écervelé

Au cours du mois écoulé, les Philippines ont créé une série de farces en ce qui concerne les îles Huangyandao de la Chine et vu de façon superficielle, c'étaient des frictions et des escarmouches entre celles-ci et la Chine, alors qu'en réalité tout le monde comprend parfaitement qu'il y a l'ombre des Etats-Unis qui profitent de cette occasion pour procéder, comme ils le déclarent, à leur « retour » en Asie. Ce qui est plus étonnant et plus surprenant c'est que parmi les plus hauts dirigeants des pays de l'Asie Pacifique alliés des Américains, c'était le président philippin Benigno Aquino III qui le premier a déclaré ouvertement que la présence en Asie de ces derniers fait que la Chine éprouve de la crainte et n'ose plus utiliser la force armée. Plus est, le Secrétaire philippin des Affaires étrangères Albert del Rosario a annoncé que les Etats-Unis sont prêts à soutenir et à aider son pays pour qu'il ne subisse aucune attaque dans la Mer de Chine méridionale. Malgré la surprise et l'étonnement, il y a une réalité importante que personne ne doit ni négligée, ni ignorée et ni sous-estimée : les Etats-Unis eux-mêmes supportent une grande pression et se trouvent devant une situation difficile et embarrassante, laquelle n'était pas totalement due aux grands et importants intérêts qu'ils ont dans la région, mais plus encore ils se sentent désemparés et perplexes ne sachant que faire quant à la soi-disant « crédibilité » envers leurs alliés.

Au cours des quelques soixante dix années qui ont suivi la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les Américains ont établi dans le monde entier un large réseau d'alliance et de coalition militaires. Les pays qui font partie de ce réseau offrent et fournissent aux Etats-Unis des bases qui assurent la présence militaire américaine en première ligne, leur fournissent le ravitaillement logistique en cas de guerre, leur procurent de l'aide dans leurs opérations militaires et deviennent ainsi pour les Américains d'importants piliers qui contribuent à leur domination stratégique dans le monde entier. Comment faire pour maintenir et pour préserver ce réseau d'alliance est devenu pour chaque Président américain et pour tous les stratèges étasuniens un sujet d'études inchangé, lequel, à leurs yeux, constitue une grave menace et qu'en cas où il se produise des conflits militaires et qu'ils ne s'aventurent pas à protéger leurs pays alliés, ces derniers éprouveraient alors des doutes et des soupçons quant à leur « crédibilité » envers eux.

Il semble que cette idée revêt un caractère tout à fait logique, mais le fond du problème réside dans ce que cette idée de la « prédominance de l'alliance » peut être utilisée et profitée par des alliés écervelés et imprudents qui tiennent compte seulement de leurs intérêts privés et égoïstes, ce qui obligerait les Américains à être impliqués dans des conflits, et même dans une guerre, qui ne les concernent ni les intéressent aucunement. Dans les régions de l'Asie Pacifique, ils ont reçu de lourdes, amères et douloureuses leçons lors de la Guerre froide et qu'ils ne sont pas près d'oublier. Au début des années 50 du siècle dernier, l'une des raisons pour lesquelles les Etats-Unis ont été entraînés dans la guerre de la Corée, c'était comme l'a dit John Foster Dulles, le cinquante et unième Secrétaire d'Etat américain, pour « préserver la crédibilité des Américains ». Puis quinze ans plus tard, le Président Lyndon B. Johnson a poursuivi et appliqué la même logique en affirmant que : « Si nous ne nous intéressons pas au sort et au destin des Vietnamiens, Nos pays alliés éprouveront alors des soupçons et de l'incertitude quant à la valeur de nos promesses et de nos engagements, ce qui serait alors du désastre ! ». Ainsi, on constate de façon claire et significative que la logique des Américains envers leurs alliés enfoncés dans une situation pénible et difficile, c'est de faire valoir leur crédibilité afin que leurs alliés ne se retirent pas de l'alliance. A cet effet, il serait fort possible que les Etats-Unis soient entraînés dans de guerres qui leur coûtent chères. Pour ce qui est de la situation actuelle des îles Huangyandao, les Philippines font tout pour que les Etats-Unis s'y engagent et c'est un défi à la limite psychologique des Américains et n'est-ce pas pour ces derniers une épreuve à laquelle ils sont confrontée et devant laquelle ils doivent réfléchir sérieusement avant d'agir.

Le fond du problème ne réside pas dans le comportement des Américains qui pèsent le pour et le contre avant d'aider leurs alliés à sortir de l'impasse, mais dans l'abandon et de la renonciation par eux du mode de pensée et de réflexion de l'époque de la Guerre froide. Il leur faut pour cela ajouter le facteur moral dans leur idée de la soi-disant « crédibilité ». Car, ne tenant compte seulement que de l'importance de l'alliance sans réfléchir sur le bien-fondé oui ou non de la demande et de l'exigence de leurs alliés est quelque chose de surréaliste qui est en retard de notre époque, laquelle est une époque post guerre froide.

Pour les Américains, ce qui est important pour eux c'est de réfléchir sérieusement sur le sens de la « crédibilité », laquelle doit être une crédibilité supérieure d'une importance dépassant le cadre de la sécurité bilatérale, une crédibilité, laquelle en soi-même, doit répondre à la loi et à la pratique internationales, une crédibilité favorable et utile au règlement pacifiques des problèmes et une crédibilité profitable à la détente de la situation. Ce n'est qu'ainsi que la crédibilité serait douée alors de la vitalité serait revêtue d'un caractère durable.

L'idée d'une crédibilité bornée et mesquine ne pourrait que restreindre la pensée stratégique des Américains, les pousser à commettre des erreurs de jugement et amener ainsi des conséquences graves et imprévisibles qui occasionneraient certainement un dénouement désastreux pour chacune des deux parties concernées. C'est pourquoi il leur important d'empêcher et de stopper les propos extrémistes et outranciers débités par leurs alliés, ainsi que leurs réclamations absurdes, insensées, déraisonnables et injustifiées et faire en sorte que la dissuasion et le freinage des bêtises, des sottises et des absurdités commises par ces derniers devienne une importante partie composante de la crédibilité de l'alliance. Ce ne serait qu'ainsi que les intérêts stratégiques des Etats-Unis pourraient être assurés à long terme.

Les Américains ont déclaré qu'en ce qui concerne le problème du Nanhai (Mer de Chine méridionale), leur position est « neutre » et qu'ils ne choisiraient pas le « côté auquel ils donneraient leur appui ». C'est un signal positif qu'ils donnent et qui méritent d'être apprécié à sa juste valeur. Toutefois, ce qui est plus important encore c'est qu'ils ne doivent plus être liés et engagés par la soi-disant « crédibilité » de l'alliance, et surtout qu'ils ne donnent plus à leurs alliés des messages erronés qui les incitent à commettre des actions imprudentes et téméraires qui vont à l'encontre de leurs intérêts fondamentaux.

(L'auteur de cet article est un professeur associé à l'Université Niigata du Japon)

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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