 |
|
'Les habits neufs de l'empereur' de la fable de Christian Fable Hans, n'étaient pas visibles bien sûr, par contre la robe dragon portée par l'empereur Qianlong (1735-1796) de la dynastie Qing (1644-1911) est elle en vitrine à Pékin (Beijing) pour attirer les enchérisseurs potentiels de la prochaine vente aux enchères qui se tiendra à Christie's Hong Kong.
La robe, qui semble presque neuve, était uniquement portée lors des grandes occasions, tels son mariage, les anniversaires et les rituels exécutés lors des sacrifices aux dieux et ancêtres, a déclaré Chi Fan Tsang, une spécialiste de l'établissement commissaire-priseur international Christie's.
Aux enchères seront également proposés un sceau ayant appartenu à Qianlong et un trône utilisé par son grand-père, l'Empereur Kangxi (1662-1722), a-t-elle ajouté.
Ils passeront sous le marteau des enchères lors des ventes de printemps annuels des arts chinois de Christies Hongkong du 27 au 31 mai.
Christies proposera également des peintures, calligraphies, produits en céramique et en jade de la collection royale.
La robe dragon, qui devrait rapporter 4 millions de $HK (de Hongkong soit 512 000 $US) est la mieux conservée sur le marché mondial, a commenté Tsang.
D'après la maison Christie's, ils auraient trouvé cette robe chez un collectionneur étranger et espèrent le vendre à un collectionneur ou musée chinois.
Les spécialistes en sont arrivés à la conclusion que cette robe était utilisée pour les cérémonies particulières car cette dernière est brodée avec 12 symboles au lieu des traditionnels 9 dragons des atours de l'empereur.
Les 12 symboles, tels une hache, un corail, et deux coupes avec des tigres à l'intérieur, sont petites et dissimulés derrière des dragons sur des nuages.
Malgré la complexité de cet art, les robes dragons et autres textiles de ce genre ne sont pas populaires chez les collectionneurs chinois. Leur beauté est pour l'instant uniquement appréciée par les collectionneurs étrangers, et les ventes aux enchères de ces anciens textiles chinois se déroulent d'ailleurs souvent à New York.
"Les chinois pensent que cela porte malheur de porter des vêtements portés par les morts", a expliqué Tsang. Mais les valeurs traditionnelles évoluent étant donné que de plus en plus de gens voyagent à l'étranger et que leurs goûts s'internationalisent pour autant.
L'enthousiasme des collectionneurs est primordial pour la préservation de ces textiles, dont la valeur n'est pas autant reconnue que les autres types de reliques culturelles telles les céramiques, a commenté Gao Feng, conservateur à l'Institut de Recherche sur le Patrimoine Culturel de Chine.
Depuis des décennies, les acquéreurs de robes d'empereurs chinois lors des enchères sont pour la plupart des étrangers. Les collectionneurs chinois pensent que les broderies sont des objets banals, pas de très grande valeur, et difficiles à conserver. Ainsi la plupart des robes dragons sont disséminées à l'étranger. Ces dernières années depuis que des experts ont remarqué quelques ornements de broderies et qu'ils se sont rendus compte que les artisans de talents dans ce domaine avaient quasiment disparu, les collecteurs ont alors eu un regain d'intérêt envers ces collections textiles.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne