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Mise à jour 08.10.2007 09h41
Hainan : protection de la culture du tatouage de l'ethnie Li

Fu Yandi, une femme de 57 ans, habite dans un village montagneux du canton de Jiangbian de la ville de Dongfang située dans la province de Hainan, en Chine méridionale.

Si l'on rencontre cette femme de l'ethnie Li, on sera étonné de voir des traits, des grenouilles et des serpents peints en noir sur son visage, ses bras et ses jambes. Selon les coutumes traditionnelles des Li, toutes les jeunes filles doivent pratiquer un rite initiatique de tatouages avant de devenir femmes. Le tatouage des femmes li a une histoire de plus de 3 000 ans.

Avec l'influence de la vie moderne et du jugement esthétique, d'anciennes coutumes de tatouage des femmes li ont disparu dès les années 60. Aujourd'hui, cette culture du tatouage attire une attention particulière des gouvernements à divers échelons, selon un responsable du Département des Affaires nationales et religieuses de Hainan.

A la fin de l'année dernière, le tatouage des Li a été inscrit sur la première liste de protection du patrimoine culturel non matériel du gouvernement provincial de Hainan.

A l'heure actuelle, les femmes Li tatouées sont des personnes âgées. Après elles, l'histoire du tatouage des femmes Li prendra fin. Pour protéger la culture du tatouage des Li, le gouvernement projette d'enregistrer des données avec des écritures, des photos et des vidéos, a indiqué ce responsable.

La province de Hainan a déjà publié des albums de peintures et des livres spécialisés sur la culture du tatouage des Li, a-t-il ajouté.

Avec la proposition et le soutien du gouvernement, des savants chinois étudient attentivement la culture du tatouage des Li. Zhou Weimin et Tang Lingling, professeurs à l'Université de Hainan ont pris plus de 2 000 photos et ont collecté des dessins de tatouages. A présent, il y a encore 2 000 femmes li tatouées, a souligné Zhou Weimin.

Depuis plus de 3 000 ans, les méthodes et les dessins de tatouage des Li n'ont pas changé, a estimé le professeur Zhou. Bien qu'il n'y ait pas d'écriture chez les Li, les signes du tatouage ont enregistré l'histoire et les informations culturelles des Li de l'antiquité, a précisé Zhou. Ils constituent un phénomène rare de l'hérédité dans les histoires de l'humanité et des civilisations.

L'ethnie Li est l'une des 19 minorités nationales dont la population dépasse un million de personnes en Chine. A l'heure actuelle, elle compte 1,24 million de personnes dont la majorité se trouvent dans l'île de Hainan à l'extrême sud du pays. Au cours du dernier siècle, les Li vivaient dans les zones montagneuses du centre de Hainan sous une forme sociale de communauté patriarcale.

Les symboles tatoués reflètent les caractéristiques de l'ethnie Li qui a cinq branches. Le tatouage des femmes de chacune branche a été fait selon les dessins laissés par les ancêtres. Chaque branche est représentée différemment et marque les clans et les tribus des Li. Auparavant, un jeune homme pouvait deviner de quelle branche était une femme en regardant ses tatouages.

A l'âge de 11 ou 12 ans, les jeunes filles Li devaient accepter d'être tatouées et suivre la cérémonie d'initiation au passage à l'âge adulte. La grenouille est l'animal adoré des Li. Elle figure donc principalement dans les tatouages des femmes.

Le tatouage qui présente les concepts de beauté, la croyance religieuse et la forme d'organisation sociale des Li, a une importante valeur pour les recherches sur l'humanité et constitue un patrimoine précieux et particulier du patrimoine culturel de l'humanité, a fait remarquer Wu Zelin, professeur de l'Institut des Nationalités de la Chine du Sud-Ouest.

Source: xinhua



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