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Mise à jour 30.10.2008 11h19
La vente aux enchères à un prix exorbitant de deux trésors nationaux chinois du Yuanmingyuan suscite l'indignation du public chinois

Le prix doit être conforme à la valeur d'un vestige historique et culturel.

Confronté à la situation où les prix de la vente aux enchères de tête d'animaux en bronze dérobées dans le jardin du Yuanmingyuan, Palais impérial d'été construit de 1745 à 1759 sous l'empereur Qianlong de la dynastie des Qing (1664 à 1911), augmentent de façon exorbitante pour dépasser actuellement le cent million de yuans (monnaie chinoise), Zhao Yu, Vice Président de la Commission d'appréciation des objets d'art du Ministère chinois de la Culture, a indiqué que les prix des têtes d'animaux en bronze en question doivent être conformes à la valeur réelle de celles-ci en tant que vestiges historiques et culturels. Le retour en Chine en l'an 2000 du premier groupe de trois de ces objets revêt ses particularités, car leur « prix réel » comprend la valeur du sentiment patriotique. Vu sous l'angle de l'objet historique lui-même, ce prix a atteint son plafond. En tant qu'objet historique, il faut alors déterminé sa valeur économique en tenant compte de sa valeur historique, de sa valeur scientifique et technique ainsi que de sa valeur artistique.

* la réaction des parties concernées.

Le Bureau d'Etat des Musées et des Découvertes archéologiques : contre l'achat des objets historiques dérobés et emparés par des envahisseurs étrangers.

Song Xinchao, Directeur Général du Département des Musées du Bureau d'Etat susmentionné, a déclaré que ce dernier s'oppose à l'achat des objets historiques en question pour leur retour au pays. Car, a-t-il souligné, vu que ces objets appartenait à la Chine, il n'est absolument pas question de dépenser l'argent de la Chine pour qu'ils retournent dans notre pays. Ces deux objets historiques ont été pillés et enlevés par des agresseurs étrangers qui les ramenèrent dans leur pays respectif. D'après la convention internationale concernée, il faut lancer sur le plan moral un appel et mener une recherche pour que l'objet en question soit restitué. En ce qui concerne le mode de restitution, il est exclu en premier la vente aux enchères tout en respectant le souhait du collectionneur. Le mieux ce serait que la restitution soit effectuée au moyen d'offrande qui sera payée en retour par une compensation appropriée. Pour réaliser la restitution d'objets historiques, il est proposé et encouragé en outre le moyen de donation.

Le Fonds de sauvetage des vestiges culturels perdus : pas question qu'on utilise « Yuanmingyuan » comme une marque de fabrique.

Niu Xianfeng, Secrétaire Général Adjoint du Fonds spécial chinois pour le sauvetage des vestiges culturels écoulés à l'étranger, a indiqué que les têtes d'animaux en bronze de Yuanmingyuan font partie des preuves incontestables et irréfutables de la perte dans l'histoire de vestiges historiques et culturels de la Chine et de leur écoulement à l'étranger. D'un côté, nous devons respecter les règles commerciales des sociétés de vente aux enchères et le mécanisme de fonctionnement du marché de collection, et surtout la présente vente aux enchères qui a pour objet l'intérêt et le bien-être publics, ce qui est tout à fait irréprochable et excusable, de l'autre côté, la vente aux enchère d'objets historiques provenant de pillages lors de guerres anciennes est condamnable et reprochable et inacceptable que ce soit sur le plan du sentiment ou que ce soit sur le plan de la raison. « Yuanmingyuan » ne doit absolument pas devenir une marque de fabrique et faire en sorte que la vente aux enchères des vestiges historiques et culturels pillés et dérobés devienne une habitude commerciale universellement reconnue. C'est pourquoi le Fonds a contacté la Maison de vente aux enchères en question pour essayer de trouver un terrain d'entente et un mode de coopération acceptables pour les deux parties et pour s'efforcer d'aboutir à la satisfaction de tous à un dénouement heureux.

Christie's : en train de discuter avec ses partenaires de la vente aux enchères.

Confronté à la situation où le Bureau d'Etat chinois des Musées et des Découvertes archéologiques et le Fonds spécial chinois pour le sauvetage des vestiges culturels écoulés à l'étranger adoptent une position ferme face à la vente aux enchères prévue des deux têtes d'un rat et d'un lièvre en bronze, Christie's a déclaré qu'il est en train de discuter avec ses partenaires de la vente aux enchères et que décision sera prise dans les prochains jours.

La Direction du Musée de Yumingyuan : n'est pas d'avis que les objets historiques et culturels soient mis en vente aux enchères.

Zong Tianliang, Porte-parole de la Direction du Musée de Yuanmingyuan, a déclaré que la Direction du Musée s'est toujours opposé à la vente aux enchères des objets et des vestiges historiques et culturels : Primo, les prix de vente aux enchères de ce genre d'objets sont en général irraisonnés, fictifs, illusoires, imaginaires et chimériques, tout comme cette fois-ci le prix atteignant 200 millions de yuans ; Secundo, les objets historiques de Yuanmingyuan contiennent leur propre connotation particulière et dès qu'ils entrent dans le processus de vente aux enchères en tant que « machine pour gagner de l'argent », la connotation culturelle qu'ils revêtent disparaît entièrement et ils perdent leur valeur historique. « Mais ces objets qui appartenaient à la Chine ont été dérobés par des pilleurs et emmenés dans leur pays depuis de longues années. Lorsqu'on les met aux enchères à l'étranger, notre Direction est dans l'incapacité de l'empêcher. C'est pourquoi notre souhait ardent c'est le retour au sien de la patrie des objets historiques et culturels dérobés. », a dit Zong Tianliang.

* La Chine fait des efforts inlassables en vue de la restitution des objets historiques et culturels dérobés et emmenés à l'étranger et de leur retour au pays.

La Chine figure par les pays du monde signataires de la « Convention sur l'interdiction et la prévention de l'import-export illégal de biens culturels et du transfert de son droit de propriété » de l'Organisation des Nations-Unies pour l'Education, la Science et la Culture (UNESCO) et de la « Convention sur les objets historiques volés ou illégalement exportés » de l'UNIDROIT (The International Institute for the Unification of Private Law). Lorsque le gouvernement chinois signa en 1996 la « Convention d'UNIDROIT sur la restitution des objets historiques », il a déclaré solennellement : la Chine réserve tous ses droits de recherche et de rapatriement des objets historiques dérobés illégalement dans le passé et emmenés à l'étranger. Ces dernières années, la Chine a conclu séparément avec plusieurs pays, dont le Pérou, l'Italie, l'Inde et les Philippines, un accord bilatéral de lutte contre le trafic d'objets historiques et de protection du patrimoine culturel. Elle est en train de discuter et de négocier avec les Etats-Unis en vue de la signature d'un accord semblable.

* Le sort des douze trésors de la nation chinoise.

La voie de retour au pays des têtes d'animaux en bronze de Yuanmingyuan.

Parmi les douze têtes d'animaux conçues et fabriquées d'après les animaux des douze rameaux terrestres pour marquer l'année de naissance (rat, bœuf, tigre, lièvre, dragon, serpent, cheval, mouton, singe, coq, chien et porc), seulement cinq sont de retour au pays : têtes respectivement de bœuf, de singe, de tigre, de porc et de cheval. Parmi elles, en dehors de la tête de porc en bronze, les quatre autres têtes avaient fait sans exception l'objet de vente aux enchères.

En fin avril et début mai 2000, Sotheby's et Christie's ont procédé conjointement à Hong Kong à la vente aux enchères printanière au cours de la laquelle les trois têtes en bronze de bœuf, de singe et de tigre ont fait leur première apparition. La vente aux enchères par ces deux maisons d'objets historiques dérobés a provoqué une grande indignation de la part du public et des divers milieux de la société de la partie continentale chinoise et de Hong Kong. Finalement, China Poly Group Corporation participa à la vente et acquit les trois têtes en bronze séparément avec un coût de 7.745.000 dollars de Hong Kong pour la tête de bœuf, de 8.185.000 Dollars HK pour la tête de singe et de 15.444.750 Dollars de HK pour la tête de tigre.

Vers septembre 2007, Sotheby's annonça qu'il procédera à la vente aux enchères de la tête de cheval en bronze. Le docteur He Hongshen (Stanley Ho), industriel patriotique hongkongais, fit des démarches nécessaires et dépensa 69,1 millions de dollars HK pour l'acheter avant la vente aux enchères. Puis, il fit don à l'Etat chinois de cette tête de cheval en bronze.

Seul, la tête de porc en bronze fit son retour au pays au moyen de l'intérêt public. Début 2003, le Fonds spécial chinois pour le sauvetage des vestiges culturels écoulés à l'étranger apprit que la tête de porc en bronze a été emmenée aux Etats-Unis. Après discussion avec le collectionneur américain, ce dernier consentit à la céder aux Fonds avec un prix réduit. En septembre 2003, He Hongshen fit un don en argent de plus de 6 millions de yuans au dudit Fonds, ce qui permit à ce dernier d'acheter la tête de porc en question et de la faire retourner en Chine.

En dehors de ces cinq têtes d'animaux de retour au pays, on n'a aucune trace sur le sort de cinq autres (tête de dragon, tête de serpent, tête de mouton, tête de coq et tête de chien). Il est fort possible que les deux têtes de rat et de lièvre qui seront mises à la vente aux enchères en France seront les deux dernières qui existent encore.

--Appel pour le retour des trésors volés

Source: le Quotidien du Peuple en ligne



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