Edition du week-end/Plan du site/Notre site/Archives/

 
Français>>CultureMise à jour 29.05.2009 12h57
Le succès du Pleasant Goat and Big Big Wolf : un encouragement pour l'animation chinoise

La version grand écran du dessin animé chinois Pleasant Goat and Big Big Wolf(喜羊羊与灰太狼) occupe la deuxième place dans les box-offices après le dessin animé Kung Fu Panda(功夫熊猫) en Chine.

Surprenant : la production qui a coûté 6 millions de yuans a rapporté près de 90 millions de yuans au cours du premier mois dans les salles, dont 30 millions de yuans qui ont été faits pour le seul premier week-end de janvier, lorsque le cartoon était sorti dans les salles.

Ce que cette production ne possède pas en termes d'action ou des effets spéciaux, elle le complète avec son histoire assez simple d'une bataille de stratégie entre un troupeau de chèvres et deux loups.

Le dessin animé a également attiré un très grand nombre de fans de la série télévisée, sur laquelle il est basé. Au total 500 épisodes de la série ont été diffusés sur près de 50 chaînes de télévision au cours des trois dernières années.

S'exprimant lors du 5e Festival chinois d'animation à Hangzhou, dans la province du Zhejiang, Liu Yong, directeur des opérations de Shanghai Media Group (SMG) et l'un des producteurs du cartoon, a également fait l'éloge de la forte campagne de promotion, qui a inclus aussi l'organisation des fêtes pour les enfants dans les cinémas.

Leurs efforts auront certainement porté leurs fruits. Zhang Yisu, âgée de 5 ans, a dit au festival d'animation qu'elle a regardé le film deux fois avec ses parents.

On projette maintenant de produire une suite de l'histoire pour les prochaines vacances d'hiver, selon Liu Yong.

Il a fallu un an aux producteurs de Pleasant Goat pour que le dessin animé soit terminé et projeté en salles, à la différence du Kung Fu Panda, dont les recherches et la réalisation ont pris 5 ans de travail.

Le succès du Pleasant Goat est un encouragement pour l'industrie chinoise de l'animation. Cependant, Jin Delong, le vice-rédacteur de l'Administration d'État de la radio, du cinéma et de la télévision (SARFT), a publié une note qui n'est pas si optimiste. «Les producteurs des dessins animés en Chine ont encore un long chemin à parcourir pour pouvoir rattraper leurs concurrents étrangers dans la conception, la production et la promotion», a-t-il dit.

Zhu Yuqi, directeur général d'une société d'animation de Fujian, a commenté: "Bien que le contenu du Pleasant Goat ne soit pas aussi bon que ses concurrents étrangers, c'est le meilleur film d'animation chinois qui existe actuellement, et les enfants l'adorent."

Il est en train de travailler et retravailler sur le script d'un film d'animation qui raconte l'histoire de Matsu, la Déesse de la mer, qui protège les pêcheurs et les marins, en tentant de concourir avec le succès qu'ont eu Kung Fu Panda et Pleasant Goat.

Mark Osborne, le co-directeur du Kung Fu Panda, a participé au Festival d'animation, où il a discuté de la détermination nécessaire pour faire un bon film d'animation.

Zhu Yuqi et son collègue plein d'avenir, le dessinateur Wu Zheng, l'ont écouté avec une grande attention. Wu, qui est aussi scénariste, est âgé de 26 ans, et a été au chômage pendant plus de six mois. "L'industrie de l'animation en Chine a un avenir radieux, et il appartient à nous, les jeunes animateurs.", dit-il.

L'année dernière, Wu a dû quitter son emploi à Shanghai, où il travaillait pour une société d'animation, car son patron, comme beaucoup d'autres dans ce milieu, a décidé de travailler pour des clients américains et japonais au lieu de soutenir le marché national.

Dans le but de stimuler la production des dessins animés en Chine, le gouvernement chinois a adopté une série de mesures. En avril 2004, la SARFT a publié un document officiel, stipulant que de la production nationale d'animation devrait représenter pas moins de 60 % de tous les programmes d'animation diffusés sur les chaînes de télévision chinoises.

Deux ans plus tard, l'organisme a promulgué un règlement interdisant la diffusion des dessins animés étrangers sur les chaînes nationales chinoises entre 17h et 20h – l'heure, quand les écoliers regardent le plus la télévision.

En février de l'année dernière, l'interdiction a été étendue jusqu'à 21h, avec le minimum de la production nationale augmenté jusqu'à 70 % de la production totale diffusée à la télévision.

"Juste en quelques années, la quantité et la qualité de la production chinoise s'est beaucoup améliorée», a déclaré Jin Delong.

Les productions chinoises ont atteint une durée de diffusion totale de 130 000 minutes en 2008, contre 20 000 minutes en 2004. En outre, à la suite de la création du premier Centre national de production des dessins animés à Shanghai en 2004, 78 autres centres ont été mis en place. Le nombre de chaînes thématiques diffusant des dessins animés a augmenté : elles étaient 3 en 2004 et elles sont plus de 30 aujourd'hui, alors que la Chine compte maintenant plus de 5600 sociétés de production de films d'animation.

"90 % des sociétés de production de films d'animation sont des petits ateliers," a dit Lin Yuan, président de l' Aixun International Animation Training Agency. «Ils ont commencé à développer des productions originales, mais après, ils ont commencé à faire travailler pour les entreprises étrangères pour gagner plus d'argent." Les producteurs étrangers ont très longtemps utilisé les dessinateurs chinois comme source de la main-d'œuvre bon marché.

La compagnie de Zhu, qui a moins de 20 employés, fait les travaux de conception pour les entreprises nationales dans le but de gagner de l'argent pour soutenir son projet du dessin animé sur Matsu.
L'animation, c'est cher, avec des coûts pouvant atteindre plus de 10 000 yuans par minute.

"Les petites entreprises sont à peine capables de survivre pour pouvoir profiter de la politique préférentielle du gouvernement central et des administrations locales, comme par exemple le remboursement de 2000 yuans par minute de production si l'un des dessins animés est diffusé par la CCTV," a déclaré Anna Sze, directrice générale de King Momo Limited, une compagnie de production de dessins animés du Fujian.

De plus grandes sociétés de production des films d'animation ont plus de chances de survivre parce qu'ils ont plus de capitaux pour soutenir leurs créations.

«Le ratio entre notre travail pour les compagnies étrangères et ce que nous produisons pour la Chine est de un pour un, a déclaré Zhu Youlan, la président de Jiang Toon Animation, l'une des plus grandes entreprises de production de dessins animés en Chine. "Nous faisons ce travail pour être en mesure de poursuivre nos projets créatifs."

En raison de l'interdiction de diffusion des productions étrangères en prime time, les chaînes chinoises ont besoin plus de 400 000 minutes de cartoons chinois par an.

La production nationale des cartoons a atteint au total 130 000 minutes en 2008, contre 81 000 minutes en 2007 et 42 000 minutes en 2006.

Plusieurs sociétés se sont élargis à la suite de l'augmentation de la demande, mais, selon Ouyang Yibing, le vice-président de l'Association chinoise de l'Animation, ce n'est pas forcément une bonne chose.

"Beaucoup d'entreprises n'ont pas la possibilité d'explorer entièrement le marché, certaines n'ont pas suffisamment de capitaux pour soutenir leurs productions et ne font pas de programmes intéressants», dit-il.

Une récente enquête, menée par le site Sina.com, a révélé que 51,9 % des 1100 questionnés ont affirmé qu'ils préféraient les productions étrangères, 23,5 % soutenaient les programmes chinois, et le reste ont déclaré que cela dépendait du contenu.

60 % des répondants âgés de 10 à 30 ans ont insisté sur leur préférence pour les productions étrangères, ce qui démontre bien que les dessins animés étrangers continuent à dominer sur le marché chinois.

On se demande donc pourquoi le dessin animé Kung Fu Panda, avec des thèmes très chinois et orienté surtout sur le spectateur chinois, a été fait par les occidentaux.

Avec une population de 367 millions de personnes qui ont moins de 18 ans, c'est une question à laquelle beaucoup de gens veulent avoir la réponse.

La SARFT a prévu en 2004 que les revenus de l'industrie chinoise du dessin animé devraient représenter au moins 1 % du PNB national après les premiers 10 années du développement de ce secteur. Cela créerait un marché de plus de 200 milliards de yuans. Cependant la production totale du secteur ne représentait pas plus de 20 milliards de yuans l'année dernière.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Typhon Morakot: 44 millions de dollars de dons de la partie continentale de Chine à Taiwan
Le 11e Festival des arts de l'Asie a commencé à Ordos
La grandeur d'âme du peuple chinois reflétée à travers les changements de l'Avenue Chang'an
Les chiffres de juillet montrent plus de changements positifs dans l'économie chinoise
Quel est le but des visites en Afrique des dirigeants américains ?