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Français>>CultureMise à jour 06.04.2010 16h28
Bruce Lee, bien plus que des films

Quand une statue de cire plus vivante que nature de Bruce Lee a été montrée pour la première fois au public au Musée Madame Tussaud de Hollywood un peu plus tôt cette année, son seul enfant survivant a fait remarquer que Bruce Lee est mort quelque temps seulement avant la première d' « Opération Dragon », le film qui en avait fait une superstar mondiale.

« Je pense que mon père aurait vraiment rêvé avoir un impact pareil », a déclaré Shannon Lee, qui avait trois ans quand son père est mort d'un oedème cérébral, alors qu'il n'avait que 32 ans. « Je suis très triste qu'il n'ait pas vécu assez pour voir cela, mais c'est quand même une bonne chose de voir que son rêve est devenu réalité ».

Trente-sept ans après sa mort soudaine, le rêve de Bruce Lee s'est accompli, non seulement à Hollywood mais aussi dans le monde entier.

Né à San Francisco, mais élevé à Hong Kong, l'acteur est devenu une véritable icône, au même titre que Marilyn Monroe, Elvis Presley ou James Dean. Son influence en tant qu'acteur, lutteur et philosophe a été reconnue par des stars comme Jackie Chan ou le rappeur LL Cool J, des créateurs comme le fondateur de Marvel Comics Stan Lee ou des réalisateurs comme John Woo ou Brett Ratner.

Ce qui est particulièrement intéressant à propos de l'évolution posthume de Bruce Lee est qu'on ne s'en souvient pas que pour la poignée de films et les émissions de télévision qu'il a tournés, mais aussi parce qu'il a réussi à briser la barrière des races, aidé à effacer les stéréotypes, et apporté des contributions dans des domaines aussi variés que les arts martiaux, le fitness, la santé et une philosophie reconnaissant l'aspect commun à tous de l'humanité tout entière.

Alors qu'une statue de cire de Lee à Hollyzood ou un memorial à Hong Kong n'ont rien de surprenant, il existe aussi une statue de lui, grandeur nature, à Mostar, en Bosnie, érigée en 2005 comme un symbole d'apaisement des tensions ethniques dans un endroit aui a souffert des affres de la guerre civile dans les années 1990.

« La raison qui les a fait choisir Bruce Lee, ce n'est pas parce que c'est une star des arts martiaux », a dit Shannon Lee peu après que la statue ait été dévoilée, « mais parce qu'il représente quelqu'un qui a dû se battre pour faire reconnaitre ses origines ethniques et qui a réussi à surmonter ces difficultés. Aussi, pour eux, il est une force unificatrice et représentative de quelqu'un qui a réussi à surmonter cela ».

Les quelques années qui ont suivi sa mort ont vu apparaitre sur les écrans un certain nombre d'imitateurs, souvent portent un nom curieusement proch ecomme Bruce Li (en fait Ho Chung Tao de Taiwan), Bruce Le (un acteur hongkongais) ou Dragon Lee (Sud-coréen). Tous faisaient partie d'un mouvement appelé Brucexploitation, en référence au fait qu'ils exploitaient commercialement le nom et la célébrité de Bruce Lee. Mais en fait, l'impact de ces films à petit budget et à l'action pesante n'a eu pour seule conséquence que de diluer l'intérêt du public pour ce genre de films.

La vague suivante a vu arriver Jackie Chan, Jet Li et d'autres, qui ont offert leur propre version du legs de Bruce Lee, sans pour autant réussir à le remplacer en tant qu'artiste des arts martiaux ou icône de cinéma.

Mais tout cela n'est qu'une part du legs de Bruce Lee. Son impact va bien au delà des films. En tant que première star d'origine asiatique de films d'action, il a réussi à détruire le stéréotype occidental du coolie chinois, et donné à toute une génération de jeunes asiatiques, ainsi qu'à d'autres minorités, des raisons d'être fiers de leur héritage. La comédienne Margaret Cho a aisni déclaré que c'est le fait d'avoir vu Bruce Lee qui lui a fait comprendre ses propres possibilités.

Jusqu'à l'arrivée de Lee, les arts martiaux étaient un système rigide d'écoles et de styles qui s'affrontaient pour être reconnus chacun comme le meilleur. Lee a créé le sien propre, le Jeet Kune Do, qui non seulement combinait ce que les arts martiaux chinois, japonais ; coréens ou autres avaient de meilleur, mais aussi des éléments de boxe, de lutte, et même l'idée que l'althérophilie pouvait faire pertie du système. Son approche incluait aussi une nourriture saine, de la coirse, de la gymnastique, et même de la stimulation musculaire électrique, tout ce qui est commun de nos jours mais qui était extrêmement novateur dans les années 1970.

Ses films ont stimulé la croissance mondiale des arts martiaux de toutes sortes, mais cela est allé plus loin encore. Il y a une ligne claire jusqu'à ce qui a permis à Lee de travailler à l'invention de cette forme d'arts martiaux mélangés, qui s'épanouit aujourd'hui sous des formes multiples, telles que les « Ultimate Fighting Championships ».

Le Jeet Kune de Lee font a été également poursuivi par ses étudiants et leurs propres étudiants, et est considéré un véritable art de combat en tant que tel aujourd'hui. On l'enseigne même au niveau universitaire en Chine.

Fait intéressant, la reconnaissance de Lee en tant que héros n'a pas été instantanée en République Populaire de Chine. Lorsque Lee est mort le 20 juillet 1973, la Chine commençait seulement à s'ouvrir à l'ouest et Lee était encore vu comme un symbole d'une influence occidentale décadente. Mais dès que la Chine est devenue plus ouverte sur le reste du monde, les Chinois ont vu la valeur Lee en tant que symbole.

Cela a été plus évident encore en 2008 quand CCTV, la télévision d'Etat, a diffusé une série en 50 épisodes sur la vie de Lee, avec le même titre qu'un livre de 1974, « La légende de Bruce Lee ». C'est devenu la série qui a connu le plus fort succès de l'histoire de la chaîne.

Le gouvernement chinois a soutenu l'ouverture d'un musée Bruce Lee dans une ancienne maison de thé à Shunde en Chine du Sud, et un parc à thème Bruce Lee. Shunde d'où était originaire la famille de Lee, bien qu'il ne soit seulement allé là qu'une fois, quand il avait cinq ans.

Ce projet a été mené à bien avec la participation des frères et soeurs survivants de Bruce Lee, mais pas de sa veuve Linda Caldwell ni de sa fille Shannon, qui dirige maintenant une fondation portant le nom de son père, aussi bien que pour un partenariat à but lucratif, Concord Moon.

Concord Moon avait développé des projets de Bruce Lee dans le domaine des médias tels qu'un film assisté par ordinateur, un film d'animation, une série télévisée et une comédie musicale à Broadway, qui en est à ses étapes finales de création, par David Henry Hwang, auteur de « M. Butterfly », pièce qui avait remporté le Tony Award en 1988. La série télévisée sur CCTV a été faite avec l'approbation de Linda et de Shannon.

Après la mort de Bruce Lee, il y a eu séparation entre la veuve de Lee, qui contrôlait son patrimoine, et la famille de Lee, qu'elle a écartée de la majeure partie des revenus de ses films et des licences en cours. Linda Lee a donné comme raison qu'elle a avait alors besoin d'argent pour sa propre famille, y compris son fils Brandon, qui est également devenu ensuite une star de cinéma, avant de mourir dans un tragique accident au début de 1993 à l'âge 28 ans.

Une sorte de paix armée existe aujourd'hui entre la famille de Lee et le domaine Lee. Linda et Shannon inquiètent de ce que l'image de Lee pourrait être ternie par l'autorisation d'articles tels que des produits issus du tabac.

Cependant la famille, menée par le plus jeune frère de Lee, Robert, a montré que le legs de Lee l'intéreaasait aussi. Un projet que la famille a approuvé est une trilogie de films sur la vie de Lee par J.A. Media Group, groupe chinois, avec les premiers coups de manivelle aui devraient être donnés aux alentours de l'époque où Lee aurait eu 70 ans, le 27 novembre 2010.

La jeunesse de Lee est également dépeinte dans la suite apportée à la production à succès de Mandarin Films Distribution Co « IP Man », au sujet du professeur de Bruce Lee, qui devrait sortir dans le courant de cette année.

Après des années de films biographiques qui n'ont pas été faits par Hollywood, il y a eu « Dragon : L'histoire de Bruce Lee », distribué par Universal en 1993 avec Jason Scott Lee (aucune relation de parenté) tenant le rôle de Bruce Lee.

Ce film a coûté environ 14 millions de Dollars et rapporté 35 millions de Dollars aux États-Unis mais a été diversement apprécié. Le réalisateur Rob Cohen, pourtant fan de Lee, a pris beaucoup de libertés avec l'histoire pour obtenir des effets dramatiques.

Linda et Shannon Lee ont autorisé ce film, mais ont racheté les droits sur la vie de Bruce Lee à Universal il y a quelques années. Ainsi la légende de Bruce Lee va continuer, par des films, émissions de TV, une pièce musicale, des livres, des produits autorisées, les arts martiaux, la culture physique et davantage encore.

« Comme tout un chacun, vous voulez apprendre la manière de gagner » ainsi sont rapportées les paroles de Bruce Lee dans documentaire réalisé en l'an 2000 par John Little, « The Warriors Journey », qui a consacré des années à créer des livres et des médias en mémoire du legs de Lee. « Mais… pour accepter la défaite - pour apprendre à mourir – vous devez être libérée d'elle. Une fois que vous acceptez cela, vous pouvez flotter et vous harmoniser librement. La fluidité est la manière pour obtenir un esprit vide. Vous devez libérer votre esprit ambitieux et apprendre l'art de mourir ».

Ou dans le cas de Bruce Lee, l'art de continuer à vivre par delà la mort.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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