Nouvelles bilingues/Edition du week-end/Notre site/Archives/

 
Français>>CultureMise à jour 15.12.2010 14h16
Une inscription au Patrimoine de l'UNESCO qui vide les coffres

Les célèbres Tours Diaolou de Kaiping, dans la province du Guangdong, luttent pour boucler leurs fins de mois pour pouvoir assurer leur conservation et pouvoir assumer leur statut de Patrimoine Mondial de l'UNESCO qui leur a été accordé par cet organe des Nations-Unies.

Ce site est connu pour son architecture, composée de tours fortifiées de plusieurs étages bien préservées, construites par des Chinois d'outre-mer dans les années 1920-1930.

Mais ces tours, inscrites au Patrimoine Mondial en 2007, ont à présent besoin de 230 millions de Yuans (34,5 millions de Yuans) pour éviter toute nouvelle détérioration, a annoncé le Guangzhou Daily, citant Feng Lijian, chef local du Parti de Kaiping.

Zhang Guoxiong, un spécialiste de la conservation du site des Diaolou à l'Université de Wuyi du Guangdong, a déclaré mercredi que parmi les 1 833 tours de ce type existant encore à l'heure actuelle, un total de 501 ont besoin de travaux spéciaux de conservation, mais l'entretien s'est fait soit lentement, soit a même été arrêté du fait d'un manque de fonds.

Ces 230 millions de Yuans sont la somme dont le site a besoin pour respecter l'engagement qu'il a pris il y a six ans en déposant sa candidature pour l'inscription à l'UNESCO, et les besoins en argent deviennent de plus en plus urgents parce que le site doit être inspecté par l'UNESCO en 2013 pour s'assurer que les lieux ont été correctement protégés et ne sont pas devenus sur-développés, a dit M. Zhang.

M. Zhang a également précisé que la réparation de chaque bâtiment pourrait coûter jusqu'à 100 000 Yuans chacun. Ces réparations comprennent l'étanchéification, la protection contre la foudre, la réparation des routes, le renforcement des structures en béton et d'autres améliorations à l'apparence générale.

Tan Jinhua, un autre expert de la protection du site, du Centre des Etudes Culturelles Qiaoxiang du Guangdong, a dit que pour l'heure seul l'entretien de routine peut être assuré, car les mesures spéciales d'entretien, comme la protection contre les pluies acides et les affaissements géologiques font face à un manque de fonds.

« Les billets d'entrée peuvent tout juste payer les frais d'entretien de routine. La conservation de ces tours est devenue un lourd fardeau pour nous », a dit M. Tan.

Une lutte pour la reconnaissance

L'intérêt pour l'obtention de l'inscription au Patrimoine Mondial a fortement grandi en Chine ces dernières années.

Avec l'inscription des « Reliefs Danxia de Chine » sur la Liste du Patrimoine Mondial en août dernier, la Chine a obtenu sa 40e inscription. Et ailleurs dans le pays, de nombreux sites touristiques comptent parmi ceux qui ont bon espoir d'entrer un jour sur la liste.

Ce sont au total 35 projets, dont le Lac de l'Ouest de Hangzhou, qui se préparent ainsi à entrer en lice pour la reconnaissance, ont dit des responsables.

Cependant, de nombreux sites candidats sont en déficit, soit du fait du processus de candidature, soit parce qu'ils luttent pour joindre les deux bouts pour conserver le site et honorer l'engagement après avoir été reconnus.

Des gouvernements locaux chinois ont ainsi dépensé plus d'un milliard de Yuans, essentiellement pour construire des infrastructures, pour que les reliefs Danxia puissent être inscrits sur la liste, d'après le Guangzhou Daily.

Et le Comté de Xinning, dans la province du Hunan, où le Mont Langshan a été placé sur la Liste du Patrimoine de l'UNESCO en août en tant que partie des Reliefs Danxia, a dépensé 400 millions de Yuans dans sa candidature pour le titre. Mais les revenus du comté entier n'ont atteint qu'à peine 200 millions de Yuans en 2008, d'après le journal.

Nie Xiong, un fonctionnaire de Xinning, ne voit pas l'intérêt d'obtenir ce titre.

« Le succès peut améliorer les notes pour les performances des responsables, mais pour la plupart des citoyens ordinaires, nous ne voyons aucun bénéfice concret », a dit M. Nie, ajoutant qu'il n'avait pas reçu un salaire entier depuis près d'un an, le gouvernement local ayant connu des problèmes de dette du fait du fardeau causé par la candidature au titre de Patrimoine Mondial.

Mais certains projets ont en revanche connu le succès, comme la ville ancienne de Pingyao, qui a été ajoutée à la liste en 1997. Les revenus des billets provenant des activités touristiques dans la ville sont ainsi passés de 1,25 millions de Yuans en 1997 à 75 millions de Yuans en 2008, et la part du tourisme dans le PIB de la ville est passée de 0,96% en 1997 à 13,91% en 2008.

M. Zhang, un des spécialistes du site des Diaolou, dit qu'il y a une conception erronée de la candidature à la reconnaissance comme patrimoine culturel, car remporter cette distinction ne veut pas dire garantie de gains financiers.

« Etre sur la liste, ça veut dire une obligation de protéger un site qui appartient à l'humanité », a-t-il dit, ajoutant que certains gouvernements locaux sont dans l'erreur en développant un site en espérant des retours immédiats.

Zhou Xueying, professeur d'histoire à l'Université de Nanjing, a dit qu'il faudrait établir un système financier plus transparent pour résoudre les problèmes de manque de fonds.

« C'est seulement de cette manière que notre gouvernement pourra expliquer clairement où va l'argent public », a-t-il dit.

Le professeur Zhou pense aussi que les candidatures doivent être envisagées de manière réaliste.

Si l'économie locale ne s'est pas développée jusqu'à un certain niveau, le résultat de la candidature au statut de Patrimoine Mondial peut même aller à l'encontre de l'intention d'origine, a précisé le professeur Zhou.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Chine : l'APN va continuer ses discussions sur un amendement au Code pénal
Editorial du «Quotidien du peuple»: inauguration du 12e plan quinquennal
Le football, symbole du combat de l'Afrique pour sa reconnaissance dans le monde (REPORTAGE)
Pourquoi y a-t-il moins d'embouteillages à Paris qu'à Beijing ?
« La plupart des Nations » s'opposent à la remise du Prix de la Paix à Liu Xiaobo
La plupart des membres de la communauté internationale ne soutiennent pas la décision erronée du jury du prix Nobel de paix
La France mène une diplomatie des « commandes » et les nouveaux pays émergents en sont la cible