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Français>>CultureMise à jour 11.03.2011 15h52
La création d'une marque chinoise de luxe nécessite du temps et de la passion
Jiang Qiong'er

La semaine de la mode Automne-Hiver 2011-2012 a été inaugurée en fanfare début mars à Paris. Des œuvres d'une dizaine de couturiers et d'artistes chinois ont été présentées dans la galerie « Créations contemporaines chinoises » de l'hôtel particulier du comte Le Marois, le 4 mars dans la soirée. Ces dernières années, plusieurs couturiers européens et américains se sont inspirés d'œuvres chinoises et d'éléments chinois, ce que l'on voit de manière croissante dans les défilés de mode à Paris. Or, les marques chinoises ont longtemps été absentes de cette grande manifestation. Certains estiment que le marché du luxe reste le terrain de chasse des couturiers occidentaux et que l'heure de la création des marques chinoises n'a pas encore sonné.

Pourtant, Jiang Qiong'er, associée et directrice artistique de la marque chinoise « Shangxia » d'Hermès, estime qu'au cours de ces trois dernières années, avec la consommation croissante de produits de luxe en Chine, de nombreux Chinois ont suivi aveuglément les marques occidentales. Mais, pour la Chine, le temps de créer ses propres marques de luxe est déjà venu. Cela nécessite « du temps et de la passion ». À mesure que l'économie se développe, davantage de gens veulent revenir à leurs racines culturelles. C'est dans la logique des choses. Les Chinois ont leur philosophie de vie propre. Beaucoup de choses ont une signification symbolique. Ce retour se traduit non seulement dans l'habillement, mais aussi dans les domaines gastronomique et de la santé, fait-elle remarquer.

Selon elle, les éléments clés concourant au succès des marques de luxe, la qualité supérieure, la perfection technologique et l'ancienneté, existent tous dans l'âme de la culture chinoise plusieurs fois millénaire. On les trouve en particulier dans les œuvres artisanales. Cependant, la Chine ne possède toujours pas de marque mondialement connue. Quel dommage !

Née dans une famille de tradition artistique, Jiang Qiong'er a appris dès sa plus tendre enfance la peinture chinoise auprès d'un grand maître. Plus tard, elle est allée faire des études de design en France. Selon elle, l'art artisanal chinois ne bénéficie pas de la place qui lui est due et cette situation est problématique. Si les antiquités chinoises se vendent très cher sur le marché de l'art aujourd'hui, c'est parce qu'elles étaient conçues et confectionnées par la même personne, qui parvenait à « unir son âme aux mains ». Or, de nos jours, les artisans chinois ne font que des copies d'objets anciens. Certes, ils peuvent faire de belles choses. Mais leurs objets manquent de créativité. Étant donné ce constat, elle considère son idéal de Shangxia comme une plateforme pour réaliser la renaissance de l'art artisanal traditionnel du pays. Shangxia signifie « servir de relais pour assurer la continuité d'un processus commencé ».

La vraie renaissance n'est pas un titre conféré à un artisan par le gouvernement avec ses œuvres qui entrent, par la suite, dans des musées, insiste-t-elle. La vraie renaissance est de se voir donner un marché. Les objets artisanaux haut de gamme se distinguent des besoins de la vie quotidienne.

La marque Shangxia est tissée de matériaux, design, production, équipe et gestion chinois. Elle est donc chinoise à 100 %, indépendante de la marque Hermès. Cette marque née il y a juste un peu plus de cinq mois, qui possède seulement une boutique exclusive à Shanghai, peut-elle devenir la pionnière des marques chinoises de luxe ?

Dans la mentalité de Jiang Qiong'er, consacrer suffisamment de temps à la confection de chacun des objets pour qu'il soit imprégné d'émotions et susceptible de toucher le visiteur, c'est « un bon début ». Quelle que soit la marque, « du moment où l'on accepte d'y travailler, on la réussira. Ce n'est qu'une question de temps », souligne-t-elle, ajoutant que la création d'une marque nécessite aussi de la prévoyance et de la patience. On ne doit pas s'intéresser qu'à la rentabilité à court terme.

Les opportunités ne manquent pas. Nombreux sont les nouveaux riches chinois qui se tournent vers les marques européennes et américaines faute de pouvoir trouver des marques locales pertinentes quand ils ont veulent acquérir des objets pour offrir ou pour eux-mêmes, d'où une belle perspective pour la marque locale représentant la force de ce secteur particulier.


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Source: China.org.cn

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