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Français>>CultureMise à jour 24.05.2011 08h00
Le Tibet à travers les photos d'un Bouddha vivant et de son fils

Installée sur le mur d'une salle de séjour dans la maison de Wangchuk Dorje, une photo saisissante attire le regard des visiteurs.

La grande photo en noir et blanc montre un rayon de lumière projeté par une source inconnue, illuminant les yeux miséricordieux du Bouddha et ombrant ses lèvres souriantes.

Ce n'est pas une photo ordinaire du Bouddha, mais l'oeuvre du père de Wangchuk Dorje, le dixième Demo Rinpoché, un des hauts lamas du Tibet.

"Mon père a pris des milliers de photos dans sa vie, la majorité dans les années 1930 et 1940. Il s'agit là d'archives personnelles rares sur la société tibétaine telle qu'elle était à cette époque-là", explique Wangchuk Dorje.

Le fils a hérité de la passion de son père. Wangchuk Dorje est quant à lui un photographe professionnel qui préside l'Association tibétaine des photographes.

"L'année 1951 a été décisive pour le Tibet, car de nombreux grands changements ont eu lieu dans la région", explique cet homme de 62 ans. "Mon père et moi avons eu des vies et des histoires différentes. Nos photos sont donc, aussi, différentes".

LA PASSION DU BOUDDHA VIVANT

Le père de Wangchuk Dorje, Tendzin Gyatsho, est né en 1901 dans la famille noble prestigieuse Ngapoi à Nyingchi, dans le sud du Tibet. A quatre ans, il a été confirmé comme étant la réincarnation du Demo Rinpoché à la tête du monastère de Tengyeling, un monastère bouddhiste important du Tibet.

La descendance du Demo Rinpoché est étroitement lié à l'ancien régime tibétain depuis le 17e siècle. Le Demo Rinpoché était en effet un des rares hauts lamas qualifiés pour jouer le rôle de régent régional quand le dalai lama était jeune. Le neuvième Demo Rinpoché était ainsi le régent du 13e dalai lama jusqu'à ce que celui-ci soit en âge de gouverner .

Le dixième Demo Rinpoché a passé ses premières années dans des monastères et a été diplômé très jeune. Quand il était âgé d'une vingtaine d'années, le moine vivait dans une grotte hors de la ville de Lhassa. C'est alors qu'il a rencontré un Népalais âgé qui l'a initié à la photographie.

"Le Népalais gérait un studio photo à Lhassa. Après être tombé très malade, il a quitté son foyer. Mon père a eu pitié de lui et l'a hébergé. Cet homme a appris à mon père la photographie et le tirage de photos et lui a offert un appareil photo", narre Wangchuk Dorje.

''A cette époque, très peu de gens connaissaient jusqu'à l'existence de la photographie au Tibet", ajoute-il.

Wangchuk Dorje a gardé environ 300 photos prises par son père.

SUR LES TRACES DU PÈRE

Le Demo Rinpoché et son épouse ont eu six enfants. Wangchuk Dorje, le deuxième, est né en 1949. Et à trois ans, il est devenu un haut lama lui-même.

"Quand j'avais trois ans, des nouvelles selon lesquelles je pourrait être la réincarnation du Tsemonling Rinpoché sont arrivées. Mon père ne voulait pas que je devienne un moine, car mon frère aîné avait déjà été confirmé comme étant la réincarnation d'un autre haut lama", explique Wangchuk Dorje.

Grâce aux efforts de son père, Wangchuk Dorje a été retiré par la suite de la liste des candidats à cette succession.

Le Demo Rinpoché lui a cependant transmis un autre héritage : son amour de la photographie.

"A huit ans, mon père m'a offert un petit appareil photo acheté en Inde. Je suis immédiatement tombé amoureux du clic de l'obturateur", dit Wangchuk Dorje.

"Mon père ne m'a pas beaucoup appris sur la photographie. Mais il m'a laissé utiliser sa chambre noire et parfois son appareil", poursuit-il.

Au cours des décennies suivantes, Wangchuk Dorje a parcouru plusieurs régions tibétaines pour essayer d'immortaliser les métamorphoses de son pays natal.

"Je suis parti sur les pas de mon père et j'ai pris des clichés des endroits qu'il avait photographié", explique Wangchuk Dorje. "Il est intéressant de comparer mes photos et celles de mon père", ajoute-il.

"La plus grande différence entre mes photos et celles de mon père, c'est sur le visage des personnes photographiées qu'elle se constate" pour Wangchuk Dorje.

Les portraits du Demo Rinpoché représentent souvent des paysans et des serfs le regard éteint et perdu, tandis que ceux du fils montrent des gens qui rient et sourient.

"Le visage des personnes ordinaires exprime plus de confiance sur mes photos que sur celles de mon père", indique Wangchuk Dorje.

Source: xinhua

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