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Français>>CultureMise à jour 30.05.2011 08h19
Du boom au silence, qu'arrive-t-il aux dessins animés chinois ?
Pleasant Goat and Big Big Wolf

La Chine produit chaque année 220 000 minutes de dessins animés, mais les spectateurs voient rarement de nouveaux programmes. Le franc succès de Xiyangyang, ou Pleasant Goat and Big Big Wolf en anglais, a amené au tournage de plus de 10 films l'année dernière contre deux auparavant. Cependant, l'industrie est retombée dans l'obscurité en 2011. Sous la prospérité apparente, que se passe-t-il dans le milieu des dessins animés chinois ?

En 2010, la Chine a tourné 385 dessins animés pour plus de 220 000 minutes accumulées, soit une augmentation de 28% en un an. Jin Delong, rédacteur en chef adjoint et directeur de la gestion promotionnelle de l'Administration nationale de la radiodiffusion, du cinéma et de la télévision, indique que depuis 2004 et l'élaboration de politiques étatiques en ce sens, la productivité des dessins animés chinois s'est multipliée par cinquante.

Malgré cette aura de grand pays producteur, la réalité embarrassante est que nul ne sait où retrouver ces dessins animés. Selon Gong Jianying, vice-président et secrétaire général de l'Association des dessins animés de Chine, les dessins animés chinois se sont égarés dans une quête aveugle du profit et d'un accent mis sur le nombre de minutes produites comme indicateur de succès. Pourtant, nombre d'entre eux ne se qualifient pas pour être diffusés la télévision et ne se vendent pas.

Liu Xing, représentant des plateformes de diffusion et directeur général de Shimei Animation Company, affirme que la chaîne locale destinée aux enfants passe 60 000 minutes par an, mais il n'est pas possible pour lui d'acheter 60 000 minutes originales, car beaucoup de sociétés d'animation produisent des dessins animés grâce aux subventions du gouvernement, alors que la qualité de leurs produits est insuffisante pour les diffuser.

Lei Zhenyu, directeur général de la succursale de Beijing de China Film Group, National Film Digital Production Base, pense que chaque année, sur une dizaine de dessins animés produits, seulement un ou deux ont un potentiel de réussite. Les sociétés d'excellence sont peu nombreuses. Un certain nombre de dessins animés ne perdent pas d'argent, grâce aux subventions couvrant les coûts de production, de distribution en salles ou à la télévision, mais cela reste loin de la recette du succès.

Les dessins animés originaux n'ont pas réussi sur le marché. Mais pourquoi les compagnies d'animation y prennent grand plaisir ? Selon Lin Bodao, responsable de Monster Factory, « la production coûte trop cher, mais on ne perd pas d'argent. Les industries liées à cette activité, telles que celles qui produisent les produits dérivés, les jeux, les parcs à thème, sont profitables. Après avoir rapidement gagné de l'argent dans la sous-traitance des dessins animés européens, américains, japonais et coréens, certains sont malheureusement entrés dans une frénésie du profit rapide.

Selon l'analyse de Wu Chuanfeng, directeur du contenu pédagogique de Great Dreams Cartoon Group, beaucoup de producteurs investissent leurs efforts et leur argent dans les nouvelles technologies, les nouveaux médias et les nouvelles plateformes, tandis que le contenu passe au second plan.

Le déclin des dessins animés originaux est reflété par l'orientation des jeunes talents. Luo Jia, directeur général adjoint de la succursale de Beijing de VIXO, dit que les meilleurs élèves se dirigent vers la création de jeux après avoir fini leurs études, plutôt que dans le secteur de l'animation.

D'après Wu Muqing, professeur de cinématographie à l'United International College (UIC) de Hong Kong, estime qu'avec le soutien du gouvernement à l'industrie culturelle, l'animation est devenue un domaine attirant toutes sortes de capitaux, mais que la plupart de ces capitaux ne sont pas dépensés dans la production de contenu original.

La confusion du secteur a créé une tendance où les mauvais produits chassent les bons produits, ce qui exerce une pression sur les sociétés persistant dans la production créative. Selon Lin Bo, le secteur fait l'objet d'une bulle, et le développement des dessins animés chinois fait face à un grave défi.

Source: China.org.cn

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