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Français>>CultureMise à jour 14.06.2011 13h03
Le marché des antiquités chinoises volées, un problème mondial
Pour Xu Yongjun, Professeur de droit à la Peking University, le manque de contrôle du marché des antiquités facilite aussi le travail des trafiquants.

Taiwan, le Canada, les Etats-Unis et l'Europe sont les principales destinations des vestiges culturels du Continent chinois ayant fait l'objet de contrebande, vient d'annoncer un haut gradé de la police chinoise.

Ce fut ainsi le cas d'une fresque de la Dynastie Tang (618-907), passée en contrebande aux Etats-Unis.

Wei Yongshun, officier au Bureau d'enquête criminelle du Ministère de la Sécurité Publique, a ajouté que les pilleurs de tombes et les trafiquants de vestiges culturels travaillaient en général la main dans la main avec des acheteurs situés à l'étranger.

« Les vestiges culturels du Continent qui sont volés passent souvent d'abord à Hong Kong et Macao, et ils sont ensuite transportés vers Taiwan, le Canada, les Etats-Unis et quelques pays d'Europe pour y être vendus », a t-il dit au China Daily.

Ces vestiges culturels peuvent atteindre des prix faramineux tant sur le marché international qu'intérieur, alimentant non seulement une « fièvre de la collection et de l'investissement », mais encourageant les vols, a dit M. Wei.

Le marché de l'art chinois a connu une robuste croissance ces dernières années, comme l'ont montré un certain nombre d'enchères ayant atteint des records.

D'après un rapport publié en 2010 par artprice.com, un site internet spécialisé dans le marché de l'art, le Continent chinois a rapporté des revenus annuels de 830 millions de Dollars US en termes de ventes d'objets d'art, soit 17,4% du marché mondial, contre 7,7% en 2008.

C'est ainsi qu'un rouleau vertical, « Réimplantation de Zhichuan », représentant des montagnes et des cours d'eau, peint par un artiste de la Dynastie Yuan, Wang Meng (1301-1385), a atteint le prix record de 402,5 millions de Yuans (62,11 millions de Dollars US), au début de ce mois.

Et une rare copie manuscrite en rouleau d'une oeuvre du calligraphe chinois ancien Wang Xizhi (303-361) a atteint 308 millions de Yuans lors d'une vente aux enchères à Beijing en novembre dernier.

« L'investissement, les retours économiques élevés et l'avidité de certains collectionneurs sont la force motrice qui est derrière le vol des vestiges », a dit M. Wei.

« Mais l'indifférence des gouvernements locaux envers la protection du patrimoine ainsi qu'un contrôle insuffisant exercé par les autorités ont aussi leur part de responsabilité ».

Dai Peng, Directeur du Département d'enquête criminelle à l'Université Chinoise de la Sécurité Publique, a dit au China Daily que les objets culturels sont habituellement trouvés dans les régions pauvres, là où les responsables locaux ne portent pas suffisamment d'attention à leur protection.

Des statistiques du Ministère de la Sécurité Publique montrent que le pays a enregistré 387 cas de vols de vestiges culturels et 451 cas de pillage de tombes en 2010.

La police a démantelé 71 bandes criminelles, arrêté 787 suspects et récupéré 2 366 vestiges culturels entre décembre 2009 et juin 2010.

Yang Lizhou, ancien conservateur du Musée National d'Art de Chine, a déclaré en mars que 800 tombes anciennes avaient été pillées en l'espace de dix mois entre 1998 et 1999. Ce chiffre est passé à près de 10 000 en 2010.

En février 2006, une bande a pillé la tombe de l'Impératrice Zhenshun (699-337) reine consort de l'Empereur Tang Xuanzong (685-762), septième empereur de la Dynastie Tang (618-907), dans les faubourgs de Xi'an, capitale de la Province du Shaanxi.

Ils ont dérobé un cercueil pesant 27 tonnes et cinq fresques murales avant de les faire passer en contrebande aux Etats-Unis.

La police de Xi'an a fini par retrouver ces trésors après une chasse de quatre ans dans la collection d'un antiquaire américain, et réussi à le persuader de les rendre sans conditions au Musée Provincial d'Histoire du Shaanxi en mars de cette année.

Le Ministère de la Sécurité Publique et l'Administration d'Etat du Patrimoine Culturel ont commencé une campagne de huit mois en mai pour réprimer les infractions liées au patrimoine dans 17 régions de niveau provincial, dont Beijing, le Hebei, le Shanxi, le Shaanxi et la Région Autonome de Mongolie Intérieure.

Nombre de bandes opèrent en famille et utilisent les derniers équipements et technologies, a dit M. Wei.

Ces bandes recourent même aux services de conseillers techniques pour les aider à localiser et explorer les tombes anciennes, et ils embauchent ensuite des paysans locaux pour violer les tombes et les piller, a t-il ajouté. Ensuite, internet fournit une plate-forme pour vendre les pièces volées.

Dans le même temps, le commerce illicite de vestiges est florissant dans le pays, car certains cerveaux criminels utilisent des boutiques d'antiquités ou d'objets d'occasion comme couverture, a t-il dit.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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