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Français>>CultureMise à jour 16.12.2011 14h04
Construire sur le passé

Après des décennies de modernisation effrénée, Beijing commence enfin à accorder plus d'attention à la protection de son héritage culturel. Mais quant à savoir quels sites devraient être préservés ou restaurés, et comment, la question fait l'objet de nombreux débats.

Au coeur de ce débat, la Veine du Dragon, l'axe central qui parcourt le coeur de la ville, du Nord au Sud, et relie un certain nombre de sites historiques, comme le Palais Impérial, la Place Tian'anmen et le Temple du Ciel.

En même temps que la campagne menée par le gouvernement municipal de Beijing pour que les sites du patrimoine situés sur l'axe central soient inclus sur la Liste du Patrimoine Culturel Mondial, il a également été proposé de restaurer ou de reconstruire des sites antérieurement démolis.

Pour faire revivre la Veine du Dragon, la reconstruction de la Porte Di'anmen, qui fut entièrement démantelée en 1955 pour faire place à des voies de communication, serait ainsi nécessaire. Cependant, le groupe de conseil d'experts du Comité de Protection de la Ville Historique a décidé de ne pas reconstruire le site, et un consensus s'est dégagé pour dire que reloger les habitants, changer la circulation et détruire l'environnement commercial pour la seule restauration d'un élément ancien de l'identité de la ville, ne ferait, en essayant de corriger les erreurs passées, que causer de nouveaux dommages.

Les vicissitudes endurées par les bâtiments impériaux situés le long de l'axe central, ainsi que le destin de chaque tuile, intacte ou partielle, font désormais partie de l'histoire, aussi une Veine du Dragon mutilée peut-elle être encore plus utile en tant que témoin des leçons de l'histoire. Car la démolition de Di'anmen non seulement a physiquement endommagé l'axe central, mais elle a aussi causé un grand dommage à sa signification culturelle, car sans Di'anmen, il ne reste plus que huit portes sur l'axe central, ce qui a fait disparaître son symbolisme cosmologique.

Hélas, la restauration, qui est devenue un mot à la mode, ne veut pas pour autant nécessairement dire respect de l'histoire, et l'on sait que des projets de restauration peuvent devenir un peu trop facilement des parcs à thème avec une faible connection, voire pas du tout, avec le passé.
Nous ne devons pas oublier que l'histoire est un processus en cours, et que donc même les bâtiments commerciaux qui sont situés le long de l'axe, qui auraient été démolis en cas de reconstruction, font aujourd'hui partie de l'histoire de la ville.

Comment gérer le legs historique de la ville est un test pour les autorités, car on espère que la candidature pour l'inclusion sur la liste du Patrimoine Culturel Mondial renforcera la conscience des citoyens pour les éléments du patrimoine qui se trouvent autour d'eux. Cependant, il est sans doute mieux que les bâtiments qui ont déjà été démolis restent un souvenir (avec en tant que de besoin un monument commémoratif) et de laisser la Veine du Dragon, telle qu'elle existe aujourd'hui, jouer le rôle qui lui est dû dans l'histoire de la ville et ainsi être une source d'inspiration pour l'avenir.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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