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Français>>CultureMise à jour 07.03.2012 16h16
Pourquoi le film français « The Artist » a-t-il pu triompher aux Oscars ?

La cérémonie de remise des oscars 2012 a baissé ses rideaux le 26 février, toutefois les dernières répercussions de la remise des récompenses annuelles du cinéma américain se font toujours sentir malgré la fin de la cérémonie et on se délecte tout naturellement à parler du succès du long-métrage français "The Artist", lequel rend un vibrant hommage en noir et blanc au cinéma muet hollywoodien. « The Artist » est entré dans la légende des Oscars en remportant cinq statuettes, dont celle de meilleur film, et s'est imposé en outre dans les catégories de meilleur réalisateur (Michel Hazanavicius), acteur (Jean Dujardin), musique et costumes. Jamais un film français n'avait récolté autant de trophées lors de la cérémonie de remise des récompenses annuelles du cinéma américain et c'était pour la première fois de l'histoire que le prix du meilleur film fut décerné à un film non anglo-saxon. Par conséquent, le succès du film français sauve quelque peu la face des films non anglo-saxons et sauvegarde leur prestige.

Voici ci-après le synopsis du film : À Hollywood, en 1927, George Valentin (Jean Dujardin) est un acteur très célèbre du cinéma muet, auquel le succès est monté à la tête. Les spectateurs se tordent de rire à chaque fois qu'il monte en scène. De son côté, Peppy Miller (Bérénice Bejo) est une jeune femme qui tente sa chance dans le cinéma après avoir été prise en photo avec Valentin et fait la une de Variety. Elle se fait embaucher comme figurante et recroise le chemin de Valentin dans un studio où il découvre ses talents de danseuse. Il la fait alors embaucher pour un second rôle sur son nouveau film, mais la présence de Peppy le trouble. Les deux se retrouvent plus tard dans la loge de George, où ils manquent de succomber. Le temps passe, Peppy enchaîne les seconds rôles et commence à avoir de plus grands rôles, tandis que Valentin continue à avoir le premier rôle. Valentin, désormais lui aussi convaincu que le parlant est l'avenir et qu'il appartient au passé, s'enfonce dans l'alcool et un jour, saoul et dans un état second, il met le feu aux dernières pellicules de film qu'il gardait chez lui, mais se reprend et tente de sauver une dernière bobine avant de s'évanouir, intoxiqué par la fumée. Il ne doit la vie sauve qu'à son chien, qui est parvenu à amener un policier pour le sauver. Durant les deux ans qui suivent, la carrière de Peppy explose alors que Valentin sombre dans l'oubli et l'alcool. Il chasse son dernier ami, son chauffeur Clifton, qu'il ne peut plus payer car il en est réduit à vendre l'intégralité de ses dernières propriétés aux enchères pour survivre. George se remet doucement et se réconcilie avec Peppy, mais reste jaloux de son succès…… Ce que le réalisateur du film (Michel Hazanavicius) veut insister c'est l'importance de la tendresse et de la communication entre les gens lors des grands changements dans la société.

Alors pourquoi le film a-t-il pu connaître un tel succès ? Il est tout d'abord dû à ce qu'il est un film muet et en noir et blanc. Il est empreint de la nostalgie du passé et rend hommage aux films muets des années 1920 du siècle passé qui étaient tombés en décadence justement à cette époque-là. Car depuis lors, le cinéma s'est développé et on ne produisait plus que des films parlants. Le film des années vingt « Wings » est un chef d'oeuvre du cinéma muet. Sorti en 1927, il présente une histoire d'amour dont le cadre est la guerre aérienne durant la première guerre mondiale et il était le premier film (et le seul film muet) à remporter l'Oscar du meilleur film en 1929. Par la suite il n'y a aucun film de son genre à avoir cet honneur. Quatre vingt trois années se sont écoulées et, à l'étonnement de tous, un autre film muet en noir et blanc a la chance d'obtenir non seulement le prix de meilleur film, mais en plus quatre autres prix, ce qui stupéfie et déconcerte pas mal de gens. Tourné à Los Angeles, et notamment à Hollywood qui est le principal centre de l'industrie cinématographique américaine et internationale, le film a pour instruments et pour accessoires les mêmes utilisés par des stars hollywoodiennes d'antan. Ledit film muet, tourné à une vitesse de 22 FPS (Frames Per Second), fait connaître aux gens d'aujourd'hui les sentiments et les passions (joie, colère, tristesse et plaisir) des comédiens de l'époque du cinéma muet et satisfait pleinement le désir des spectateurs de différentes générations épris et entichés du film muet de Charlie Chaplin. La nostalgie du passé est en fait une particularité de notre époque tout comme notre préférence actuelle de la chanson rouge et de notre désir actuel de prendre comme exemple Lei Feng. Quant à "The Artist", il suscite le regret mélancolique de nombreux Américains âgés qui ne peuvent s'empêcher d'avoir les larmes aux yeux en le regardant. C'est pourquoi il n'y a rien d'étonnant à ce que la meilleure et la plus honorable récompense du cinéma international soit attribué, à Los Angeles, par Hollywood à "The Artist" et à ses réalisateurs.

Il faut reconnaître également que le film a été tourné par un excellent metteur en scène avec l'aide de remarquables acteurs et actrices. Michel Hazanavicius, 45 ans, connu pour être un cinéaste français connu et réputé, a tourné des films de fiction, dont « Le Grand Détournement », « OSS 117 : Rio ne répond plus » et « OSS 117 : Le Caire Nid d'espions » et le documentaire « Tuez-les tous ! Rwanda, histoire d'un génocide sans importance ». « OSS 117 : Le Caire Nid d'espions » lui a valu successivement en 2006 le "Golden Space Needle Awards" au Festival international du film de Seattle, le Grand Prix Tokyo Sakura au Festival international du film de Tokyo ainsi que le Raimu de la mise en scène. Quant à l'acteur français Jean Dujardin qui a interprété le rôle de George Valentin, né le 19 juin 1972 à Rueil-Malmaison, il est un acteur, réalisateur et producteur du cinéma français. Son physique extérieur agréable, sa belle mine ainsi que sa noble prestance font de lui une quelconque star hollywoodienne des années trente. Entré dans la carrière cinématographique en 1996, il a participé au total au tournage de vingt neuf films et téléfilms. D'octobre 1999 à juin 2003, il joue avec Alexandra Lamy dans la série télévisée à succès « Un gars, une fille » sur France 23. Les deux acteurs y interprètent des personnages portant leurs propres prénoms, Jean et Alexandra, alias Loulou (le gars) et Alex ou Chouchou (la fille) et forment un couple confronté à diverses situations de la vie quotidienne. La série, qui compte 486 épisodes de moins de sept minutes, lui a valu les premiers succès, lui a fait connaître du public et désormais il a été sollicité partout par les réalisateurs. Il obtient une nomination au César du meilleur acteur en 2007 à la suite de sa prestation dans « OSS 117 : Le Caire, nid d'espions » de Michel Hazanavicius. En 2011, il partage l'affiche avec Bérénice Bejo de The Artist de Michel Hazanavicius, film muet en noir et blanc qui rend hommage au cinéma hollywoodien des années 1920 et 1930. Dans une interview, il affirme avoir d'abord refusé le rôle avant de se raviser. C'est le premier jour du tournage qu'il dit avoir réalisé que le personnage de George Valentin était fait pour lui. Pour ce film, Jean Dujardin est récompensé par le Prix d'interprétation masculine, qui lui est remis par Catherine Deneuve. Le film connaît un engouement outre-Atlantique et gagne la sympathie des spectateurs américains pour son hommage à l'âge d'or des productions classiques et muettes d'Hollywood. En décembre 2011, il reçoit pour ce film une nomination aux Screen Actors Guild Awards et aux Golden Globes. L'héroïne du film Peppy Miller a été interprétée par Bérénice Bejo qui est également une excellente actrice et l'épouse de Michel Hazanavicius, le réalisateur de « The Artist », un film rempli de contradictions et de conflits, mais en même temps empreint de tendresse et d'humour. De toute évidence, ce sont justement les expériences, la pratique et la coopération tacite de ces cinéastes ainsi que de ces acteurs et actrices effectivement capables qui ont permis à ce film de briller de tous ses éclats.

Le tournage et la réalisation d'un film ne sont pas tellement faciles qu'on le croit. Tout d'abord et en premier lieu il faut régler le problème des fonds. Pour ce qui est de « The Artist », c'est en fait un film pour le petit public et le budget prévu a été seulement de près de 15 millions de dollars US. Son tournage a reçu l'aide importante du système français de l'assistance cinématographique et la grande partie des fonds nécessaires a été fournie par La Petite Reine (une société de production de cinéma française créée en 1995 et qui est dirigée par Thomas Langmann et Emmanuel Montamat), par Studio 37 (une société de production cinématographie française), par Canal+ (une chaîne de télévision généraliste française privée) et par France 3 (une chaîne de la Télévision française). Quant au projet de financement automatique du cinéma français, dont la somme à financer est déterminée d'après le box-office du film en question, il a fourni à peu près trois millions de dollars américains. Par conséquent, bien que « The Artist » a été tourné à Hollywood, mais il est un film authentiquement français. Toutefois, au moment où les Français, sont imprégnés d'orgueil et de fierté pour ce film, certains se montrent plutôt sceptiques et affirment que « The Artist » est en réalité une coproduction franco-américaine, car la société américaine Warner Brothers a investi 600.000 dollars US pour la réalisation du film. Ainsi, il n'y a rien d'étonnant à ce que certains médias français plaisantent en faisant remarquer : « Il faut que nous détournons la tête pour éviter de voir la position des lèvres de l'héros et de l'héroïne du film lorsqu'il (elle) parle, car on constate qu'il (elle) parle non pas le français, mais plutôt l'anglais. »

Pour ce qui est du cinéma français qui est connu pour son courage à réaliser sans cesse des innovations et à ne pas plaire seulement au petit public, à un certain moments, les producteurs doivent prendre le risque de faire la perte dans le tournage d'un film, tandis que pour « The Artist », la « surprise » et le « risque » que le film a dû surmonter lors de sa réalisation ont constitué peut-être par la suite les véritables raisons de son succès et cela est justement le motif d'orgueil et de fierté de la cinématographie française.

(Auteur de cet article : Ren Yaqiu)

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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