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La rivalité entre Airbus et Boeing ne date pas d'hier. Devenir le leader mondial du secteur est depuis toujours le rêve des deux géants de l'industrie aéronautique et comme l'a dit un jour l'ancien PDG de Boeing : « Boeing ne peut qu'être numéro un. La deuxième place, c'est la mise au rancart. »
Or en 2005, Boeing n'est pas arrivé à résister à l'offensive d'Airbus. Le constructeur européen a en effet vendu 1055 appareils (+185% par rapport à 2004), contre 1002 (+262%) pour son rival d'outre-Atlantique, ce qui lui a valu l'honneur d'obtenir pour la cinquième fois le titre de « premier constructeur aéronautique mondial ».
En fait, Boeing n'a pas de quoi être trop mécontent. A en juger par l'état des carnets de commandes des deux compagnies, on peut dire que chacune est sortie gagnante de l'année qui vient de se terminer. En 2004, Boeing et Airbus n'étaient parvenus à vendre que 277 et 370 appareils respectivement. Depuis la dépression induite par l'effet du 11 septembre, c'est la première fois que le marché de l'aéronautique connaît un redressement digne de ce nom. Bien plus, 2005 s'avère être l'année des ventes records pour les constructeurs d'avions.
Le rôle joué par la Chine et d'autres pays de l'Asie pacifique s'est révélé déterminant dans la victoire d'Airbus et montre que le marché du transport aérien de passagers a changé de continent. Désormais, ce ne sont plus l'Europe et l'Amérique, mais plutôt la Chine, l'Inde et certains pays du Proche-Orient qui sont les plus gros clients des constructeurs aéronautiques. Celui qui arrivera à s'emparer du marché asiatique et spécialement du marché chinois sera à l'avenir le gagnant.
Jusqu'à la fin novembre 2005, le carnet de commandes de Boeing, avec 687 appareils commandés, était à la traîne par rapport à celui de Boeing. Toutefois, en décembre, la chance a tourné et des commandes de 368 appareils, dont 150 A320 pour la Chine, ont permis à Airbus de devancer Boeing.
Les responsables d'Airbus sont pleins d'espoir quant à l'avenir du marché chinois d'autant que l'on s'attend à ce qu'un grand nombre de nouvelles compagnies aériennes privées soient approuvées par les autorités chinoises.
Les compagnies aériennes ne révèlent jamais le prix auquel elles achètent leurs appareils, mais la majorité des clients d'Airbus ne cachent pas le fait que les prix d'Airbus sont « plus compétitifs ». D'où les reproches de Boeing, qui accuse son concurrent de bénéficier de subventions de l'Union européenne.
Indépendamment de la question de savoir si le constructeur européen reçoit réellement des aides de l'UE, il faut dire que les deux constructeurs ont des stratégies fort différentes. Boeing, par exemple, ne construit que des appareils déjà commandés et refuse d'accorder des ristournes à ses clients potentiels. Airbus, de son côté, assemble un grand nombre d' « avions à la queue blanche », c'est-à-dire des avions non commandés. Le constructeur européen est donc beaucoup plus motivé au moment de la vente et prêt à faire des concessions.
Par rapport à Boeing, on note aussi chez Airbus une politique de vente plus souple et une plus grande liberté accordée aux filiales. D'où son carnet de commandes mieux rempli.
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Source: le Quotidien du Peuple en ligne