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Mise à jour 11.11.2008 15h30
Le pays sur voie de la réforme dans les zones rurales

Le gouvernement central a promis d'accorder des droits d'usage des terres à plus long terme et un règlement d'acquisition de terrains plus strict pour les paysans dans le cadre de sa réforme du milieu rural. Les propositions qui doivent encore être inscrites dans la loi sont censées faire avancer la réforme agraire globale en Chine, qui a commencé à la fin des années 1970 avec le démantèlement du système de la commune.

Au cours des dernières années, de nombreux jeunes gens ont rejoint le marché du travail, contribuant à la croissance économique du pays, ce qui en a fait la quatrième plus grande économie du monde. Mais la Chine rurale accueille toujours 55,1% de la population pour qui la terre demeure la source la plus importante de sécurité économique.

Un geste désespéré

La première étape de la réforme rurale a été mise en œuvre entre 1978 et 1979. Le processus qui a continué pendant 30 ans a vu la transformation de plus d'un village misérable en une réussite économique.

Les agriculteurs ont répondu avec des initiatives spontanées pour surmonter les conséquences du système des communes, notamment la pauvreté et la faim. Ils ont loué leurs parcelles de terre au titre de la gestion collective à des ménages, en instituant ainsi le système de responsabilité des contrats des ménages.

Un boom agricole a suivi, et il a poussé le gouvernement central à mettre en place le système de contrat des collectivités agricoles dans l'ensemble du pays en 1982. En tant que système établi, il a accordé des droits et des récompenses pour les agriculteurs qui produisaient plus.

Les médias occidentaux ont tendance à appeler ce phénomène la "décollectivisation" sans se rendre compte que la propriété communautaire de la terre n'a jamais été abolie. Ce qui a été transféré sous contrôle privé, ce fût le droit de gestion.

La production agricole dans la première moitié des années 1980 a atteint un taux plusieurs fois supérieur à la moyenne des nombreuses décennies précédentes. La production céréalière a atteint 407 millions de tonnes en 1984, après une augmentation nette de plus de 100 millions de tonnes en seulement 6 ans. Ainsi, l'alimentation en Chine, qui est la nation la plus peuplée du monde, n'était plus un problème.

Le revenu rural, lui aussi, a augmenté au cours cette période. Avec une augmentation de 150% en moyenne des prix sur les produits agricoles, les paysans ont commencé à voir leurs revenus en espèces augmenter jusqu'à 250% par habitant.

Mais la surproduction a alors causé un recul important en 1985. Cela a provoqué une baisse de 6% dans la production céréalière et a ralenti l'augmentation des revenus des agriculteurs, ce qui a rendu l'agriculture moins rentable.

Pour poursuivre le développement de la Chine rurale, le gouvernement chinois a modifié sa réforme rurale en se concentrant sur la création des emplois hors exploitations dans des unités industrielles, gérées par les communautés villageoises. Ces unités ont été appelées Entreprises de canton et de bourg (TVE). Etant donné que ces entreprises rurales étaient pour la plupart des petites structures flexibles, ils pourraient très facilement rivaliser contre des entreprises d'Etat bureaucratisées, en particulier lorsqu'il fallait répondre à la demande des consommateurs.

Un bon nombre de marques chinoises a été élaboré par les TVE dans les années 1980, avec la plupart d'entre elles, basées dans les régions des deltas de la Perle et du Yangtsé. Parmi ces marques on retrouve les téléviseurs Konka, les cuisinières électriques Midea et les réfrigérateurs Kelong,

Mais le rêve des entreprises de canton et de bourg s'est terminé au milieu des années 1990 avec le resserrement du contrôle macro-économique pour freiner le rythme galopant de la croissance économique. La plupart des entreprises villageoises ont dû fermer. Selon certaines estimations, environ 30% d'entre elles ont fait faillite, et beaucoup d'autres, initialement financées par l'argent communautaire, ont été restructurées en compagnies privées ou sociétés actionnaires pour construire une structure de propriété plus compétitive. Celles qui ont survécu à la crise des crédits ont été les plus compétitives.

La ruée vers les villes

Bien que les TVE sont pour la plupart d'entre elles dans le passé maintenant, elles ont ouvert la route aux populations rurales pour obtenir des emplois en ville. Les jeunes gens des zones rurales ont commencé à affluer vers les villes au milieu des années 1990, même s'ils se heurtaient à beaucoup de difficultés et de restrictions. Certaines estimations affirment qu'environ 200 millions de personnes dans cette situation sont désormais employées à long terme ou à court terme dans les villes.

Après environ une décennie, les travailleurs désespérés qui ont quitté leurs villages pour des "pâturages plus verts", ont commencé à jouir de meilleures prestations de la sécurité sociale dans les villes. Certains d'entre eux ont même réussi à faire admettre leurs enfants dans les écoles en ville et dépendent des gouvernements locaux pour obtenir leurs salaires et leur assurance médicale.

Mais par rapport à croissance économique urbaine rapide, le développement rural a encore un long chemin à parcourir. L'écart s'est creusé entre les zones urbaines et les zones rurales et la production rurale a commencé à stagner. Les communautés rurales se plaignent de l'insuffisance des revenus, et un grand nombre de personnes actives dans les zones rurales n'ont pas d'emploi.

C'est la raison pour laquelle l'administration a lancé un véritable plan de réforme pour les zones rurales grâce aux fonds, acquis pendant les trois dernières décennies, et l'évolution rapide de l'industrialisation.

La nouvelle campagne

Pour résoudre les problèmes survenus, le gouvernement central a quintuplé ses dépenses de 2002 à 2007 pour renforcer l'infrastructure rurale. Dans le cadre de son programme «la nouvelle campagne », il a aboli l'impôt agricole, vieux de plusieurs siècles, a rendu gratuit l'enseignement obligatoire de neuf ans pour les enfants des zones rurales et a commencé à subventionner la production agricole. Tout ceci a augmenté le niveau de vie des paysans et leur a fourni une meilleure protection sociale.

Grâce à tous ces efforts, le pays a connu 4 années successives de bonnes récoltes, ce qui était rare depuis le milieu des années 1980. C'est une aubaine aujourd'hui que les prix sur produits alimentaires sont en augmentation rapide dans le monde et un nombre croissant des unités non-agricoles s'attaquent aux terres arables du pays.

Des millions d'agriculteurs ont réalisé des percées dans la vie politique. Les élections directes au niveau local pour choisir les chefs de village sont devenues des institutions plus fortes depuis le début des années 1990. Les villageois ont aujourd'hui une plus forte volonté de promouvoir l'autonomie. Cette pratique, légalisée en 1998, a été adoptée par plus de 80% de villages chinois, avec des villageois votant pour plus de 611 000 dirigeants de canton et de bourg.

De nombreuses zones rurales se sont également jointes à la réforme pour le système des contrats des ménages de la propriété collective des forêts. La couverture forestière dans l'ensemble du pays a augmenté rapidement, depuis que le Conseil d'Etat a accordé aux citoyens l'année dernière le droit de possession de propriété à plus long terme et le droit de décision.

En plus de ces droits, les nouvelles propositions du gouvernement central pour faire avancer les réformes en milieu rural sont de nature à rendre la vie plus confortable pour les paysans et susceptibles d'augmenter leur niveau de vie.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne



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